#211 • Kavalan Concertmaster Port Cask Finish

40% alc./vol.
Distillerie Kavalan, Yuanshan, comté de Yilan, Taïwan.

On va continuer notre retour en force avec un autre de ces whiskys du monde, provenant d’un pays où il n’est pas coutume de produire du single malt, le taïwanais Kavalan Concertmaster Port Cask Finish.

La distillerie Kavalan a débuté ses opérations en 2005, et à peine un an plus tard ils produisaient leur premier lot de new make sous la tutelle vigilante du Dr. Jim Swan, le master blender derrière la distillerie galloise Penderyn. Seulement trois ans plus tard, dès 2009, la distillerie parvint à mettre en marché une pléthore d’expressions à finition spéciale, telles porto, xérès et bourbon, pour ne nommer que celles-là.

De ces expressions, plusieurs, telles le Concertmaster et la série des Solist, font référence à des termes musicaux classiques afin d’illustrer l’harmonie symphonique naturelle qui doit entrer dans la composition d’un bon whisky. Leur orge est importée d’Europe, et leur eau de source provient directement des montagnes situées aux environs de la distillerie.

L’embouteillage d’aujourd’hui se nomme le Concertmaster, et son affinage spécial est celui du porto, fût dans lequel ce whisky a terminé son voyage après avoir passé la majeure partie de sa maturation en barriques de chêne américain.

Comme le disait si habilement le poète, dramaturge et prosateur romantique français Victor Hugo (1802-1885) :

La musique, c’est du bruit qui pense.

Rouille foncé, terre de sienne, témoignage de sa finition.

Nez:
Bien sûr, porto tirant sur le sherry dès qu’on met notre odorat au travail. Baies foncées avec des touches de fruit de la passion et de menthe. Légèrement vanillé et terreux.

Bouche:
Caramel fruité et punch au raisin, accentué d’un goût métallique pas mal moins l’fun.

Finale:
Plutôt courte et marquée par l’impression de mâcher de la gomme balloune tout en léchant un tuyau de cuivre.

Équilibre:
Effort honnête de la jeune distillerie taïwanaise. Ils n’ont qu’à perdre le petit goût de cuivre et crinquer le taux d’alcool un peu, et ils seront en mesure de réaliser de grandes choses.

Note: ★★★★★

#210 • Brenne Whisky

40% alc./vol.
Distillerie Brenne, Cognac, France.

On poursuit la relance avec un whisky français très jouvenceau, le Brenne Whisky.

Jeune parce que, outre avoir été seulement lancé en octobre 2012, la majorité des lots n’auraient qu’autour de sept ans, selon le producteur. Mais jeune ne veut pas dire manque de coeur, et certainement pas manque de fougue et d’audace.

En plus de jouir déjà d’un malt de qualité, Brenne se targue d’un affinage particulier. La plus grande partie de son vieillissement se fait en fûts de chêne Limousin français, pour ensuite finir son séjour dans des barils n’ayant connu rien d’autre que le plus grand des spiritueux français, des tonneaux de cognac.

Pour couronner le tout, l’entièreté de sa production est embouteillée en single casks, c’est-à-dire que chaque embouteillage provient d’un seul fût.

Tout cela, allié à un marketing très féminin, à l’image de son maître-à-penser Allison Patel, fait de Brenne Whisky quelque chose d’original et d’intrigant, ce qui explique sa popularité exponentielle.

Mais comme le disait si bien l’écrivain, romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d’art, essayiste, journaliste et imprimeur français Honoré de Balzac (1799-1850) :

En marchant les femmes peuvent tout montrer, mais ne rien laisser voir…

Couleur très pâle, comme un chardonnay. Je cherche la couleur du cognac, mais sans succès.

Nez:
Fruits, baies et anis étoilé. Clou de girofle, cannelle et chocolat à l’orange. Gingembre et pain d’épice gros comme le bras. Penche presque plus vers un gin que vers un whisky.

Bouche:
Très vineux et épicé, comme un vin chaud de Noël. Fruité avec encore gingembre et pain d’épice. Menthe et cognac dilué.

Finale:
Longue avec des accents fades de gomme balloune.

Équilibre:
Un whisky très différent de ce qui se fait communément, mais malheureusement à des lieues de ma palette de goût. Aurait mérité un taux d’alcool supèrieur.

Note: ★★★★★