#177 • Kilchoman Club Release 2nd Edition

58.2% alc./vol.
Distillerie Kilchoman, Kilchoman, Islay, Écosse

Pour mettre le dernier clou dans le cercueil, pour reprendre une expression connue, de la soirée Kilchoman au Club de Scotch Whisky de Québec le 21 janvier dernier, l’ambassadeur James Wills nous a réservé une belle surprise, le rarissime Kilchoman Club Release.

C’est une expression particulière en ce sens que l’achat en est réservé aux membres du Club Kilchoman, qui est en quelque sorte le fan club ou les abonnés à l’infolettre de la distillerie.

Distillée en 2008 et embouteillée en 2013, cette mouture cask strength est la seconde édition de cette appellation. Elle a été assemblée à partir de quatre fûts de sherry oloroso différents et son tirage a été limité à 2000 bouteilles. Nous avons bu la neuvième.

Comme le disait si bien l’explorateur néerlandais qui a découvert l’île de Pâques en 1722, Jakob Roggeveen (1659-1729):

Si quelqu’un vous donne ce qu’on appelle un bon conseil, faites le contraire. Neuf fois sur dix, vous aurez fait le bon choix.

Coloris d’un méli-mélo pâlotte et cuivré, pas exactement doré.

Nez:
Fumée de tourbe mêlée à un brin de mélasse évoquant vaguement un new make. Au second nez la mélasse se calme le pompon et laisse s’exprimer une gousse de vanille avec un peu d’herbe et de citron. Une rondeur pleine de raisins secs et de caramel se développe tranquillement.

Bouche:
L’arrivée en bouche est pleine de juteux malt grillé et sucré. Il faut, comme pour la plupart des cask strength, faire vite pour trouver les saveurs diverses avant que, tel le briquet de John McClane à la fin de Die Hard 2, nous soyons rattrapés par l’alcohol burn. L’influence de la tourbe est ici un peu moins marquée, et on finit par y déceler encore un petit côté herbeux et citronné qui danse avec un autre duo de toffee et d’épices.

Finale:
Un sucre d’orge gorgé s’éclipse doucement dans un nuage de fumée médicinale.

Équilibre:
Une autre expression sournoise, qui nous cache un taux d’alcool explosif derrière une douceur mesquine.

Note: ★★★★★

#176 • Kilchoman Loch Gorm

46% alc./vol.
Distillerie Kilchoman, Kilchoman, Islay, Écosse

C’est en avant-dernière place dans l’ordre de dégustation de la soirée Kilchoman au Club de Scotch Whisky de Québec le 21 janvier dernier qu’on retrouve le favori de l’assemblée. Nommé ainsi pour le lac éponyme se trouvant non loin de la distillerie, voici le splendide Kilchoman Loch Gorm.

Le lac lui-même arbore une couleur plus foncée dû à son fond de tourbe. Le whisky du même nom quant à lui possède de semblables caractéristiques. Outre la tourbe typique et maintenant attendue de Kilchoman, le Loch Gorm remplit bien le rôle qu’on lui a confié. Sa bouteille est la plus sinistre de toutes les expressions de la distillerie, et son contenu est venu à maturité après avoir séjourné cinq ans exclusivement en fûts de xérès oloroso. Le tirage en est limité à 10000 bouteilles.

Si nous avions été aux courses de chevaux, j’aurais mis la palette sur cette bouteille avant même d’y mettre le nez…

Comme le disait si bien l’ornithologue, conservationniste, peintre et sportif britannique Sir Peter Markham Scott (1909-1989):

Lorsqu’un gouvernement se prépare à la guerre, il décrit ses adversaires comme des monstres.

Reflets cuivrés qui en disent long sur son héritage de xérès.

Nez:
Dattes, caramel brûlé, chêne, pruneaux et orange sont enveloppés d’une douce efflufe tourbée.

Bouche:
Tel qu’annoncé par le nez, la fumée marie habilement tous les aspects typiques d’un fût de sherry dans un bain d’orge juteuse et sucrée.

Finale:
Raz-de-marée de fumée vanillée et fruitée à n’en plus finir.

Équilibre:
L’union fort réussie d’un monstre de sherry et le l’âme de l’Islay. Le meilleur des deux mondes, comme dirait Locutus.

Note: ★★★★