#258 • Springbank 10 ans

46% alc./vol.
Distillerie Springbank, Campbeltown, Campbeltown, Écosse

Je tiens encore à lancer mon chapeau à Pierre-Luc pour m’avoir laissé libre champ pour un raid de son armoire à whisky, tout cela dans l’intérêt bien sûr de ce blogue et de la culture en général, car pour cet article on y a déniché un pilier de la région de Campbeltown, le Springbank 10 ans d’âge.

La distillerie Springbank est en opération légalement depuis 1828, bien qu’elle devait l’être de façon illicite bien avant cela, et utilise depuis ses débuts une orge à peine tourbée, qui est distillée non pas deux, non pas trois, mais deux fois et demi. Concrètement, ça veut dire que dans leur processus qui compte trois alambics, seulement la moitié du second distillat passe dans le dernier alambic.

Toute leur gamme de whiskys est vieillie dans un amalgame de fûts de bourbon et de xérès. Dans le cas du 10 ans d’âge, l’expression d’aujourd’hui, la proportion de fûtailles de bourbon est supérieure à celle de barriques de sherry.

Comme le disait si bien le sculpteur italien Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello (pas la tortue ninja) (1386-1466) :

Le patriotisme est votre conviction que ce pays est supérieur à tous les autres, parce que vous y êtes né.

Beau jaune neutre digne de fûts de chêne neufs.

Nez:
Derrière une tourbe fruitée et florale infusée de notes de pissenlit et d’abricot se cache une céréale plantureuse. On se laisse sur de légères touches de lait de coco qui dissipent la tourbe avec le temps.

Bouche:
Atterrissage crémeux souligné en force par miel et bruyère. Vanille et caramel, muscade et citron. Plein de belles paires.

Finale:
Légère impression de noix salées.Effluves puissantes et durables de tourbe et de bruyère.

Équilibre:
Un dram surprenant. Un exemple flagrant que Campbeltown et les Orcades font bel et bien partie de la même patrie.

Note: ★★★★★

#257 • Bruichladdich Islay Barley 2006

50% alc./vol.
Distillerie Bruichladdich, Bruichladdich, Islay, Écosse

Comme on dit, c’est pas qui tu es, c’est qui tu connais, alors je dois un beau merci à Pierre-Luc pour une mini de sa bouteille de Bruichladdich Islay Barley 2006.

On appelle cette expression Islay Barley, ce qui veut dire littéralement « Orge d’Islay », parce que toute l’orge utilisée provient de la côte est de l’île, plus précisément sur la ferme Dunlossit. Le champ d’orge en question, appelé Headland of thé Gallows, est un des seuls endroits fertiles sur cette côte rocheuse. On y aurait même découvert des traces qui permettent de spéculer que les premiers fermiers de l’île y auraient travaillé il y a 6000 ans.

On peut donc dire que l’entièreté de ce whisky, de la céréale à la bouteille, est fait sur Islay. Mais de là à parler de whisky du terroir…

Mais comme le chantait si bien le chanteur français et auteur-compositeur-interprète Yves Duteil :

Elle a jeté des ponts par-dessus l’Atlantique, elle a quitté son nid pour un autre terroir, et comme une hirondelle au printemps des musiques, elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs…

Jaune doré avec une teinte presque iridescente tirant sur le bronze verdâtre.

Nez:
Derrière un rempart de chêne et de mûres perce une orge généreuse. Très propre et franc. On passe par un petit côté minéral avec des notes de miel avant de faire un retour sur l’orge séchée.

Bouche:
Léger et délicat à l’arrivée. L’orge et le miel se contrebalancent bien. Chêne, épices, oranges et mangues viennent compléter le tableau.

Finale:
Longue, plaisante et herbeuse. C’est ici que son joli taux d’alcool nous réchauffe le dedans.

Équilibre:
Un whisky relativement jeune et peu compliqué, à l’aveugle il se mêlerait sans gêne à un juteux malt du Speyside, parfait pour les moments si rares ou on peut juste lâcher prise et profiter du moment.

Note: ★★★★★