#199 • Wild Turkey 81

40.5% alc./vol.
Distillerie Wild Turkey, Lawrenceburg, Kentucky, États-Unis

Merci à mon petit frère pour m’avoir offert pour Noël entre autres cette belle bouteille de bourbon, l’expression de départ de la distillerie éponyme, le Wild Turkey 81.

Cette distillerie fut fondée en 1869 à Lawrenceburg au Kentucky, et n’a jamais cessé de produire du whisky depuis, à l’exception des années noires de la prohibition (1920-1933). Outre du bourbon, on y produit aussi du whisky de seigle et d’autres assemblages.

Dans un ordre d’idées un peu plus rigolo, lors de l’action de grâces, il est coutume aux États-Unis pour le président de relâcher une dinde au nom de la Maison Blanche, en signe de pitié vu le nombre de ses congénères qui se feront goulûment manger par le peuple américain. Depuis deux ans, à chaque année, la distillerie Wild Turkey leur demande d’adopter cette dinde chanceuse pour qu’elle puisse vivre des jours tranquilles sur les terres de la distillerie. Malheureusement, Washington n’a toujours pas donné de réponse favorable à ce jour.

L’expression d’aujourd’hui est le Wild Turkey 81, nommé ainsi pour son 81 degrees proof, ce qui équivaut à 40.5% d’alcool. Elle remplace le Wild Turkey 80, qui vous l’aurez deviné était un tantinet moins forte en alcool.

Comme le disait si bien mon grand complice Winston Churchill :

Une pomme par jour éloigne le médecin, pourvu que l’on vise bien.

Riche et doré, profondément ambré.

Nez:
Bonbons au maïs et vanille en puissance sortent tout de suite du verre. Une fois ces premières notes passées on peut s’attarder sur les plus subtiles, telles fruit de la passion, gomme au savon et bois humide. On poursuit sur un peu d’herbe, de sel, de cannelle, de paprika même. Je le marierais bien avec un poulet BBQ ou un steak aux épices de Montréal.

Bouche:
Léger et mielleux, poivre et chêne épicé. Le paprika semble revenir encore, avec cette fois un peu de muscade.

Finale:
Très poivrée et pleine de maïs. Agrumeuse et boisée. Comme une planche de bois gorgée de vieux jus d’orange.

Équilibre:
Un excellent bourbon d’entrée de gamme, et un tout aussi excellent choix pour cuisiner.

Note: ★★★★★

#198 • Bowmore 16 ans Limited Edition 1992 Bordeaux Cask Finish

53.5% alc./vol.
Distillerie Bowmore, Bowmore, Islay, Écosse

Je lève une fois de plus mon couvre-chef à Pat pour une autre mini d’anniversaire plutôt épique de la distillerie écossaise Bowmore, le Bowmore 16 ans Limited Edition 1992 Bordeaux Cask Finish.

La distillerie Bowmore fut officiellement fondée en 1779 sur l’île d’Islay. C’est encore une des seules distilleries de l’île à sécher et à malter eux-mêmes leur orge, à la main et en utilisant de la tourbe locale, pour ensuite laisser vieillir leurs fûts bien gorgés dans des entrepôts faisant face aux vagues salées de l’atlantique nord.

Ils ont comme bien de leurs compétiteurs une pléiade d’éditions spéciales, dont celle d’aujourd’hui. Le Bowmore 16 ans Limited Edition 1992 Bordeaux Cask Finish, comme son nom l’indique, a été affiné dans des barils de vin français de Bordeaux afin de lui conférer une richesse et une saveur des plus distinctives.

Comme le mentionne si justement ce fameux proverbe japonais :

A la première coupe, l’homme boit le vin ; à la deuxième coupe, le vin boit le vin ; à la troisième coupe, le vin boit l’homme.

Presqu’un porto tellement sa robe est ténébreuse.

Nez:
La fumée caoutchouteuse de tourbe ouvre la cérémonie. De riches arômes de bois, testament de sa finition qui, bien que ce soit du bordeaux, n’est pas sans rappeler le xérès. Intensité à tout casser. Caramel et crème brûlée.

Bouche:
Sel, sherry et vin rouge. Fumée épicée et boisée. Épais et onctueux, fumé et sucré, un sacré belle noce.

Finale:
Épices astringentes du sherry, doublées d’une belle grosse effluve phénolique.

Équilibre:
Un autre coup de maître de Bowmore. Le plus beau des mariages entre le fût de chêne européen et le baril de bordeaux.

Note: ★★★★