#373 • AnCnoc Cutter

46% alc./vol.
Knockdhu Distillery, Knock, Speyside, Écosse

On parle aujourd’hui d’un embouteillage d’une distillerie qui a fait preuve d’innovation dans les dernières années, Knockdhu, avec son célèbre AnCnoc, qui prend ici une tournure inattendue.

AnCnoc est généralement connu comme un whisky assez doux, mais la distillerie a décidé récemment de mettre la main à la pâte sur une nouvelle gamme qui s’ajoutera à son portfolio, un côté obscur, un éventail de whiskys extrêmement tourbés. Ce n’est pas étranger à leur histoire car les embouteillages produits dans les débuts de la distillerie bénéficiaient de l’apport des tourbières locales.

Cette bouteille a été baptisée Cutter en l’honneur d’un outil spécifiquement concu pour récolter de la tourbe dans des couches moins profondes et plus sèches. Son contenu frappe à la hauteur de 20.5ppm de phénols

Comme le disait si bien l’homme de lettres, romancier, philosophe et homme politique français Donatien Alphonse François de Sade (1740-1814):

Il est un antre obscur où vont s’isoler les amours pour nous séduire avec plus d’énergie.

Un autre tellement désaturé que j’en viens à questionner la pertinence d’en décrire la couleur.

Nez:
Tourbe discrète, impression de carton de boîte de pizza. Pommes, poires et sel marin. Meringue, crème et citron. Fumée huileuse, gaze imbibée d’iode.

Bouche:
Arrivée douce et sucrée, gouttes de rosée, fleur de sel, miel, poires, herbe, tourbe. Léger poivre rose main dans la main avec un bloc de tourbe humide. La fumée s’efface un peu vers la fin, juste assez pour nous offrir une séduisante dose de pamplemousse rose juteux.

Finale:
Longue et légèrement épicée sur des notes de chêne, de poivre, de chocolat blanc et de fumée cendreuse.

Équilibre:
Équilibre presque parfait, un autre endroit où Islay pourrait prendre une ou deux leçons. Négliger cet embouteillage serait une erreur.

Note: ★★★★

#372 • Woodford Reserve

46.2% alc./vol.
Woodford Reserve Distillery, Versailles, Kentucky, États-Unis

On fait du saumon avec, on l’encense dans le monde du bourbon, mais on ne s’y est jamais sérieusement ou simplement arrêté ici, voici le bon vieux Woodford Reserve.

C’est pas si souvent que ça qu’on visite la base de la pyramide, mais on a affaire ici à un bourbon qui est un peu ici la définition même de l’appellation.

Je vais devoir citer ici pour une seconde fois l’acteur, réalisateur et producteur américain Larry Martin Hagman, mieux connu pour son rôle de J.R. dans Dallas (1931-2012):

On ne peut désigner le sommet d’une pyramide sans localiser sa base.

Roux-ambré classique du bourbon.

Nez:
Épices et fruits séchés nous accueillent. Raisins, maïs, caramel et vanille. Un 2e nez révèle encore du caramel, mais brûlé cette fois-ci.

Bouche:
Belle texture, notes de caramel, de salade de fruits, de miel et de maïs, surplombé de vanille. Retour du toffee et du butterscotch.

Finale:
Agréable longueur ponctuée d’épices et de vanille. Chêne grillé et maïs nous portent vers une agréable finition sirupeuse.

Équilibre:
Superbe pour une expression de base. Un incontournable à avoir dans sa collection de bourbons.

Note: ★★★★★