#215 • Jack Daniel’s 1954 Gold Medal

40% alc./vol.
Distillerie Jack Daniel, Lynchburg, Tennessee, États-Unis

En ce 4 juillet, jour de l’indépendance américaine, difficile de ne pas parler d’un whiskey américain. L’an dernier, je me suis fié sur une valeur sûre, emblème proverbial du whiskey aux États-Unis, le bon vieux Jack Daniel’s. Et bien cette année je retourne vers la célèbre distillerie de Lynchburg pour vous parler d’une de ses expressions moins connues, le Jack Daniel’s 1954 Gold Medal.

Bien qu’on pourrait s’arrêter à ne parler que de sa superbe étoile de shérif qui adorne sa bouteille, cet embouteillage honore une histoire plus intéressante encore.

Cette histoire remonte justement à 1954, année lors de laquelle la distillerie reçut une invitation à participer à un concours de spiritueux à Bruxelles, en Belgique. La direction délégua alors à Herb Fanning, un employé de la distillerie, la tâche d’envoyer des échantillons en Europe pour le concours. Ne faisant ni une ni deux, Herb prit trois bouteilles directement sur la chaîne d’embouteillage et les envoya aussitôt au jury belge. Dès que le département du marketing de la distillerie l’apprit, ils reprochèrent à Herb le fait de ne pas avoir recherché un embouteillage un peu plus spécial à faire parvenir en Belgique, ce à quoi Herb répondit :

Mais TOUTES les bouteilles de Jack Daniel’s sont spéciales!

Cela va sans dire que les gens du marketing n’ont pas apprécié cette boutade, mais ils n’ont eu d’autre choix que de donner raison à Herb lorsque les résultats du concours furent dévoilés, avec bien sûr une médaille d’excellence pour les bouteilles de bon vieux Jack que Herb avait choisies.

Comme le disait si bien l’acteur américain Jeff Goldblum :

L’homme se tient debout sur ses pattes de derrière pour recevoir moins de pluie et pouvoir accrocher des médailles sur sa poitrine.

Son coloris est plus orangé que roux, dans les eaux d’un Fruitopia à l’orange.

Nez:
D’entrée de jeu, le maïs, le caramel et la vanille des américains nous frappe. Quand même moins de fumée et de charbon que l’original, mais sans négliger une bonne dose de plus de bois carbonisé.

Bouche:
Assez huileux en bouche. Chêne, vanille, surtout maïs épicé. Déjà que le Jack original jouit d’une réputation plutôt « mâle », celui-ci est crissement cowboy.

Finale:
Longue finale de maïs et d’épices, filtrée à travers une couche de charbon, tel le whisky lui-même.

Équilibre:
Une coche au-dessus de l’original, un superbe sipping whiskey estival. Ça reste que ce n’est pas pour les chochottes. Si vous avez déjà été malade sur le Jack dans votre jeune temps, sauvez-vous!

Note: ★★★★★

#096 • Jack Daniel’s Old Nº 7

40% alc./vol.
Distillerie Jack Daniel, Lynchburg, Tennessee, États-Unis

À l’occasion du 4 juillet, date historique pour les américains, car après tout c’est le jour où Will Smith et Jeff Goldblum les libérerent d’un assujettissement extraterrestre, je vais parler du symbole le plus dominant du whiskey américain, j’ai nommé le Jack Daniel’s Old Nº 7.

Jasper Newton « Jack » Daniel fonda sa distillerie quasi-éponyme en 1866 dans son lieu actuel de Lynchburg au Tennessee. On appelle le Jack Daniel’s un Straight Tennessee Whiskey car il est filtré à travers une couche d’environ trois mètres de charbon de bois d’érable, ce qui lui confère des notes sucrées et fumées ainsi qu’une douceur additionnelle, et ce qui l’empêche en outre de porter l’appellation bourbon. La seule autre distillerie industrielle à employer ce procédé est la distillerie George Dickel, elle aussi basée au Tennessee.

Fait tragique mais toutefois cocasse, Jack Daniel est décédé en 1911 suite à une infection reliée à la fracture de son gros orteil après avoir donné un coup de pied à son coffre fort car il en avait oublié la combinaison. C’est aussi pire que le propriétaire de Segway qui a laissé sa vie dans un accident… De Segway.

Comme l’illustre si bien cette mise en abîme de feu mon patron Steven Paul Jobs:

Comme le disait si bien le maître du cubisme analytique espagnol Pablo Picasso: les bons artistes copient et les grands artistes volent, et nous n’avons aucune honte à l’idée de voler les grandes idées.

On lève son verre pour faire surgir un coucher de soleil cuivré du Midwest américain.

Nez:
Le maïs sucré chapeaute une légère touche de vanille et de toffée à l’orange. Bien que je l’attribue à ce que je sais déjà de ce whisky, j’ai quand même une impression ténue de charbon de bois naturel de chez Costco. En général beaucoup plus timide que dans mes souvenirs de brosse d’adolescent.

Bouche:
D’une délicatesse paticulièrement étonnante. Le maïs syrupeux reste agréablement longtemps en bouche, balancé par une petite note aigre. Les gorgées suivantes apportent sur la table un soupçon d’anis étoilé.

Finale:
Wow. C’est définitivement ici que cette expression exerce un tour de sorcellerie. Un vent de fumée de hibachi déferle sur mes sinus. Exquis. En fermant les yeux je peux littéralement voir le procédé du comté de Lincoln. Ensuite surprise, les sucres reviennent. Pourtant plus les gorgées avancent, plus l’aigreur qui équilibrait le sirop prend de la place et me décourage de m’en servir un autre.

Équilibre:
Décidément plus qu’un shooter quand on s’y attarde. Le plus sous-estimé des whiskys. Oubliez donc vos beuveries de jeunesse, tout le monde a droit à une seconde chance…

Note: ★★★★★