#154 • Laphroaig Càirdeas 2013 Fèis Ìle Port Wood Edition

51.3% alc./vol.
Distillerie Laphroiag, Port Ellen, Islay, Écosse

Un merci tout spécial va à Pat pour ce cadeau, cette mignonnette est la seconde d’un long échantillon de sa Whisky Room 2.0, d’où une fois de plus un galvanotype passé dans Photoshop. Bien d’autres viendront au fil du temps, mais pour l’instant voici le Laphroaig Càirdeas Fèis Ìle 2013 Port Wood Edition.

Càirdeas, qui vient du gaélique « amitié », est une gamme d’expressions de Laphroaig mise en marché spécifiquement, du moins au départ, pour les membres de leur fan club, les Friends of Laphroiag.

L’embouteillage de cette année est sorti durant le Fèis Ìle festival, le festival du malt et de la musique de l’île d’Islay. Plusieurs distilleries de l’Île, telles Laphroaig et Bowmore, y participent activement en fabriquant une expression spécialement pour l’occasion.

On appelle le Càirdeas 2013 le Port Wood Edition, dû au fait qu’il a été achevé en ex-fûts de porto, après une maturation initiale en fûts de bourbon de seconde main.

Comme le disait si bien le virtuose roumain de la flûte de pan Gheorghe Zamfir :

Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires.

Rosé et cuivré. Bien que l’influence du porto soit évidente, reste plus pâle qu’un Glenmorangie Quinta Ruban.

Nez:
On débute au sein d’un voile de tourbe typiquement Laphroaig bien présent mais facile à percer. Une fois cette besogne accomplie, orange, pamplemousse et épices sont au rendez-vous.

Bouche:
Plutôt poivré, avec fruits des champs et surtout un toast à la marmelade. On doit cependant faire vite car son taux d’alcool de l’ordre de plus de 51% nous colle au cul.

Finale:
Sèche et fruitée, accompagnée de belles notes de tourbe.

Équilibre:
Une belle expérience pour la distillerie, bien qu’on soit à l’autre bout du spectre de ce qu’on s’attend normalement de Laphroaig. Reste que ça vaut la peine de l’essayer si jamais vous en avez l’occasion.

Note: ★★★★★

#152 • Johnnie Walker Green Label 15 ans

43% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

La première des deux bouteilles que j’ai passées aux douanes lors de mon dernier périple aux states est un blend uniquement composé de single malts, le réputé et, si on en croit les rumeurs, en voie de disparition Johnnie Walker Green Label 15 ans.

Réputé, car contrairement à bien d’autres blends écossais, aucun whisky de grain n’entre dans la composition du Green Label. Selon Diageo, le propriétaire de la marque, seuls quatre single malts entrent dans la recette du Green Label; Un malt Talisker lui apporte sa puissance, un Linkwood sa finesse, un peu de Cragganmore pour le coeur, et son côté mystérieux serait représenté par un malt Caol Ila.

C’est pour cette raison que la compagnie ne l’affiche pas comme un blended scotch whisky, mais bien comme un blended single malt scotch whisky, ou un pure malt.

En voie de disparition car, selon certaines rumeurs, la production de ce blend aurait cessé en 2013, alors si vous pouvez mettre la main dessus, swipez-en donc une bouteille…

Comme le disait si bien l’universitaire, érudit et romancier italien Umberto Eco :

Il y a quatre types idéaux : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c’est le mélange équilibré entre les quatre.

Le verre montre une belle robe d’un cuivre riche près de la châtaigne ou du marron. Non Steve, pas la couleur. En fait oui je parle de la couleur, mais celle du whisky, pas du marron.

Nez:
Tout-de-go, impression surette avec un côté sec. Un air de citron, lime et pamplemousse à l’avant-plan, supporté par des effluves de feuilles de tabac et de terre humide. En-dessous de tout cela, on croit percevoir d’infinitésimales traces d’amande et de vanille.

Bouche:
Riche et onctueux. De jolies notes de citron s’effacent derrière un mur de crème glacée à la pistache. Le fait que cette expression titre à 43%, et non pas 40% comme bien d’autres blends, aide particulièrement à lui fournir un corps qu’elle n’aurait pas eu en d’autres circonstances.

Finale:
Retour de la vanille et du citron, enrobés d’une belle mais pas trop affirmée dose de fumée de tourbe.

Équilibre:
Éblouissante complexité pour un blend. Ses quinze ans lui vont à merveille. J’adorerais pouvoir trouver cette expression en sol québécois…

Note: ★★★★★