#226 • Cadenhead Caperdonich 35 ans 1977

50.2% alc./vol.
Distillerie Caperdonich, Rothes, Speyside, Écosse.

En guise de conclusion à la soirée « whiskys à histoire » du 22 avril 2014 au Club de Scotch Whisky de Québec, nous avons eu droit à une perle qui date de l’année de la sortie de La Guerre des Étoiles, de la mort du King, et aussi de ma naissance, le Cadenhead Caperdonich 35 ans 1977.

La distillerie Caperdonich a été fondée en 1898 par J. & J. Grant, les fondateurs de la distillerie Glen Grant. Au départ Caperdonich s’appelait même Glen Grant 2, mais malheureusement pour diverses raisons elle dût fermer boutique quatre ans plus tard. Rachetée et réouverte par Glenlivet en 1965, son nom fut changé car la loi britannique les empêchait d’avoir une distillerie portant le même nom qu’une autre. C’est à ce moment qu’est née Caperdonich sous sa forme moderne. Avec les années quelques changements s’opérèrent, elle passa aux mains de Seagram en 1977, puis à celles de Pernod Ricard en 2001, qui la referma malheureusement un an plus tard.

À l’automne 2010 la distillerie Caperdonich fut complètement démolie.

L’expression d’aujourd’hui provient de l’embouteilleur indépendant Cadenhead, le plus ancien en Écosse avec sa fondation en 1842.

Comme l’illustre si bien ce bon vieux proverbe écossais :

La pluie d’aujourd’hui est le whisky de demain…

Presque brun tellement il est orangé de xérès.

Nez:
Sherry butt à fond. Caramel, toffee, orange, dattes, raisins secs, tabac à pipe aromatisé, pacanes, amandes, crème brûlée et baril de chêne. Ça semble énorme, voire même intimidant, mais c’est renversant tellement c’est bien orchestré.

Bouche:
Douceur du sherry. Chêne juteux, raisins, figues, dattes, frangipane même. Pâte d’amande et feuille de tabac sous un voile d’épices du xérès. Tout simplement divin.

Finale:
Toujours, et tant mieux, cette bonne pâte d’amande. Légère cerise teintée de cuir qui s’estompe doucement dans l’astringence du xérès et de ses épices. Muscade et cannelle.

Équilibre:
Vraiment un superbe exemple d’un vénérable sherry butt réussi. Un équilibre remarquable sur une construction splendide.

Note: ★★★★

#225 • Glenglassaugh 37 ans 1974

56% alc./vol.
Distillerie Glenglassaugh, Portsoy, Highlands, Écosse.

Avant-dernier malt de la soirée du 22 avril dernier du Club de Scotch Whisky de Québec, ayant pour thème les « whiskys à histoire », voici un vieux de la vieille, le Glenglassaugh 37 ans 1974.

Le malt d’aujourd’hui a été produit presque 100 ans après la fondation de la distillerie en 1875. Le petit côté triste dans tout ça, c’est qu’on y mit la clé dans la porte en 1986. Appartenant alors au Groupe Edrington, des restants de Glenglassaugh entrèrent régulièrement dans la composition du Cutty Sark et du Famous Grouse.

Il y eut changement de mains depuis, et la distillerie réouvrit en 2008. Heureusement, les propriétaires précédents eurent la sagesse et la prévoyance de conserver de bons barils comme dans l’exemple dont nous parlerons ici, embouteillée en 2002.

La distillerie appartient depuis 2013 à la Benriach Distillery Company, qui détient aussi Glendronach et, vous l’aurez deviné, Benriach.

Comme le disait si bien le jongleur, humoriste de vaudeville, scénariste et acteur américain William Claude Dukenfield, dit W.C. Fields (1880-1946) :

J’adore cuisiner avec de l’alcool. J’en ajoute parfois même à la nourriture…

Son coloris ambré et orangé nous réconforte dans une belle promesse de régence du xérès.

Nez:
Sherry, bois et cerise noire. Copeaux de chêne BBQ. C’est surprenant comment on ne sent pas trop la force de l’alcool. Belles épices astringentes du xérès.

Bouche:
Il faut faire vite, car le taux d’alcool décoiffe avec une rapidité déconcertante. Un bel équilibre de vanille et miel, d’herbe et d’épices nous emporte dans un maelström de délicieuse intransigeance.

Finale:
Sherry, cerise noire et chocolat tout aussi noir pour finir sur les belles et longues épices caractéristiques des embouteillages de cette force.

Équilibre:
Excellent. Plutôt fort, mais assumé. Solide, sans peur et sans reproche. Remo sans arme et dangereux.

Note: ★★★★★