#097 • Maker’s Mark

45% alc./vol.
Distillerie Maker’s Mark, Loretto, Kentucky, États-Unis

Pour continuer dans une lancée pro-américaine, car après tout c’est leur semaine d’indépendance, j’ai décidé de vous parler d’un des fleurons de la Kentucky Bourbon Trail, le seul et unique Maker’s Mark.

Autrefois nommée la Burks’ Distillery, la distillerie Maker’s Mark a été fondée en 1954 et son premier embouteillage fut mis en marché en 1958, avec son fameux bouchon de cire rouge reconnu mondialement. La distillerie est aujourd’hui considérée par le gouvernement américain comme un des National Historic Landmarks, ou en français « sits historiques nationaux ».

Même si elle arbore un grand côté traditionnaliste, au printemps dernier la distillerie fût tout de même au coeur d’une controverse qui fit réagir avec zèle la communauté du whisky. Citant officiellement des raisons de respect de la demande, Maker’s Mark annonca une baisse du taux d’alcool de son expression phare, passant de 45% à 42%, et ce selon eux sans altérer la saveur et les arômes propres à la marque. Cette nouvelle mis la communauté internet en feu, et suite à leurs impétueuses réactions, en moins d’une semaine la compagnie changea de cap et renversa sa décision. La rumeur veut que quelques bouteilles à 42% auraient pu se retrouver sur le marché avant le changement d’orientation de la direction. Inutile de dire que ces bouteilles seront des articles de collection qui iront chercher un bon prix plus tard.

Pour citer cet extrait de la Bible Catholique Orange:

Shai-Hulud, ver des sables d’Arrakis, « le vieil homme du désert », « le vieux père éternité », « le grand-père du désert ». Il est significatif que ces noms, prononcés d’une certaine façon ou écrits avec des majuscules, désignent la déité terrestre des superstitions fremen. Les vers des sables atteignent des dimensions colossales (on a observé dans le désert profond de vers de 400 mètres de long) et vivent très longtemps quand ils ne se tuent pas entre eux ou ne se noient pas dans l’eau qui, pour eux, est toxique. On pense qu’une grande partie du sable qui recouvre Arrakis est produit par l’action des vers.

Couleur profondément cuivrée. Plus un éclat d’ambre que la pierre elle-même.

Nez:
Cassonade et vanille. Quelques fruits et encore de la vanille. Une bonne dose de maïs suivie d’une bonne agressivité dûe à son taux d’alcool.

Bouche:
Vanille et épices. Velouté avec blé et noix noyés dans le miel.

Finale:
Le miel s’évanouit pour faire place au maïs et à la vanille. Reste sec.

Équilibre:
Un solide bourbon qui mérite sa place dans toute armoire à whisky qui se respecte. Considérant son prix dérisoire, il ne faut surtout pas hésiter à cuisiner avec ou à le marier à un morceau de sauvagine au dessert.

Note: ★★★★★

#096 • Jack Daniel’s Old Nº 7

40% alc./vol.
Distillerie Jack Daniel, Lynchburg, Tennessee, États-Unis

À l’occasion du 4 juillet, date historique pour les américains, car après tout c’est le jour où Will Smith et Jeff Goldblum les libérerent d’un assujettissement extraterrestre, je vais parler du symbole le plus dominant du whiskey américain, j’ai nommé le Jack Daniel’s Old Nº 7.

Jasper Newton « Jack » Daniel fonda sa distillerie quasi-éponyme en 1866 dans son lieu actuel de Lynchburg au Tennessee. On appelle le Jack Daniel’s un Straight Tennessee Whiskey car il est filtré à travers une couche d’environ trois mètres de charbon de bois d’érable, ce qui lui confère des notes sucrées et fumées ainsi qu’une douceur additionnelle, et ce qui l’empêche en outre de porter l’appellation bourbon. La seule autre distillerie industrielle à employer ce procédé est la distillerie George Dickel, elle aussi basée au Tennessee.

Fait tragique mais toutefois cocasse, Jack Daniel est décédé en 1911 suite à une infection reliée à la fracture de son gros orteil après avoir donné un coup de pied à son coffre fort car il en avait oublié la combinaison. C’est aussi pire que le propriétaire de Segway qui a laissé sa vie dans un accident… De Segway.

Comme l’illustre si bien cette mise en abîme de feu mon patron Steven Paul Jobs:

Comme le disait si bien le maître du cubisme analytique espagnol Pablo Picasso: les bons artistes copient et les grands artistes volent, et nous n’avons aucune honte à l’idée de voler les grandes idées.

On lève son verre pour faire surgir un coucher de soleil cuivré du Midwest américain.

Nez:
Le maïs sucré chapeaute une légère touche de vanille et de toffée à l’orange. Bien que je l’attribue à ce que je sais déjà de ce whisky, j’ai quand même une impression ténue de charbon de bois naturel de chez Costco. En général beaucoup plus timide que dans mes souvenirs de brosse d’adolescent.

Bouche:
D’une délicatesse paticulièrement étonnante. Le maïs syrupeux reste agréablement longtemps en bouche, balancé par une petite note aigre. Les gorgées suivantes apportent sur la table un soupçon d’anis étoilé.

Finale:
Wow. C’est définitivement ici que cette expression exerce un tour de sorcellerie. Un vent de fumée de hibachi déferle sur mes sinus. Exquis. En fermant les yeux je peux littéralement voir le procédé du comté de Lincoln. Ensuite surprise, les sucres reviennent. Pourtant plus les gorgées avancent, plus l’aigreur qui équilibrait le sirop prend de la place et me décourage de m’en servir un autre.

Équilibre:
Décidément plus qu’un shooter quand on s’y attarde. Le plus sous-estimé des whiskys. Oubliez donc vos beuveries de jeunesse, tout le monde a droit à une seconde chance…

Note: ★★★★★