#008 • Amrut Fusion

50% alc./vol.
Distillerie Amrut, Bangalore, Inde

Un whisky indien? De kossé? J’ai eu au départ la même réaction que vous, mais ma curiosité a fini par avoir le dessus. Ne vous en faites pas, l’eau du Gange n’a pas servi à sa distillation!

Selon la mythologie indienne, un vase d’or appelé Amrut apparut, contenant l’élixir de la vie, quand les Rakshasas et les dieux ont brassé les océans. Dans la vraie vie, l’Amrut Fusion résulte plus d’un savant assemblage de malt tourbé écossais et d’orge indien de l’Himalaya.

Ce whisky n’a aucun énoncé d’âge sur la bouteille, mais à ce qu’il paraît, le climat indien et l’altitude à laquelle le vieillissement s’effectue accélère démesurément la maturation. Trois ans à trois ans et demi en Inde équivaudrait à dix ans en Écosse! Comme des années de chien! …comparaison poche, passons aux choses sérieuses.

Comme le disait si bien la révérende mère Gaius Helen Mohiam:

Kull Wahad!

Nez:
Fraise et caramel. Arthur! J’aime les fruits au sirop! On sent bien les fûts de chêne, probablement des anciens fûts de bourbon. On parvient au deuxième nez à déceler une fine pointe de tourbe iodée sous une couche de groseille ou bien d’airelle. Un parfait exemple de complexité.

Bouche:
Wow! Coup de poing dans la geule! Très sucré, baies ou fruits confits. Ça se mute en vanille à mi-chemin, suivi d’épices pour terminer en finesse avec une légère fumée. Brillant.

Finale:
Sèche, longue avec un tout petit restant d’iode. Particulièrement marquée d’épice. Au singulier. S’il existait une eau de vie Fremen, ce serait Amrut Fusion.

Équilibre:
Original et hors du commun mais surtout livre la marchandise, complexe à souhait, tout simplement superbe.

Note: ★★★★

#007 • Jameson

40% alc./vol.
Distillerie Irish Distillers, Cork, Irelande

Je suis presque assez en forme pour me taper du meilleur stock, mais ne prenons pas de chances et attardons-nous à un bon vieux Jameson.

L’origine de ce whisky remonte à 1780, alors que John Jameson a fondé la Bow Street Distillery à Dublin. Déjà à cette époque il était vendu à l’échelle internationale avec une production annuelle de plus de quatre millions de litres. Suite à son acquisition par la distillerie française Pernod Ricard, c’est aujourd’hui le whisky irlandais le plus vendu au monde : plus de 31 millions de bouteilles par année.

Pas pire pas pire pour son petit look jaune ambré… Bon et bien c’est l’heure de se mettre le nez dedans…

Nez:
Prometteur. Ça commence avec de l’orge et de la vanille, fastoche… Oh? Les effluves dérivent vers le sucre d’orge, et ensuite un peu de pain d’épice qui évoque le Redbreast. Ça sent le temps des fêtes!

Bouche:
Une texture onctueuse vient tout de suite nous séduire, sur laquelle surfent des notes de miel et de sherry. Ce whisky est vraiment agréable à garder longtemps en bouche. Il est très doux au début, puis le sucré laisse place aux épices, à moins que ce ne soit qu’un alcohol burn excessivement lent.

Finale:
Tout ce qu’on a expérimenté auparavant s’évapore avec une célérité déconcertante. Ça donne envie de verser une larme.

Équilibre:
Pas mauvais, mais insuffisant pour se vouloir autre chose qu’un petit whisky de semaine. On dirait qu’il en est lui-même conscient et qu’il veut partir pour rapidement se faire oublier.

Pas très complexe. Mais c’est tout de même un bon choix pour garnir la base de sa pyramide. Je le recommande à ceux qui veulent essayer leur tout premier whisky irlandais.

Note: ★★★★★