#339 • Bulleit Bourbon 10 ans

45.6% alc./vol.
Groupe Diageo / Lawrenceburg Distillers Indiana, Lawrenceburg, Indiana, États-Unis

La réputation du bourbon gorgé de rye d’Augustus Bulleit n’est plus à faire aujourd’hui. Mais ne pouvant s’arrêter à une seule recette, voici une édition spéciale vieillie plus longtemps, le Bulleit Bourbon 10 ans…

Il est issu d’une sélection de fûts de chêne américain carbonisés qui ont été mis spécialement de côté par Tom Bulleit lui-même pour une maturation additionnelle.

Comme le disait si bien l’acteur américain Lee Van Cleef (1925-1989):

L’adolescence commence le jour où, lorsqu’il regarde un western à la télé, un enfant préfère voir le cowboy embrasser la fille plutôt que son cheval.

Un bel ambre orangé fidèle à son emballage.

Nez:
Très doux avec épices du rye, vanille, pain chaud et bois de pin. Son vieillissement supplémentaire l’a considérablement adouci.

Bouche:
Toujours doux et sucré. Seigle et maïs, épices et chêne carbonisé. Orange confite et cannelle en puissance.

Finale:
Les oranges sucrées nous déposent sur un chemin à la poursuite des épices du seigle et du chêne, mais ces saveurs ont tendance à prendre la fuite avant que nous ne puissions pleinement en profiter.

Équilibre:
Un bourbon plus que respectable, avec un équilibre et une complexité dont il ne faut pas avoir honte. Taux d’alcool efficace, emballage vintage, maturation appropriée. Solide.

Note: ★★★★★

#338 • Forty Creek Confederation Oak Reserve

40% alc./vol.
Forty Creek Distillery, Grimsby, Ontario, Canada.

Normalement j’avais gardé la parution de cet article pour le 1er juillet, mais bon, le whisky canadien, plus particulièrement Forty Creek, ça fait pas mal Noël. J’y vais donc aujourd’hui avec le Forty Creek Confederation Oak Reserve.

À toutes les années, au-delà de ses expressions régulières, le whisky maker John Hall confectionne une édition spéciale qui n’est disponible que pendant quelques mois. Le Confederation Oak Reserve était l’édition spéciale de 2010. C’est un whisky qui a vieilli dans des fûts de chêne canadien, qui dû à leur croissance plus lente dans notre climat quasi-nordique, offrent un bois plus dense. Le terroir canadien offre donc au whisky un profil aromatique bien à lui. Ces fûts sont faits d’arbres qui poussaient non loin de la distillerie et qui d’après leur âge auraient été plantés il y a plus de 150 ans, avant la Confédération du Canada!

Comme le disait si bien Goustan de Carmélide, dit le cruel:

Allons, je suis humilié. Moi qui croyais que le Romain respectait ses ennemis, et ben non ! En voilà encore une belle désillusion. S’ils croient que c’est avec une mentalité pareille qu’ils vont fédérer le pays, on leur rend leur fric, on remonte sur les chevaux, et on leur met sur la gueule ! D’un autre côté, restituer une pareille quantité de blé, ça frise le mauvais gout, je suis désolé, ça ne se fait pas ! Ne serait-ce par respect pour les plus nécessiteux. Bon allons, après, il y a le serment : si je garde le blé, j’attaque pas ! Et ben voilà : je garde le blé, j’attaque pas; un serment c’est sacré. Oui mais ce qui m’ennuie, c’est que c’est pile le jour que j’avais choisi pour vous passer le pouvoir, c’est quelque chose, les dates, hein ! Je garde le blé, j’attaque pas, je suis sous serment. Mais vous, maintenant que vous êtes roi de Carmélide, si… s’il vous prend le goût d’aller leur dérouiller le cul, je ne vois vraiment pas comment je pourrais vous en empêcher !

À peine plus roux et foncé que le Double Barrel, à moins que ce ne soit l’ombre d’une fibre fédéraliste qui me joue des tours.

Nez:
Chêne et vanille, un peu de citron et de gingembre, poivre blanc et amandes, le tout enveloppé dans un léger drap de seigle épicé.

Bouche:
Doux sucre, quoiqu’avec sa texture un peu fade et peut-être même trop simplifiée (merci 40% d’alcool), on a tendance à en vouloir plus. Retour du chêne et du seigle, avec caramel salé et cidre de pommes.

Finale:
Semble au départ trop courte, sur des notes de toast brûlé, de fleurs et de gingembre mariné. Raisins et rye viennent nous réconforter tranquillement et reprennent le flambeau pour faire perdurer la finale.

Équilibre:
Surprenant. Un bel exemple de comment la finale peut sauver un whisky plus ou moins bien parti. Comme quoi la dernière impression peut parfois être la plus durable.

Note: ★★★★★