#182 • Highland Park 12 ans (pré-2006)

43% alc./vol.
Distillerie Highland Park, Kirkwall, Orkney, Écosse

Merci à Pierre-Luc pour avoir partagé avec moi lors de notre dernière dégustation linéaire une mignonnette de ce malt éteint depuis quelques années, l’ancienne recette du Highland Park 12 ans.

Le malt Highland Park est réputé pour non seulement ses vieillissements en fût de sherry, mais aussi pour sa tourbe singulière, empreinte du caractère unique des Orcades. Cette dernière est influencée par le climat particulier des ces îles, marqué par de puissants vents gorgés d’air salin, ce qui fait que les arbres locaux s’ennuient de leur mère en simonak! L’herbe, le bruyère et le lichen ont le champ libre et en profitent alors pour envahir les tourbières, donnant ces notes si propres aux expressions de Highland Park.

Comme le disait si souvent dans son heure de gloire le guitariste et auteur-compositeur-interprète américain Kurt Donald Cobain (1967-1994):

Certainement, Dieu est très généreux d’avoir donné l’alcool à l’homme. Si j’avais été Dieu, j’en aurais gardé la recette pour moi tout seul.

Un beau caramel cuivré nous annonce de belles choses à venir.

Nez:
Un vent se lève et nous apporte une cuillerée de miel, une touche de fumée et un soupçon de bruyère éclipsé. Le malt grillé et le gazon ne sont pas très loin derrière. Extrêmement complexe et balancé pour son âge.

Bouche:
Un tourbillon d’épices, de sherry, d’orange, de miel, d’herbe, d’orge, de fumée iodée et de caramel salé nous enveloppe dans une douceur sans pareil.

Finale:
Longue et sucrée-salée, légèrement amère. Le bruyère revient main dans la main avec un gros grain juteux d’orge maltée.

Équilibre:
Un vrai de vrai single malt. La pureté de la céréale distillée dans toute sa splendeur. Une vraie honte d’avoir altéré la recette à ce point.

Note: ★★★★

#181 • Blackadder Isle of Jura 14 ans Raw Cask 1992

55.6% alc./vol.
Distillerie Jura, Île de Jura, Écosse

Back to back avec le Clynelish 16 ans d’hier, voici une autre expression de l’embouteilleur autonome Blackadder. Venant tout droit de son énigmatique île éponyme, voici le Blackadder Jura 14 ans Raw Cask 1992.

Oh boy que ça en fait de l’information juste dans un titre! Distillée en 1992, cette expression porte l’appellation Raw Cask, ou fût brut (à ne pas confondre avec brut de fût), ce qui signifie que Blackadder l’a embouteillée non seulement à force de fût (cask strength) mais directement du baril sans aucune filtration. Cela a pour effet de laisser des sédiments et des particules de bois à travers le whisky, mais aussi les huiles et gras naturels qui peuvent s’y développer, afin de laisser la saveur la plus riche et naturelle possible dans chaque bouteille du produit final.

Comme le disait si bien l’écrivain et concepteur de jeu américain Ernest Gary Gygax (1938-2008) :

Les maçons du Moyen-Âge savaient parfaitement que Dieu n’existe pas, mais ils espéraient qu’à force de lui bâtir des cathédrales, il finirait par exister.

Coloration étrange qui passe du jaune-doré au vert-Prestone. Quelques matières en suspension demeurent visibles, dues au raw cask.

Nez:
On entame le nez avec des notes prévalentes de pruneau et de nectarine avec une pointe frileuse de fenouil. Un second passage nous offre un peu de Key Lime et sa meringue. Décisivement plus herbeux et floral que sucré.

Bouche:
Le côté le plus haut en couleurs de ce whisky arrive à ce stade. On y décèle le malt grillé et les fruits, avec épices et baie de genévrier. Retour des fleurs à la fin, avec une touche de racine de gingembre.

Finale:
S’étire sur fumée et cuir parsemés de petits fruits des champs. On reste tout de même sur une impression désagréable.

Équilibre:
Plus ou moins impressionnant. L’expérience reste amusante certes, mais le cask strength est plus nécessaire au concept qu’au goût.

Note: ★★★★★