#166 • Glenfiddich Ancient Reserve 18 ans

40% alc./vol.
Distillerie Glenfiddich, Dufftown, Speyside, Écosse

Je me dois de commencer ce premier article de 2014 en vous souhaitant une bonne et heureuse année pleine de tout ce que vous voulez, mais je veux aussi profiter de ce moment pour remercier Diane, qui a ramené cette mignonnette de Glenfiddich directement d’Écosse lors d’un voyage, et qui l’a gardé pendant huit ans.

La distillerie Glenfiddich est réputée pour vendre le single malt le plus répandu au monde, son expression de base de 12 ans, dont la personnalité et surtout le prix en font un whisky extrêmement facile d’approche. Ici nous avons autre chose, et je ne parle pas ici du 18 ans, mais bien de son ancienne mouture du même âge, que la distillerie a appelé ancient reserve.

Mais comme le disait si souvent notre PET national, le 15e premier ministre canadien Pierre-Elliot Trudeau:

Il faut observer que chez les anciens, on avait de la religion sans avoir le clergé, et que c’est le contraire chez les peuples modernes.

Coloris entre un caramel doré légèrement rosé et un xérès brunâtre.

Nez:
Dattes et raisins sont accompagnés d’une puissante dose d’orge et de chocolat. Avec un peu de patience on parvient à déceler un fond de pomme Granny Smith, d’orange sanguine et de vanille.

Bouche:
Relativement huileux, doux et sucré. Nous ne demeurons pas loin du nez, avec des pruneaux, des raisins et des dattes baignant dans la cassonade, le tout étant un indicateur de l’influence marquée d’un fût de sherry, même si l’emballage ne l’indique pas.

Finale:
Derrière un mince rideau de cuir, de moka et de fumée, on profite de belles notes de pommes, de gingembre, de chocolat et de gousse de vanille. Franche, sèche et affirmée.

Équilibre:
Une belle rareté qui ne se fait malheureusement plus. Une généreuse coche au-dessus du 18 ans d’aujourd’hui, à l’instar des embouteillages pré et post-2006 de Highland Park 12 ans. Pas de panique, j’y reviendrai bientôt dans d’autres articles.

Note: ★★★★

#165 • Ledaig 10 ans

46.3% alc./vol.
Distillerie Tobermory, Tobermory, Île de Mull, Écosse

Les astres sont alignés, en guise de dernier article de 2013, on se tape le dernier service de la dernière dégustation de l’année au Club de Scotch Whisky de Québec, lui aussi issu de la distillerie Tobermory, le légèrement plus vilain Ledaig 10 ans.

Bien peu de gens le savent, mais la distillerie Tobermory s’appelait en fait la distillerie Ledaig lors de sa fondation en 1798. Ce n’est qu’en 1975 que la distillerie abandonna le nom de Ledaig, prononcé en gaélique « led-chig » et signifiant « havre de paix ». La ville éponyme aussi traversa cette crise identitaire à peu près à la même époque.

Le whisky Ledaig lui même est relativement plus tourbé que le Tobermory, car il utilise du malt ayant été tourbé à Port Ellen, sur l’île d’Islay.

Comme le disait si bien encore une fois le cardinal Léger, surtout dans le temps des fêtes :

La conscience ? Elle n’empêche jamais de commettre un péché. Elle empêche seulement d’en jouir en paix !

Couleur d’un jaune pâlotte qui crie la tourbe.

Nez:
Une traînée de fumée de tourbe et de phénol surplombe une trop petite communauté de citron, de cuir, de pin, de noix et d’huile d’olive de façon savoureusement sinistre.

Bouche:
Surprenant, huileux et épicé en bouche. Des notes de miel et de citron, agrémentées d’herbe et de noix salées, sont au rendez-vous.

Finale:
On laisse de côté les fruits et le sucre pour tomber ici dans la boucane de tourbe, le cuir et les feuilles de tabac à pipe. Poivre et médicaments s’étirent un peu et finissent par se chicaner à mon grand dam.

Équilibre:
On reste tout de même loin des monstres tourbés de l’Islay, mais cette expression de Mull digne de mention reste toutefois solide. Je pourrais recommander sans honte cette expression, accompagnée du Tobermory 10 ans, pour quelqu’un qui souhaite avoir une idée de ce qui se fait dans les îles moins connues de l’Écosse.

Note: ★★★★★