#235 • Benromach Organic

43% alc./vol.
Distillerie Benromach, Forres, Speyside, Écosse

Encore une expression qui était offerte au Whiskies of the World Expo de San Jose, d’une des seules distilleries écossaises outre Bruichladdich, Springbank et Loch Lomond à produire du whisky biologique, acclamé dans l’ouvrage d’Ian Buxton 101 Whiskies to try Before you Die, voici le Benromach Organic.

Cette expression appartenant à Gordon & MacPhail peut pourtant se prévaloir d’être la seule dont la totalité du processus de fabrication, de la récolte à l’embouteillage, se fasse selon les normes biologiques les plus strictes.

On ne nous montre que ce côté écologique, et c’est bien joli tout ça, mais je ne peux m’empêcher faire une réflexion comme quoi à quoi bon se la péter en buvant du whisky dit écolo alors que des forets entières continuent à être abattues pour faire les tonneaux… De la bonne conscience en bouteille, quoi.

Comme le dit si bien ce proverbe Bene Gesserit :

Chaque route que l’on suit exactement jusqu’au bout ne conduit exactement à rien. Escaladez la montagne pour voir si c’est bien une montagne. Quand vous serez au sommet de la montagne, vous ne pourrez plus voir la montagne.

Teinte dorée plus que pâle, comme un soufflé au citron..

Nez:
Doux bonbon au caramel. Le plus léger des pneus chauffés. Un beau malt vanillé tente une percée sans toutefois y parvenir exhaustivement.

Bouche:
Beau sucre d’orge, caramel brûlé, cassonade, planche de chêne, vanille frugale et fumée délicate.

Finale:
Gracile fumée de caoutchouc, rien de trop impétueux. Un fond de bois sucré reste en bouche.

Équilibre:
Un malt plutôt assuré, une bonne préparation pour les expressions plus tourbées de la distillerie. Je croyais peut-être que ce whisky allait apaiser ma conscience, mais malheureusement je ne me sens pas plus grano en buvant du scotch bio.

Note: ★★★★★

#234 • Scapa 16 ans

40% alc./vol.
Distillerie Scapa, Kirkwall, Orkney, Écosse.

Un autre scotch qui a reçu un peu de mon attention au Whiskies of the World Expo de San Jose en mars dernier était un embouteillage, bien que disponible pour un bon montant dans les SAQ Signature, relativement rare, le Scapa 16 ans.

Érigée en 1885, Scapa est de peu la seconde distillerie la plus au nord de l’Écosse, perdant ce titre à Highland Park par de serait-ce que quelques centaines de mètres. Son ancien propriétaire l’avait fermée en 1994, mais elle est depuis passée aux mains de Pernod Ricard qui la remit en marche en 2005.

En plus de produire du single malt pour des blends tel Ballantine’s, la distillerie produit son propre embouteillage, que nous dégustons aujourd’hui, le Scapa 16 ans.

Comme le disait si bien l’astronome, historien et écrivain polonais Stanisław Lubieniecki (1623-1675) :

L’histoire est le récit, presque toujours faux, d’événements presque toujours sans importance, occasionnés par des chefs d’états qui sont presque tous des coquins et des soldats qui sont presque tous des imbéciles.

Mandarine ou safran neutre et impartial.

Nez:
Céréale enveloppée d’une chétive fumée. Miel et abricots s’offrent au nez, avec l’orange qui vient compléter le tableau.

Bouche:
Céréales miel et noix, mais pas des Cheerios. Un brin de gazon un peu trop timide et éthéré à mon goût. Une pointe d’amertume pas si désagréable que ça souligne le tout.

Finale:
L’amertume précédente perdure avec une touche de poivre. Finale trop courte et décevante devant le reste de l’expérience gustative.

Équilibre:
Un peu trop inégal à mon goût. Certainement pas un malt qui me ferait faire des bêtises dans les rues de Montréal.

Note: ★★★★★