#379 • Kilchoman Machir Bay 2013

46% alc./vol.
Distillerie Kilchoman, Kilchoman, Islay, Écosse

Pour paraphraser mon article sur la version 2012, Kilchoman est une distillerie d’Islay plutôt particulière. Fondée en 2005, elle est la distillerie la plus récente de l’île, aussi la première à être construite depuis plus de 124 ans. Elle a aussi d’unique que c’est la seule sur l’île à conserver toutes les étapes de production, culture de l’orge, maltage, distillation, maturation et embouteillage, sur Islay.

Ce qu’il y a d’intéressant d’une jeune distillerie, c’est qu’on peut suivre ses progrès et anticiper certaines expressions. Comme par exemple, leurs premières expressions en furent de 3 et de 5 ans d’âge; on peut s’attendre à du 8 ans en 2014 et à du 12 ans en 2018.

Le Machir Bay est leur nouvelle expression-phare. Il n’a pas d’énoncé d’âge, car il est composé de plusieurs whiskys, et il sera plus vieux d’année en année. Comme on dit, on fait avec ce qu’on a, donc l’édition 2013 est assemblée à partir de whiskys qui ont passé 3 à 5 ans en fûts de bourbon pour ensuite être affinés en fûts de sherry pendant un petit deux mois de plus.

Comme le disait si bien le compositeur et pianiste virtuose d’ascendance franco-polonaise Frédéric François Chopin (1810-1849):

Tout homme intelligent commande un vin qui plaît aux femmes.

Encore ultra-pâle, un autre chardonnay représentant dignement la jeune tourbe.

Nez:
Une vraie belle tourbe crasseuse et terreuse, avec un tout petit coup de volant vers le médicinal. C’est fou comme ça pourrait être un Laphroaig à l’aveugle. Notes secondaires de citron et d’algues.

Bouche:
Bon poids sur la langue. Toujours tourbe, mais accompagnée de vanille intense, d’épices et de citron. Légèrement minéral, son feu ardent de tourbe évoque la braise mourante d’un feu de camp sur la plage.

Finale:
Bien que sa tourbe soit omniprésente, une petite céréale citronnée parvient élégamment à percer avec un peu de poivre. Arrière-goût amer et surette.

Équilibre:
Un bon pas sur l’édition précédente. Kilchoman est vraiment une des plus rafraîchissantes distilleries indépendantes des dernières années. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il en soit ainsi encore longtemps.

Note: ★★★★

#177 • Kilchoman Club Release 2nd Edition

58.2% alc./vol.
Distillerie Kilchoman, Kilchoman, Islay, Écosse

Pour mettre le dernier clou dans le cercueil, pour reprendre une expression connue, de la soirée Kilchoman au Club de Scotch Whisky de Québec le 21 janvier dernier, l’ambassadeur James Wills nous a réservé une belle surprise, le rarissime Kilchoman Club Release.

C’est une expression particulière en ce sens que l’achat en est réservé aux membres du Club Kilchoman, qui est en quelque sorte le fan club ou les abonnés à l’infolettre de la distillerie.

Distillée en 2008 et embouteillée en 2013, cette mouture cask strength est la seconde édition de cette appellation. Elle a été assemblée à partir de quatre fûts de sherry oloroso différents et son tirage a été limité à 2000 bouteilles. Nous avons bu la neuvième.

Comme le disait si bien l’explorateur néerlandais qui a découvert l’île de Pâques en 1722, Jakob Roggeveen (1659-1729):

Si quelqu’un vous donne ce qu’on appelle un bon conseil, faites le contraire. Neuf fois sur dix, vous aurez fait le bon choix.

Coloris d’un méli-mélo pâlotte et cuivré, pas exactement doré.

Nez:
Fumée de tourbe mêlée à un brin de mélasse évoquant vaguement un new make. Au second nez la mélasse se calme le pompon et laisse s’exprimer une gousse de vanille avec un peu d’herbe et de citron. Une rondeur pleine de raisins secs et de caramel se développe tranquillement.

Bouche:
L’arrivée en bouche est pleine de juteux malt grillé et sucré. Il faut, comme pour la plupart des cask strength, faire vite pour trouver les saveurs diverses avant que, tel le briquet de John McClane à la fin de Die Hard 2, nous soyons rattrapés par l’alcohol burn. L’influence de la tourbe est ici un peu moins marquée, et on finit par y déceler encore un petit côté herbeux et citronné qui danse avec un autre duo de toffee et d’épices.

Finale:
Un sucre d’orge gorgé s’éclipse doucement dans un nuage de fumée médicinale.

Équilibre:
Une autre expression sournoise, qui nous cache un taux d’alcool explosif derrière une douceur mesquine.

Note: ★★★★★