#180 • Blackadder Clynelish 16 ans 1990

46% alc./vol.
Distillerie Clynelish, Brora, Highlands, Écosse

Notre whisky du jour provient de la distillerie Clynelish dans les Highlands écossais. Elle a été fondée en 1968 et prit le nom de sa voisine, la première distillerie du même nom. Cette dernière a dû alors changer d’appellation et nous la connaissons à notre époque en tant que la défunte Brora.

Clynelish appartient aujourd’hui comme bien d’autres au groupe Diageo, et fait partie d’une gamme appelée les Hidden Malts, qui comprend aussi Caol Ila, Knockando, Glen Elgin et Royal Lochnagar. Elle continue à produire plusieurs single malts et une partie de son fruit compose le Johnnie Walker Gold Label.

Bien que ça reste distillé par Clynelish, le contenu de notre verre ici est un produit de 16 ans de l’embouteilleur indépendant Blackadder. En plus de jouer sur un graphisme d’étiquette qui n’est pas sans rappeler les livres de la première édition des Règles Avancées de Donjons et Dragons, Blackadder se targue du fait que tous ses embouteillages sont des single cask, c’est-à-dire que le contenu de votre bouteille provient du seul et même tonneau, aucun assemblage ici.

Comme le disait si bien Mr.Bean lui-même, l’humoriste et acteur brittanique Rowan Atkinson:

Ce ne sont pas les poètes ni les romanciers qui ont inventé l’écriture : ce sont les comptables.

Le verre levé nous laisse voir une robe d’un jaune foncé évoquant un vin blanc cheap du genre Wallaroo Trail

Nez:
Une faible fumée de tourbe précède un ouragan de fleurs en folie, pour se calmer ensuite sur un petit côté terreux tel du bois mouillé.

Bouche:
Explose en bouche, juteux, fruité, sucré, sherry, vineux, pour conclure sur une traînée d’épices en feu tel le bon vieux générique d’ouverture de Mission: Impossible.

Finale:
Fruitée, longue et à peine épicée. Un brin de tourbe de mêle à un doux miel coulant de sa cuillère en forme de cul d’abeille.

Équilibre:
Très gagnant. Dommage qu’il ne soit pas façile à retrouver. On jurerait une finition en fût spécial, mais non, sherry du début à la fin.

Note: ★★★★★

#179 • Isle of Jura Elixir 12 ans

46% alc./vol.
Distillerie Jura, Île de Jura, Écosse

Je dois un solide merci à mon collègue Harpy, qui, dans son congé de la nouvelle année, s’est aventuré en territoire néo-brunswickois, plus spécifiquement dans l’antre de la horde sauvage du NB Liquor (leur équivalent de la SAQ), pour généreusement me procurer deux produits, dont une élusive bouteille de Isle of Jura Elixir 12 ans. Je le salue et j’utilise son surnom, car il est bien sûr illégal de passer de la boisson entre provinces, pour ceux qui ne le savent pas…

Il existe un mythe en Écosse qui raconte que l’eau de l’île de Jura possèderait des qualités bénéfiques évoquant la fontaine de jouvence, en raison d’une bénédiction légendaire donnée par Saint-Colomba il y a près de 1500 ans. La preuve en serait, selon les résidents de l’île, la pierre tombale érigée près de la distillerie d’un homme qui aurait vécu 180 ans dans sa propre maison! Mais bon, dans mon livre à moi, les autochtones de l’Île de Jura n’ont une longévité exceptionnelle que parce qu’il boivent régulièrement du bon whisky.

Celui qu’on appelle avec raison Elixir a séjourné pendant douze ans dans un assemblage de fûts de chêne blanc américain et de xérès.

Comme le disait si bien l’acteur américain James Stewart Tolkan, mieux connu pour sa brillante incarnation du directeur de l’école secondaire de Hill Valley dans Back to the Future, Gerald Strickland :

Quand on voit ce que les pigeons font sur les bancs, il faut remercier Dieu de ne pas avoir donné d’ailes aux vaches.

Son coloris est celui du parfait whisky ambré, on dirait pratiquement que c’est ce qu’ils ont pris pour les photos du verre Glencairn.

Nez:
Un arôme saugrenu composé de vanille et de cannelle, d’amandes et de café, ainsi que de toffee et d’orange. Un puissant malt sucré souligne le tout.

Bouche:
C’est ici que le charme fonctionne. Sherry à fond, caramel, gingembre, fruits séchés, épices et un peu de grains de café. Belle amplitude en bouche.

Finale:
Moyennement longue, chaude, fruitée et épicée, avec une pointe de fumée.

Équilibre:
Une très belle découverte. Pas le plus grand des Jura, mais il score tout de même assez haut pour activer un convecteur temporel et peut de surcroît se vanter d’avoir le taux d’alcool parfait pour faire exploser ses saveurs…

Note: ★★★★★