#142 • Brora 30 ans

53.2% alc./vol.
Distillerie Brora, Brora, Highlands, Écosse

En guise d’avant-dernière expression de la dégustation du Club de Scotch Whisky de Québec le 22 Octobre dernier, nous retrouvons le fruit d’une distillerie disparue depuis 1983, le Brora 30 ans.

C’est George Granville Sutherland-Leveson-Gower, second duc de Sutherland qui fonda cette distillerie sous le nom de Clynelish en 1819 afin de créer de l’emploi sur son domaine. Un siècle plus tard, la Distillers Company Ltd (qui allait devenir Diageo) acheta le tout et construisit en 1967 une nouvelle distillerie juste à côté nommée aussi Clynelish. La première fut alors rebaptisée Brora.

De nos jours, les visiteurs de la distillerie Clynelish peuvent du coup visiter feu Brora et goûter à des éditions spéciales indisponibles dans le commerce depuis longtemps. Brora est par le fait même une des distilleries fermées les plus populaires et Diageo profite de l’engouement et mettant sur le marché un embouteillage spécial de l’expression de 30 ans à presque toutes les années.

Alors comme le disait si souvent le danseur et chorégraphe Jean-Marc Généreux:

Vous ne pourrez évoluer à moins d’essayer d’accomplir quelque chose au-delà de ce que vous avez déjà réalisé.

Arbore un coloris de paille foncée tirant sur le bronze…

Nez:
On y sent tout de suite un fond de belle tourbe grasse, suivi de vanille fruitée. La mutation du nez se poursuit sur des notes légères de cuir. Je prends une courte pause tellement c’est envoûtant. Pruneaux et feuilles de tabac à pipe arrivent à la fin. Sans cesse en mouvement.

Bouche:
Montre ses couleurs d’entrée de jeu. Nul besoin de chercher tellement le ballet des saveurs s’empresse de se présenter à nous. Le beau sucre fruité de l’orge est balancé par une amertume de cuir tourbé, puis revient sous la forme d’une caresse de caramel salé. C’est un malt doté d’un caractère évolutif sans pareil.

Finale:
Un vent iodé livre un duel tel un exercice de haute voltige avec le chocolat noir sur un fil de fer suspendu.

Équilibre:
Une seule comparaison est possible. C’est le Nico Archambault des single malts.

Note: ★★★★

#141 • Convalmore 28 ans

57.9% alc./vol.
Distillerie Convalmore, Dufftown, Speyside, Écosse

On embraye en marche arrière pour entamer la seconde moitié de la dégustation spéciale sur les distilleries disparues au Club de Scotch Whisky de Québec le 22 Octobre dernier. On oublie les trois whiskys précédents que je qualifierais gentiment comme étant de seconde zone pour faire place à la troisième étoile de la soirée, distillé en 1977, 3698e embouteillage sur 3900, un rarissime Convalmore 28 ans.

Fondée en 1893, la distillerie Convalmore fut acquise par le géant Diageo dès les années 30. Bien qu’elle ferma ses portes en 1985 et qu’elle fut cédée à William Grant & Sons en 1990, sa license demeure la propriété de Diageo qui on l’espère pourra en sortir quelques embouteillages un jour.

La distillerie ne fonctionne plus aujourd’hui, mais vu que le terrain et les immeubles appartiennent à William Grant & Sons, le site sert d’entreposage pour des excédents de malt Glenfiddich.

Comme le disait si bien le comédien québécois Guy Jodoin:

Une convalescence est comme un fruit qui mûrit.

Sa couleur rappelle une bonne Boréale Dorée…

Nez:
Le bois et les raisins nous accueillent pour ensuite nous présenter des notes de fruits secs, de toffee et de pruneaux. À peine savonneux, ce nez se termine sur une touche de brandy.

Bouche:
Sucré et salé à la fois, les belles épices d’un cask strength se font sentir très rapidement. Généreuse rondeur en bouche, bardée de fruits confits et de poivre blanc. Un petit côté floral s’en dégage pour finir sur un high de cannelle et de gingembre mariné.

Finale:
Le gingembre revient à la charge pour nous laisser dans un léger voile de fumée fruitée qui se termine sur le brandy.

Équilibre:
Beau revers pour la soirée, l’optimisme renaît, mais malheureusement c’est une bouteille qui vaut difficilement son prix uniquement basé sur la force de son contenu.

Note: ★★★★★