#197 • Cutty Sark Prohibition Edition

50% alc./vol.
Edrington Group, Écosse

Voulant y aller un peu plus dans le raisonnable financièrement, mais aussi en désirant de la nouveauté ou de l’insolite, un de mes premiers choix de bouteilles américaines pour ce printemps s’est arrêté sur une édition spéciale qui vient tout juste de sortir sur les tablettes, le Cutty Sark Prohibition Edition.

La sortie de cette expression marque le 90e anniversaire de la fin de la prohibition aux États-Unis. À l’époque, on dit que le capitaine William Frederick McCoy faisait entrer chez les américains des caisses et des caisses de whisky Cutty Sark de contrebande. Selon la compagnie, c’est de sa réputation que provient l’expression américaine The Real McCoy, qui veut un peu dire « La vraie affaire », en référence au fait que c’est de la qualité, ce n’est pas une imitation.

Comme l’a dit lui-même le capitaine McCoy lors de son procès pour contrebande en 1923 :

Je n’ai pas d’aveux tragiques à vous faire. J’étais au delà de la limite côtière de trois milles, et je vendais du whisky, du bon whisky de surcroît, à quiconque voulait en acheter.

Nez:
Léger poivre derrière l’alcool. Le malt, le miel et les grains parviennent sans trop de difficulté à percer le solide taux d’alcool. Un doux brouillard de fumée reste présent derrière le tout.

Bouche:
Très épais et mielleux sur le palais. Boisé, légèrement sûrette et acide, comme une pomme verte. Impression huileuse de révolution industrielle.

Finale:
Poivre blanc sur une vague de miel amer. Un voile de fumée persiste au loin devant un caramel et un toffee huileux.

Équilibre:
Beaucoup plus de poids et de caractère que le Cutty régulier. Ce choix audacieux, autant au niveau du design de la bouteille que du taux d’alcool, a rapporté. Un vrai whisky de gangster, pas cher en plus.

Note: ★★★★★

#133 • Cutty Sark

40% alc./vol.
Edrington Group, Écosse

Prochaine mignonnette dans ma longue-vue, coup de chapeau à son navire homonyme, le blend écossais Cutty Sark.

Le Cutty Sark a été crée en 1923 par la compagnie de spiritueux britannique Berry Bros. & Rudd, en hommage au clipper britannique du même nom, mis hors-service et transformé en bateau-école un an auparavant.

Construit en 1869, c’est un des derniers clippers a avoir été bâti dans l’optique de transporter rapidement des denrées de luxe tel du thé et des épices, de la Chine à l’Angleterre, pour répondre à la demande croissante.

De 1973 à 2003, Berry Bros. & Rudd a été commanditaire de la Tall Ships’ Race, une course d’anciens grands voiliers restaurés. Pendant ces 30 années, la compétition s’appelait la Cutty Sark Tall Ships’ Race.

Le whisky Cutty Sark vient en plusieurs embouteillages. Le plus populaire est la version standard, qui ne porte pas de mention d’âge, que nous allons déguster aujourd’hui. Il en existe d’autres, tels le Storm (sans mention d’âge), le 12 ans, le 18 ans et le 25 ans, appelé aussi le Tam O’Shanter. La marque appartient aujourd’hui au groupe Edrington, qui gère aussi des marques de calibre telles Macallan et Highland Park.

Comme le disait si bien George Moodie, commandant du Cutty Sark de 1869 à 1872:

Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs. Dans bien des professions, on peut faire illusion et bluffer en toute impunité. En bateau, on sait ou on ne sait pas.

Nez:
Très fruité. Fraises et crème, shortcake même. Rayon de miel. Suit un léger côté médicinal qui ne prend pas trop de place. Un deuxième nez révèle un souvenir de petit caramel mou Kraft.

Bouche:
Encore frais et fruité. On remplace doucement la face sucrée par une vague de poivre blanc, pour terminer en douce sur le sel marin. On se croirait même sur le pont du Cutty Sark.

Finale:
Chaude et longue, voire même réconfortante. C’est ici qu’on décèle le malt, accompagné de poivre et de bois. Présence de chocolat.

Équilibre:
Belle surprise. Beau mixer, je dirais même beau blend de party. Au format disponible en SAQ, je n’aurais pas peur ni honte de laisser traîner la bouteille sur la table lors d’une fiesta.

Note: ★★★★★