#251 • Wild Turkey 101

50.5% alc./vol.
Distillerie Wild Turkey, Lawrenceburg, Kentucky, États-Unis

Wild Turkey 101. Non ceci n’est pas un cours magistral sur la distillerie, mais bien ma critique de cette expression. 101 parce que c’est son taux d’alcool en degrees proof, donc 50.5% selon nos voisins du sud.

C’est en 1869 que cette distillerie fut fondée, à Lawrenceburg au Kentucky, et depuis ils ont produit du whisky continuellement, sauf pendant la sombre (ou sobre) période de la prohibition (1920-1933). Ils font en plus du bourbon quelques blends ainsi que du rye.

Comme le disait si bien l’acteur, réalisateur, guitariste, scénariste et producteur de cinéma américain Johnny Depp :

Qui est le plus heureux, l’homme qui aura bravé la tempête de la vie et vécu, ou celui qui sera resté en sécurité sur la berge et se sera contenté d’exister?

Orangé, ambre foncé et riche, typiquement vieux bourbon.

Nez:
Vanille et caramel, épices du bourbon, muscade et cannelle, avec un petit nuage de crème derrière le tout. Au travers de cette valse on parvient à sentir le maïs et on dégage sur un peu de bois en retirant le nez du verre. Touche de gomme au savon.

Bouche:
Assez léger sur la langue. Caramel, vanille et fruits viennent immédiatement faire acte de présence avant d’être balayés par les épices, le citron et le maïs sucré. Fondation de chêne et toujours de maïs avec une explosion fruitée à la fin.

Finale:
Une chaleur épicée reste en bouche et se prête bien à une scène où on peut contempler un coucher de soleil sur une véranda du midwest américain. Sur une chase berçante. Ou bien sur une plage de Santa Cruz.

Équilibre:
Un bourbon au-dessus de la moyenne qui se défend admirablement bien. On dit que c’était le favori de l’auteur Hunter S. Thompson. S’il était assez bon pour le père du journalisme gonzo, difficile de lui faire bien des reproches.

Note: ★★★★★

#250 • Bruichladdich Octomore 06.1

57% alc./vol.
Distillerie Bruichladdich, Bruichladdich, Islay, Écosse

Le dernier whisky de la soirée Halloween du 3 novembre dernier au Club de Scotch Whisky de Québec était nul autre qu’une des dernières éditions de la tour noire de Barad-Dûr, j’ai nommé le Bruichladdich Octomore 06.1.

La distillerie Bruichladdich s’est inspiré d’un ancienne distillerie clandestine, celle de la ferme d’Octomore, un tout petit peu au nord de Port Charlotte, pour nommer cette série d’embouteillages expérimentaux ayant pour but d’atteindre les plus hauts taux phénoliques de l’industrie. C’est un peu un pied-de-nez aux puristes qui croient que l’âge d’un whisky fait foi de tout.

Comme le disait si bien dans la peau de Frodon Sacquet le comédien et disc jockey américain Elijah Wood :

Le Mordor, Gandalf, c’est à gauche ou à droite ?

Assez pâlotte, ce à quoi on est en droit de s’attendre de la part d’un jeune tourbé comme celui-là.

Nez:
Tourbe herbeuse et florale entrelacées avec de belles céréales sucrées-salées ainsi qu’une légère pâte d’amande. Bois brûlé.

Bouche:
Texture assez huileuse sur des notes principales de poivre et de vanille. Un peu de chêne, de pommes et de noix se développent tranquillement ensuite sur une douce vague épicée.

Finale:
Encore un peu de chêne fumé et de vanille poivrée. C’est agréable et raisonnablement long, mais ça reste limité au niveau de la complexité et de l’éventail des saveurs.

Équilibre:
Manque malheureusement de profondeur. Est-ce dû à son taux d’alcool? À son jeune âge? À son fût de bourbon? Qui sait? Difficile d’y cerner autre chose. Le contenu est aussi opaque que sa bouteille.

Note: ★★★★★