#149 • Jim Beam Original

45% alc./vol.
Distillerie James B. Beam, Clermont, Kentucky, États-Unis

J’ouvre cet article avec un gros merci à Alexandre Soda Pop des Brasseurs Casseurs pour m’avoir laissé une mignonnette de Jim Beam, afin que j’en fasse la critique sans m’en trouver une bouteille. Je lui lève d’ailleurs mon verre et j’espère qu’il profite bien du Highland Park 18 ans que je lui ai conseillé d’acheter…

Vu les circonstances, vous comprendrez que je n’ai pas de photo de la bouteille, donc je vais présenter en lieu de cela une publicité de l’époque Bond avec Sir Sean Connery, ainsi qu’un cliché d’un autre petit chocolat à la liqueur, cette fois-ci, tenez-vous bien, au Jim Beam.

Les membres de la famille Boehm, originaires d’Allemagne, immigrèrent aux États-Unis en modifiant leur nom pour Beam et commencèrent à vendre du whisky en 1795. Depuis, sept générations de Beam ont possédé et opéré la distillerie, devenue Beam Global Spirits & Wine. Bien que la vente aux États-Unis soit directement gérée par Beam Global, un accord existe entre eux et le Groupe Edrington (Macallan, Highland Park) pour la distribution à l’étranger.

Aujourd’hui c’est l’expression de base qui passe au bâton, tout jeune de quatre ans de vieillissement en barriques flambant neuves de chêne américain.

Comme le disait si bien justement Sir Sean Connery, James Bond lui-même :

Les Chevaliers de l’Ordre National évitent soigneusement d’abréger cette distinction.

Belle étendue de couleurs entre l’ambre riche et le caramel pâle, tonalités classiques de bourbon.

Nez:
Une fois les premiers vents d’éthanol et de carton mouillé apprivoisés, on parvient tranquillement à se délecter sur des douces notes de vanille, de cerise et de Nutella. Un nez de bourbon assez classique, sans surprise et sans ambition.

Bouche:
Doux et léger, relativement ample et sirupeux. La cerise et la vanille tentent une remontée, mais beaucoup trop pusillanime.

Finale:
D’une longueur raisonnable avec une touche de chêne typique d’un bourbon, toutefois plus timide.

Équilibre:
Ma première impression est que ça reste un bon mixer. Mais bon, c’est quand même un whisky appréciable, même s’il aurait tiré profit d’un coup de pied au cul de l’ordre de 3 à 5% sur son degré d’alcool. D’un autre côté, l’avocat du diable dit que pour le prix qu’il en coûte, on serait mal placés pour se plaindre…

Note: ★★★★

#148 • Bowmore Tempest • Batch #4

55.1% alc./vol.
Distillerie Bowmore, Bowmore, Islay, Écosse

Mardi dernier au Club de Scotch Whisky de Québec, c’est pour la fin qu’on s’est gardé la quatrième mouture de ce dernier-né de ce qui autrefois était le terrain de jeu d’Iain McCallum, maître-à-penser derrière les expressions de Morisson Bowmore Distillers, le Bowmore Tempest. À partir de la présente édition, la Master Blender Rachel Barrie a repris la barre de ce navire.

À l’instar de ses petits frères, le quatrième lot du Tempest est une édition spéciale et limitée qui a séjourné dix ans dans des fûts de bourbon de premier remplissage. Les expressions de la distillerie Bowmore étant celles de la reine des Hébrides les plus vendues au monde, il en est autrement de leurs embouteillages spéciaux. En effet le Tempest Batch 4 a été produit au nombre de seulement 12 000 bouteilles au monde. On peut dire que bibi est chanceux d’en avoir une à la maison…

Comme l’a si bien dit Christophe Colomb l’avant-midi fatidique où il a mis le pied sur l’île de San Juan, mieux connue aujourd’hui sous le nom de Puerto Rico :

Il y a quelque chose de grisant à asséner les faits bruts et à observer sur le visage de l’autre les transformations qu’ils opèrent.

Arbore un joli coloris jaune doré un peu léger qui fait presque penser à un jus de pomme inoffensif.

Nez:
Un départ fougueux lourd de tourbe nous annonce sans grande subtilité son degré d’alcool. On se sent légèrement agressé par du poivre et un gros feu de la Saint-Jean-Baptiste. Par contre, une fois qu’on a passé par-dessus son petit côté Matricule 728, on se fait un plaisir d’y déceler vanille, citron et caramel écossais.

Bouche:
Offre une rondeur bien agréable en bouche, mais on doit se dépêcher de capter miel et vanille avant que la fumée de tourbe suivie du 55% d’alcool prennent toute la couverture. Cet équilibre nous nargue tout de même de façon ludique.

Finale:
Fisherman’s Friend à l’eucalyptus, cannelle, chêne, baies de genévrier et cassonade.

Équilibre:
Moins puissant et affirmé que la batch #3. Son grand frère est peut-être supérieur, mais ce quatrième opus demeure un grand Bowmore qui tient la route, surtout pour un maigre 75$.

Note: ★★★★★