#297 • Lost Distillery Company No.1 – Auchnagie

46% alc./vol.
The Lost Distillery Company, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

Voici enfin une bonne occasion de publier cette évaluation d’un whisky que j’ai dégusté en juillet dernier, il y a presque de cela un an, le Lost Distillery Company No.1 – Auchnagie.

Pour plus de raisons que je ne pourrais en nommer ici, au fil des ans plus de 100 distilleries écossaises ont été fermées ou détruites. Lost Distillery est une compagnie qui se spécialise dans la recréation, à l’image de White & Mackay et de son whisky de l’Antarctique, de whiskys depuis longtemps disparus. Avec une attention particulière aux plus petits des détails, ils vont créer des blends qui se rapprochent le plus possible des malts d’autrefois. Leur logo comprend d’ailleurs le Triskele, ancien symbole celtique représentant la réincarnation.

Dans l’embouteillage qui nous intéresse aujourd’hui, il est question de la distillerie Auchnagie, qui a opéré pendant presque 100 ans, de 1812 à 1911. Après 7 propriétaires différents, elle ferma définitivement ses portes car aucun d’entre eux ne voulut investir pour la moderniser.

Petit fait cocasse, quand j’ai tapé le cul de ma bouteille, une particule étrange tomba dans mon verre. On aurait dit que c’est comme si le whisky n’avait pas été filtré, comme un raw cask duquel j’aurais hérité d’une particule de bois. Après une observation plus approfondie, ce n’était pas du bois ou du liège, mais bien une mouche! Et elle y a passé plusieurs années! Et la bouteille vient d’Écosse! J’ai depuis reversé le fond de mon verre dans une mignonnette afin de conserver cette mouche écossaise. Qui sait, avec les propriétés de conservation des alcools forts, un jour se la jouera t-on Jurassic Park?

Comme le disait si bien l’acteur américain Jeffrey Lynn Goldblum, dit Jeff Goldblum:

Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Paille pâle, comme une chair de pomme fraîche et croquante.

Nez:
Légère mélasse au début, mais qui se dissipe aisément pour faire place à un peu de canne à sucre, gazon, fleurs et menthe verte. Impression minérale de cooler californien pétillant. Pomme et caramel. Les céréales nous parviennent tout de même en fin de nez.

Bouche:
Texture mielleuse parsemée de fruits des champs et de menthe poivrée. Un brin de fumée ainsi qu’un petit vent salin viennent agréablement nous surprendre. Citron.

Finale:
À peine épicée, plutôt courte et âpre par endroits. Une sorte de poussière de pierre persiste. Vanille.

Équilibre:
Pas la fin du monde. Une distillerie disparue c’est toujours triste, mais parfois il y en a dont on ne s’ennuiera pas.

Note: ★★★★★

#296 • McClelland’s Highland Single Malt

40% alc./vol.
Distillerie Glen Garioch, Oldmeldrum, Highlands, Écosse

Je reviens aujourd’hui au bas de la pyramide avec une petite expression d’entrée de gamme trouvée dans le Maine, le McClelland’s Highland Single Malt.

McClelland’s est une compagnie appartenant à Morrison Bowmore Distillers (qui eux font maintenant partie du groupe Beam Suntory) qui embouteille une variété de single malts visant à représenter les régions productrices majeures de l’Écosse. Dans mes articles précédents j’ai effleuré celui du Speyside ainsi que le seul disponible en SAQ, celui de l’Islay.

Si on joue au détective, on peut spéculer sur la provenance de ces single malts. Si on prend pour acquis que McClelland’s n’embouteille que des malts lui appartenant, on peut se permettre de penser que l’expression d’aujourd’hui serait un jeune Glen Garioch.

Lors d’une de ses visites à Québec, j’ai demandé à Iain McCallum, l’ambassadeur de Morrison Bowmore, de m’éclairer sur la provenance des expressions de McClelland’s, mais pour des raisons de confidentialité et de marketing, il a poliment refusé.

Comme le disait si bien le dessinateur de comics américain Robert Kahn, mieux connu sous le nom de Bob Kane, créateur de Batman (1915-1998):

Quand une femme engage un détective privé pour suivre son mari, c’est d’abord pour savoir ce que les autres femmes peuvent bien lui trouver.

Teinte de caramel neutre.

Nez:
Vanille et sucre d’orge cachent du foin et des fruits sûrs. Zeste de citron avec un soupçon de vernis à bois. Un brin de noix et de sueur de scrotum.

Bouche:
Un peu aqueux avec une faible vanille et quelques agrumes. pommes pourries avec un petit arrière-goût métallique.

Finale:
Amère, courte et sèche. Épicée et métallique. Je ne la voudrais pas plus longue que ça.

Équilibre:
Pas si horrible que tous ceux qui l’ont essayé avant moi l’ont rapporté. Le spiritueux de base semble avoir un petit côté rédempteur, alors qu’il me semble que ce sont peut-être des fûts de mauvaise qualité qui ont gâté la sauce.

Note: ★★★★