#225 • Glenglassaugh 37 ans 1974

56% alc./vol.
Distillerie Glenglassaugh, Portsoy, Highlands, Écosse.

Avant-dernier malt de la soirée du 22 avril dernier du Club de Scotch Whisky de Québec, ayant pour thème les « whiskys à histoire », voici un vieux de la vieille, le Glenglassaugh 37 ans 1974.

Le malt d’aujourd’hui a été produit presque 100 ans après la fondation de la distillerie en 1875. Le petit côté triste dans tout ça, c’est qu’on y mit la clé dans la porte en 1986. Appartenant alors au Groupe Edrington, des restants de Glenglassaugh entrèrent régulièrement dans la composition du Cutty Sark et du Famous Grouse.

Il y eut changement de mains depuis, et la distillerie réouvrit en 2008. Heureusement, les propriétaires précédents eurent la sagesse et la prévoyance de conserver de bons barils comme dans l’exemple dont nous parlerons ici, embouteillée en 2002.

La distillerie appartient depuis 2013 à la Benriach Distillery Company, qui détient aussi Glendronach et, vous l’aurez deviné, Benriach.

Comme le disait si bien le jongleur, humoriste de vaudeville, scénariste et acteur américain William Claude Dukenfield, dit W.C. Fields (1880-1946) :

J’adore cuisiner avec de l’alcool. J’en ajoute parfois même à la nourriture…

Son coloris ambré et orangé nous réconforte dans une belle promesse de régence du xérès.

Nez:
Sherry, bois et cerise noire. Copeaux de chêne BBQ. C’est surprenant comment on ne sent pas trop la force de l’alcool. Belles épices astringentes du xérès.

Bouche:
Il faut faire vite, car le taux d’alcool décoiffe avec une rapidité déconcertante. Un bel équilibre de vanille et miel, d’herbe et d’épices nous emporte dans un maelström de délicieuse intransigeance.

Finale:
Sherry, cerise noire et chocolat tout aussi noir pour finir sur les belles et longues épices caractéristiques des embouteillages de cette force.

Équilibre:
Excellent. Plutôt fort, mais assumé. Solide, sans peur et sans reproche. Remo sans arme et dangereux.

Note: ★★★★★

#224 • Hammer Head Czech Whisky 1989

40.7% alc./vol.
Distillerie Pradlo, Pradlo, République Tchèque.

Le whisky choisi pour entamer la seconde moitié de la soirée des « whiskys à histoire » au Club de Scotch Whisky de Québec du 22 avril dernier en est un d’une origine assez insolite, le Hammer Head Czech Whisky 1989.

Inaugurée en 1928, la distillerie tchèque Pradlo, qui atteint son apogée durant les années 80, était une distillerie nationalisée qui avait pour objectif d’imiter les procédés de fabrication de ses concurrents capitalistes écossais. Ils utilisaient une variété d’orge cultivée en Tchécoslovaquie et de l’eau de source de la région de Bohême. Le vieillissement se faisait aussi exclusivement dans des fûts de chêne tchèque neufs.

Qu’est-ce qui en fait un « whisky à histoire »? En 1989, un évènement majeur marqua l’Europe en entier : la chute du redoutable mur de Berlin. Dans tout le chaos entourant cette réunification, de nombreux fûts de Pradlo fûrent oubliés et perdus pendant près de 20 ans.

Le nom Hammer Head fût donné à ce whisky redécouvert en l’honneur du moulin utilisé pour écraser l’orge maltée, moulin qui a été installé dès le départ des opérations de la distillerie à la fin des années 20.

Comme le disait encore une fois ma muse Sir Winston Leonard Spencer-Churchill (1874-1965) :

En Angleterre, tout est permis, sauf ce qui est interdit. En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis. En France, tout est permis, même ce qui est interdit. En U.R.S.S., tout est interdit, même ce qui est permis.

Immensément pâle, comme un soir de pleine lune sur Berlin.

Nez:
Poire, kiwi, vanille, herbe. Un vent de nectarine et de punch aux fruits étouffe presque le reste. Un tout petit peu de poussière et de bois. Caramel et orange.

Bouche:
Orange, caramel, cannelle, sucre de canne. Définitivement le moment le plus agréable de ce dram.

Finale:
Fond d’agrumes éclipsé par une poignée de change. Beaucoup trop métallique à mon goût.

Équilibre:
Malheureusement pas assez dans ma palette. Belle pièce d’histoire, mais sans plus.

Note: ★★★★★