#221 • Abhainn Dearg Single Malt 3 ans

46% alc./vol.
Distillerie Abhainn Dearg, Uig, Île de Lewis, Écosse

S’il y a un first world problem récurrent dans le monde de l’écriture du whisky, c’est bien qu’il y a trop des whiskys à essayer en comparaison du temps que nous avons à coucher sur papier nos évaluations. Je vais donc faire ici un retour sur les expressions d’une dégustation du Club de Scotch Whisky de Québec du 22 avril dernier, portant sur « Ces whiskys qui ont marqué l’histoire ». Nous avons entamé la soirée avec un tout nouveau malt de l’île de Lewis en Écosse, le Abhainn Dearg Single Malt 3 ans.

Ce qui rend ce whisky si particulier et qui en fait un « whisky à histoire », c’est entre autres le fait que non seulement c’est le premier malt légal à être produit dans les hébrides extérieures, mais c’est aussi le premier en plus de 170 ans à quitter l’île de Lewis.

Comme le disait de façon si auguste mon regretté ami Sir Winston Leonard Spencer-Churchill (1874-1965) :

Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l’avenir et qui, par la suite, est également capable d’expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il l’avait prédit.

D’une extrême pâleur, on en tire deux hypothèses ; soit un vieilissement en fût de bourbon, soit une jeunesse flagrante. On nous informe que le second choix est juste.

Nez:
Nez très jeune et affranchi. Un fond de mélasse nous rappelle que nous ne sommes pas très loin d’un new make. Une myriade d’arômes, pommes, figues, chêne, herbe et fleurs pour finir sur une croûte de fromage coulant, un peu comme le Secret de Maurice.

Bouche:
Sucré et huileux à l’arrivée, surfant sur des notes de mélasse, de chêne puissant et de champ de fleurs. Un fond de céréales au miel et aux noix apaise un peu son côté fougueux.

Finale:
Légèrement fade, légèrement métallique. On garde longtemps l’impression de chêne neuf en bouche.

Équilibre:
Excellent choix au niveau du taux d’alcool. Ce n’est que le début, c’est un malt qui a avantage à vieillir bien plus. Plein de promesses.

Note: ★★★★★

#220 • Glenlivet 15 ans French Oak Reserve

40% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

Pour un de mes whiskys de semaine californiens, je me suis tourné vers un classique peut-être disponible en SAQ, mais beaucoup moins cher au sud de la frontière. Dans certains commerces, on s’en tire même pour 42 dollars! Son expression de base étant un des malts les plus vendus au monde, voici avec un petit extra le Glenlivet 15 ans French Oak Reserve.

La distillerie appartient aujourd’hui au groupe Pernod-Ricard, ce qui est rigolo quand on regarde le vieillissement spécifique à cette édition.

Une bonne partie de l’assemblage de cette expression n’est qu’une version plus vieille de leur scotch phare, mais en revanche une autre portion a été soumise à une maturation en fûts de chêne français, plus précisément de chêne Limousin, une variété de baril ayant hébergé les plus grands cognacs.

Comme le disait si bien l’ex-premier ministre canadien, au pouvoir au total 21 ans, la plus longue période en tant que premier ministre dans l’histoire du Commonwealth, celui qui adorne nos billets de 50, William Lyon Mackenzie King (1874-1950) :

Ces Français sont formidables : ils font l’amour même quand ils ne sont pas saouls !

Un ambre doré orangé cuivré nous indique une maturation moyenne ou bien un baril particulier.

Nez:
Malt grillé et toffee, noisettes et amandes. Gingembre et quartiers de pomme caramélisés. On reconnaît la céréale Glenlivet, mais avec un petit je-ne-sais-quoi.

Bouche:
Plutôt gêné, pommes, cannelle et vanille. Léger et juteux, exposant amandes grillées et punch aux fruits.

Finale:
Le chêne limousin est faible et relégué à l’arrière-plan. La cannelle revient à la charge avec une bonne dose de poivre rose et de gingembre. Plutôt sèche et courte avec des notes de fruits et de noix.

Équilibre:
Vraiment pas mauvais comparé au 12 ans. Beaucoup plus doux et suave. Malgré les fûts de vin français, ça reste un autre bon whisky de semaine. Mais gardons en tête aussi que je ne paierais pas plus que son prix américain pour en avoir une bouteille non plus.

Note: ★★★★★