#311 • Isle of Jura Superstition (embouteillage 2005)

45% alc./vol.
Distillerie Jura, Île de Jura, Écosse

Merci à André pour cette bouteille d’une ancienne édition, 2005 pour être précis, du mystérieux Isle of jura Superstition.

On dit que les habitants de l’île de Jura, les Diurachs, sont de nature assez superstitieuse, et ces superstitions se transmettent d’une génération à l’autre. Ils ne récoltent jamais la tourbe avant le mois de mai ont pour habitude de former les meules de foin dans le sens des aiguilles d’une montre. Ils ont choisi d’orner le devant de leurs bouteilles de l’ancienne croix d’Ankh, symbole de chance dans les îles occidentales.

Le Superstition est une expression sans mention d’âge, mais son mélange hétéroclite de malts tourbés et non-tourbés, jeunes et vieux, exclusivement faits dans d’ex-futailles de bourbon, comporte des nectars ayant jusqu’à 21 ans.

Comme le disait si bien l’acteur britannique David Suchet, mieux connu du grand public pour avoir joué le rôle d’Hercule Poirot dans la série télévisée du même nom:

J’aime passionnément le mystère, parce que j’ai toujours l’espoir de le débrouiller.

Orange bruni alléchant.

Nez:
Céréale mielleuse des îles, légère tourbe fumée plaisante mais qui sait rester à sa place. Vanille, fleurs et fruits des champs.

Bouche:
Texture moyenne et agréable. Miel, vanille et orge. Le bois de chêne et les épices prennent avec mérite l’avant-scène. Quelques signes nous révèlent j’espère l’influence de quelques fûts de xérès. La tourbe se fait plus discrète pour laisser briller le reste.

Finale:
Un brin de fumée, un tsunami d’épices, de cannelle en particulier, et de chêne. Belle longueur qui sait tout de même quand c’est l’heure de quitter.

Équilibre:
Ça réchauffe, comme son embouteillage plus récent, bien qu’on ressente une complexité légèrement supérieure.

Note: ★★★★★

#310 • Bastille 1789

40% alc./vol.
Bastille Whisky, Cognac, France.

Il y a bien longtemps, on m’a remis ce fond de bouteille à la blague, en me disant que je n’en tirerais pas grand plaisir. Après tout ce temps à procrastiner l’excécution et la parution de cette critique, voici le redouté Bastille 1789.

Le Bastille 1789 est un assemblage de whiskys français, produit dans la région de Cognac, à base d’orge maltée et de blé. Pour un style décidément plus écossais, ce whisky est distillé dans des alambics (pot stills) et est vieilli dans un amalgame de fûts de chêne limousin français, de merisier et d’acacia.

On le coterait 94/100 selon le Beverage Testing Institute! Mais avant de virer fou, arrêtons-nous et posons-nous la question à savoir c’est quoi ce BTI? En creusant un peu sur le net, il semblerait que ce soit un service de marketing plutôt qu’un panel impartial de juges…

Comme quoi il n’y a rien de mieux que de se faire sa propre opinion.

Comme le disait si bien mon grand chum le cardinal Léger:

Le whisky est une mauvaise chose, surtout le mauvais whisky.

Orange doré désaturé de façon inquiétante.

Nez:
Attaque d’alcool et de Crazy Glue, j’ai dû reculer soudainement le nez, chose que je ne fais jamais, mais le réflèxe a été plus fort que moi. Mélange plus que douteux de pâte à dents et de Crush à l’orange. Abjecte et repoussant.

Bouche:
Les fruits et les épices, entourés de solvant à peinture, prennent toute la place. Les céréales sont extrêmement difficiles à discerner, et plus je garde ce liquide en bouche, plus j’ai l’impression de nuire à ma santé, de maltraiter mon corps.

Finale:
Pas si pire au début comme finale, et on croit pouvoir la remercier d’être courte, mais elle nous dupe en nous laissant longuement en bouche un goût ranci de tuyau de cuivre oxydé et crotté.

Équilibre:
À l’aveugle j’aurais cru volontiers que ça aurait pu être autre chose qu’un whisky. Comme André, mon verre a fini dans l’évier. Je suis tellement bouleversé par cette expérience que je ne sais même pas quelle note je pourrais lui accorder. Allons-y pour un gros zéro étoiles, c’est juste bon pour l’évier. Définitivement le spiritueux le plus vil que j’aie goûté à date.

Note: ★★★★★