#281 • Glenlivet 16 ans Nàdurra • Batch 0614C

55.2% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

Il y a deux semaines, nous recevions la visite au Club de Scotch Whisky de Québec de M. Frank Biskupek, l’ambassadeur canadien pour Glenlivet.

Ayant déjà goûté à tous les malts de la session, je n’ai pas cru bon de sortir le carnet de notes, ne serait-ce aussi que pour profiter de cette excellente soirée sans me soucier d’en extraire une critique. Mais comme on dit en anglais the devil is in the details ; le Glenlivet Nàdurra en présence n’est pas de la même batch que celui qui a été publié ici il y a environ deux ans. Il n’affiche même pas un taux d’alcool identique! Il doit donc y avoir des différences… Allez au travail!

Comme le disait si bien l’héroïne de la Nouvelle-France Madeleine de Verchères (1678-1747):

Quand la cheminée flambe, c’est signe que le poêle tire bien.

Couleur uber-dorée et peu profonde pour son âge et son degré d’alcool.

Nez (22):
Assez plaisant sur de fortes notes d’orge juteuse et sucrée, un peu de pommes vertes, de citron et de meringue grillée au chalumeau comme dans Les Chefs. Ça ne pique pas les narines, mais on dirait tout de même qu’il faut s’attendre à un punch du tonnerre.

Bouche (22):
Pommes vertes bien juteuses et sucrées. Épices bien balancées, portant surtout sur la cannelle. Beaucoup moins fort en bouche qu’on le penserait.

Finale (23):
Fort chaleureuse sur des notes de bois, de vanille et encore de bâton de cannelle.

Équilibre (22):
Comme c’est souvent le cas dans les whiskys produits en « batch », la qualité peut souvent varier. Heureusement, dans ce cas-ci, on a droit à une maudite belle surprise.

Note ★★★★

#280 • Nikka 17 ans Taketsuru Pure Malt

43% alc./vol.
Distillerie Nikka, Yoichi, Hokkaidō,
et Aoba-ku, Sendai, Préfecture Miyagi, Japon

Je saute un peu du coq à l’âne ces temps-ci avec aujourd’hui un embouteillage que j’ai goûté en octobre dernier au WhiskyLive Toronto, un vénérable blend de la distillerie nippone Nikka, le Taketsuru Pure Malt 17 ans.

Comme les autres de la même série, cette expression a été nommée ainsi en l’honneur du pèlerin Masataka Taketsuru, fondateur de la distillerie. Il fonda Nikka en 1934 aidé de sa femme écossaise Rita. Après leur mort, leur fils adoptif Takeshi continua à faire prospérer l’entreprise familiale. L’ensemble appartient aujourd’hui au groupe brassicole Asahi, et Takeshi Taketsuru est resté à bord à titre de consultant jusqu’à son décès en décembre 2014, à l’âge de 90 ans.

Bien qu’il n’est plus coutume de nos jours d’utiliser cette appellation, du moins en Écosse, l’étiquette arbore la mention pure malt, ce qui signifie que ce blend est assemblé uniquement à partir de différents single malts, comme l’ancien terme écossais vatted malt. Les malts utilisés proviendraient des distilleries de Yoichi et de Miyagikyo.

Comme le disait si bien le peintre et sculpteur japonais Tarō Okamoto (1911-1996):

Les vieillards et les comètes ont été vénérés pour la même raison : leurs longues barbes et leurs prétentions à prédire les événements.

Chers lecteurs je vous dois des excuses car il est facile lors d’un whisky show de se ramasser rapidement en mode « cocktail-jet-set », ce qui a malheureusement tendance à écourter les critiques…

Beau roux mais moins foncé que ce à quoi je m’attends d’un sherry cask semblable.

Nez:
Xérès assez timide, fruits rouges, raisins, dattes, bois, mais juste pas assez.

Bouche:
Beau miel astringent, épices, chêne, vin de xérès juteux, retour des épices, raisins secs dorés.

Finale:
Belles épices chaudes du xérès, feuille de tabac à pipe aromatisé à la cerise noire.

Équilibre:
Un bon blend sherry cask, mais qui a peur on dirait de s’affirmer pleinement.

Note: ★★★★★