#290 • SMWS 3.197 Bowmore 14 ans

55.6% alc./vol.
Distillerie Bowmore, Bowmore, Islay, Écosse

« Body Shop and Bath Salts ».

On recommence à enligner des bouteilles de la SMWS avec une grande d’Islay, j’ai nommé Bowmore… Un malt de 14 ans embouteillé cask strength, ça devrait fesser.

Si vous ne connaissez pas la SMWS vous pouvez continuer à lire. Si vous désirez immédiatement passer à la consommation de la critique de cette bouteille, veuillez sauter les deux prochains paragraphes.

La Scotch Malt Whisky Society, ou SMWS, est le plus grand club de whisky au monde, avec plus de 26 000 membres répartis dans 16 pays. Avec leurs racines au Royaume-Uni, ils sont tellement étendus qu’ils peuvent se permettre d’acheter des fûts de whisky et de les embouteiller afin de les vendre exclusivement à leurs membres.

Toujours des single casks, embouteillés cask strength, sans aucune mention de la distillerie, leurs expressions sont toujours très prisées et encensées. Bien que le pourcentage d’alcool et l’âge du whisky soient indiqués sur la mystérieuse bouteille, aucune mention de la distillerie d’origine ne s’y retrouve. Le seul indice de son origine est sous la forme d’un cryptique code impossible à déchiffrer à mois d’avoir accès à la légende appropriée.

Comme le disait si bien le seigneur-fondateur de la ville de Rimouski, René Lepage de Sainte-Claire (1656-1718):

Ne donnez jamais, avant qu’on vous le demande, ni un conseil, ni le sel.

Or profond, marquise sous une éclaircie de soleil.

Nez:
Un autre coup de maître dans l’art de dissimuler le taux d’alcool effarant. Ninja. Douce tourbe volatile, air marin, minéral et salé à la fois. De légers fruits savonneux viennent danser sur la pointe des pieds autour du reste. Caramel croquant.

Bouche:
Fruits des champs baignant dans le miel. Se mute rapidement en toffee, tout en passant par le beurre, le caramel et le xérès. Un départ affriolant et lascif en direction du reste de la tourbe.

Finale:
Un vent de tourbe, de raisins et de sherry balaye tout sur son passage et prend beaucoup de temps à nous laisser.

Équilibre:
Une belle construction, un bel exemple de ce qu’aurait pu être le Tempest s’il était issu de fûts de sherry.

Note: ★★★★

#289 • Pemberton Canadian Single Malt Whisky • Work in Progress 34 mois

44% alc./vol.
Distillerie Pemberton, Pemberton, Colombie-Britannique, Canada

Aujourd’hui j’ai une autre mini d’une distillerie artisanale qui à l’époque était sur le point de pouvoir mettre en marché un whisky pouvant légalement en porter l’appellation, le Pemberton Canadian Single Malt Whisky, un « Work in Progress » à deux mois de devenir un vrai whisky.

La distillerie Pemberton a été fondée dès 2008 et a commencé avec une production de Vodka faite à partir de pommes de terre de la Colombie-Britannique. Aujourd’hui leur portfolio s’étend aussi entre autres au brandy, au gin, à l’absinthe ainsi bien sûr au single malt whisky.

Ce dernier est fait d’orge maltée biologique à 100% et est vieilli dans des anciens fûts de bourbon. Pour l’instant leur version standard sera vieillie trois ans, mais rien ne les empêchera de faire des finitions spéciales en xérès, cognac, etc…

Comme le disait si bien le théologien, physicien, astronome et mathématicien écossais John Napier (1550-1617):

La maturité commence à venir quand on se contente d’avoir raison sans trouver nécessaire de prouver que quelqu’un à tort.

Jaune doré et foncé proche d’un vin de glace ou d’un pineau des Charentes.

Nez:
Assez différent, pour être poli. Très vanillé et fruité. Devient rapidement une sorte de compote de fruits beurrée sur la paroi intérieure du fût. Un genre de grain de céréale ranci et mouillé reste en arrière-plan. Pas top, loin de là.

Bouche:
Biscuits de Noël, menthe poivrée, vanille, herbe et céréales. Le nez était décevant mais ici on voit un sincère désir de briller, qui monte en flèche vers la finale.

Finale:
Vent de céréales grillées au miel qui promet presqu’une rédemption, mais un petit goût métallique vient tout balancer ces efforts au purgatoire.

Équilibre:
Pas dans ma palette. C’est un whisky qui transpire la distillerie artisanale. Peut-être sera t-il mieux à force de vieillir, mais ce goût d’alambic de cuivre crotté doit disparaître.

Note: ★★★★★