#261 • Highland Park Svein

40% alc./vol.
Distillerie Highland Park, Kirkwall, Orkney, Écosse.

Pour démarrer le bal lors de la grandiose dégustation de mardi dernier au Club de Scotch Whisky de Québec, dégustation portant sur de rares et inédits embouteillages de la distillerie légendaire Highland Park, on nous a proposé une expression se retrouvant en Europe en format de 1 litre, de la Warrior Series, le Highland Park Svein.

Un whisky décrit comme très approchable et convivial, le Svein a été nommé ainsi à cause de l’hospitalité et de la nature généreuse des leaders Vikings de l’époque. On pourrait penser de par ce qu’on en connaît généralement que les Vikings ont toujours été des barbares assoiffés de sang, mais bien qu’ils restent des combattants endurcis et sans merci, les histoires de la Orkneyinga Saga louangent aussi leur générosité pour leurs alliés et amis.

Comme le disait si bien Alexandre Pavlovitch Romanov, aussi connu en tant qu’Alexandre Ier de Russie (1777-1825):

La politesse est plus généreuse que la franchise, car elle signifie qu’on croit à l’intelligence de l’autre.

Doré léger et pâle, comme doté d’un effet d’une certaine transparence.

Nez:
Citron et toffee, orge et chêne, orange et pointe de bruyère. Le miel est ultra-présent, ce qui a pour effet de nous ancrer solidement le nez dans le profil de la distillerie. Démontre une certaine maturité maladroite, surtout quant à son prix.

Bouche:
On reste sur des notes de xérès, de miel, de caramel et d’agrumes. Un peu d’herbe et de fumée, mais à peine. Ça se dégonfle un peu ici, on croirait que son taux d’alcool faiblard a tendance à vouloir diluer les saveurs et rendre l’expérience quelque peu insipide.

Finale:
Moyennement longue, avec un amalgame des notes exprimées plus haut, quelques épices en plus. On voudrait qu’une forte personnalité soit au rendez-vous, mais on est parti pour attendre longtemps.

Équilibre:
Bien que son bas prix, pour 1 litre en plus, est un point en sa faveur, c’est un whisky qui manque un brin de finesse et d’adresse, surtout comparé à l’embouteillage phare de 12 ans de la distillerie. Bien, mais trop soporifique pour en valoir le déplacement.

Note: ★★★★★

#260 • Ardbeg Supernova 2014

55% alc./vol.
Distillerie Ardbeg, Port Ellen, Islay, Écosse

Je dois remercier Johanne McInnis, aussi connue sous le sobriquet de Whiskylassie, pour avoir tissé son fameux #whiskyfabric et organisé une fois de plus une dégustation sur twitter, cette fois-ci en collaboration avec la distillerie Ardbeg. En effet, le 14 décembre dernier nous étions près d’une vingtaine de canadiens passionnés du whisky à avoir eu la chance de se réunir sur la toile, en compagnie de Johanne et de l’ambassadeur canadien pour Ardbeg, Ruaraidh MacIntyre, pour échanger au sujet de l’échantillon que nous avons tous reçu, le Ardbeg Supernova 2014.

Le Supernova 2014 est une expression qui marque un évènement plutôt insolite. Avec la participation de la firme de recherche NanoRacks LLC, Ardbeg a lancé en 2011 pour la première fois du whisky dans l’espace. En fait, quelques échantillons de whisky ont eu l’occasion de vieillr sur la station spatiale internationale. L’expérience avait pour but de mesurer les effets de l’apesanteur sur la maturation, les saveurs et les arômes du whisky. À l’époque Ardbeg avait lancé le Galileo pour célébrer l’évènement.

Bien qu’aucun whisky spatial ne soit contenu dans cette expression, le Supernova 2014 marque tout de même le retour sur terre de cette expérience remarquable.

The Ardbeg has landed…

Comme le disait si bien l’acteur, réalisateur, scénariste, photographe, producteur, et chanteur américain Leonard Nimoy, que certains connaissent mieux sous les traits de Monsieur Spock (1931-2015):

Visez toujours la lune. Même si vous la manquez, vous atterrirez parmi les étoiles.

Arbore une pâleur représentative de sa jeunesse et de son taux de phénol.

Nez:
Son côté de tourbe médicinale assez imposant pourrait aisément à l’aveugle nous aiguiller vers Laphroaig, mais nous ramène vite sur le citron, le foin, la vanille, le cuir, le chocolat, le miel, le fenouil et le nougat salé. Si c’était pas si « hipster » je dirais même que ça rappelle l’huile à barbe parfumée au cuir.

Bouche:
Très puissant et affirmé. Un peu crémeux et minéral. Noix salées, miel, poivre blanc concassé et chocolat noir. La tourbe demeure plus que présente, toutefois elle a la délicatesse de laisser les autres éléments briller.

Finale:
Plutôt minérale et presque métallique, ce qui me déplairait en temps normal, mais son poivre et ses épices viennent sauver la mise à temps. La tourbe infusée aux petits coeurs à la cannelle passe comme un raz-de-marée de plaisir gustatif.

Équilibre:
Encore un superbe embouteillage de Ardbeg. On apprécie son taux d’alcool élevé mais si doux. Un vrai dram de feu de camp. Ardbeg, pourquoi cette bouteille est si dispendieuse?

Note: ★★★★