#239 • Dalwhinnie 15 ans

43% alc./vol.
Distillerie Dalwhinnie, Dalwhinnie, Highlands, Écosse.

C’est Ian Buxton dans son livre 101 Whiskies To Try Before You Die qui qualifie ce whisky de « whisky pour les gens qui n’aiment pas le whisky », ce qui illustre un peu la douceur de ce malt que j’ai essayé au Whiskies of the World Expo 2014 de San Jose, bien que disponible en SAQ, le Dalwhinnie 15 ans.

La distillerie Strathspey fut fondée en 1897, uniquement pour faire faillite au bout d’un an. Elle est rachetée cette même année et est renommée en l’honneur du village où elle fut érigée : Dalwhinnie. Signifiant « lieu de rencontre » en gaélique, cette distillerie serait selon les dires de certains une des plus hautes de l’Écosse, d’une altitude de 326 mètres.

On est dans les Highlands ou on l’est pas…

Comme l’a si bien dit une fois l’écrivain britannique Alan Alexander Milne (1882-1956) :

Tout le monde chante les louanges de la vue qu’on a du haut des montagnes, personne ne parle des vues qu’elles obstruent.

D’apparence plutôt onctueuse, le verre arbore des reflets dorés et pâles tel du blé au miel ou une tige de coton.

Nez:
Herbe, miel et vanille. Doux, doux, doux, malt et citron.

Bouche:
Incroyablement doux, presque ennuyant. Miel, herbe et citron sont toujours là, mais le tableau manque tellement d’affirmation et de caractère qu’on jurerait que son taux d’alcool est inférieur à 40%. Quelques petits fruits tentent de sauver les meubles, avec un succès modéré.

Finale:
Vague de poivre citronné à l’avant-plan. Bien au loin, à l’horizon même, une impression de bière moufette se matérialise.

Équilibre:
Ian Buxton a bien raison. Définitivement un splendide malt de débutant, mais tristement moins dans ma palette.

Note: ★★★★★

#238 • Glenmorangie Companta

46% alc./vol.
Distillerie Glenmorangie, Tain, Highlands, Écosse.

Un autre de mes coups de coeur du Whiskies of the World Expo du San Pedro Square Market à San Jose, pour lequel je n’ai eu d’autre choix que d’en ramener une bouteille au pays, fut la dernière édition spéciale privée de Glenmorangie, le Companta 1992.

Cinquième embouteillage issu de la série annuelle appelée Private Edition, Companta est l’expression gaélique pour « amitié » (on peut y distinguer aisément les racines du mot « compagnie » ou « compagnon »). Bien qu’il ne porte pas de mention d’âge, ce serait selon quelques spéculateurs un malt de 14 ou 15 ans, distillé en 1999.

La distillerie ayant bien sûr toujours été friande des affinages spéciaux, le Companta a subi un affinage en fûts de vin rouge, notamment des cépages du Grand Cru du Clos de Tart et ceux d’un vin doux naturel de Côtes du Rhône.

Comme le disait si bien l’écrivain, poète, philologue et professeur d’université anglais John Ronald Reuel Tolkien, mieux connu sous ses initiales et pour sa Terre du Milieu (1892-1973) :

Les noeuds sacrés de la vraie amitié se forment bien plus facilement sous un humble toit et dans les cabanes des bergers que dans les palais des rois.

Plus pâlotte que certains Glenmos, dont le Signet, mais tout de même rouquin.

Nez:
Forte présence du sherry, mais le vin ne tarde pas à se faire voir, sentir même. Malt et vanille.

Bouche:
Très léger et fruité. Belle vague de douce chaleur et d’épices. Délicat et enrobant, comme une belle couverture autour du feu.

Finale:
Poivrée de malt fumé, avec un déferlement de vin et de sherry.

Équilibre:
Douceur et équilibre personnifiés. Un grand drame que ce ne soit qu’une édition limitée. À la demie du prix du Signet, si vous parvenez à mettre la main dessus, vous faites une bonne affaire.

Note: ★★★★