#013 • Aberlour 12 ans Double Cask Matured

Aberlour 12

43% alc./vol.
Distillerie Aberlour, Aberlour, Speyside, Écosse

C’est drôle que j’aie parlé de marde de pape en tant qu’analogie sur la rareté du Kilbeggan 18 ans plus tôt cette semaine, mon bon ami Benoît-XVI ayant démissionné ce matin. Il aurait donné comme raison « En ligne, c’est pas pareil »… La bonne nouvelle, c’est que dorénavant je vais pouvoir le citer…

Maintenant que ceci est derrière nous, passons à la vedette de ce soir, le Aberlour 12 ans à double maturation. Double maturation car il a vieilli onze ans en fûts de bourbon, puis a terminé sa dernière année dans des fûts de sherry espagnol, ou xérès en langage de péteux.

J’ai acheté ce scotch pendant le temps des fêtes, et comme en témoigne son niveau (il n’en reste que la moitié), il est plutôt exquis…

Nez:
Raisin, vin de glace, très fruité. C’est ce qui frappe en premier, vraisemblablement causé par les tonneaux de xérès. On prend une pause. Le deuxième nez nous révèle son orge d’origine ainsi que le chêne de sa première maturation. Si on l’hume de nouveau après une première gorgée, l’orge revient, chapeautée par le caramel et le toffee. Ça sent pratiquement les Cheerios au miel et aux noix.

Bouche:
Autant qu’au nez il me paraissait peut-être trop sucré, autant il me déroute une fois en bouche. Il s’y passe énormément de choses. La texture est mielleuse, voire même huileuse. Raisins, orge, fruits et vin de glace se mélangent admirablement et ce sans être trop toquant.

Finale:
Bonne longueur qui commence par un combo orge et caramel et qui s’étire un peu sur le sherry et le raisin. Ce n’est pas à tout casser mais je ne suis pas en train de souffrir non plus. Sans émotion.

Équilibre:
Belle montée, mais la finale fait un peu trop patate à mon goût. Je dirais que c’est le plus Kool-Aid de mes whiskys à date. Il ferait à merveille après avoir passé la tondeuse un après-midi de juillet.

Ça ne m’a pas empêché de boire la demie de la bouteille depuis le nouvel an. C’est pour les bibittes à sucre, on aime ou on aime pas..

Note:

#012 • Glenmorangie the Quinta Ruban

Glenmorangie Quinta Ruban

46% alc./vol.
Distillerie Glenmorangie, Tain, Highlands, Écosse

C’est tellement rigolo que je dois d’entrée de jeu vous balancer en pleine figure ce fait cocasse. Bien peu de gens le savent, car le reste du monde ne veulent pas le savoir, mais remarquez bien le regard complice que vous enverra la prochaine porteuse de sac à main huppé que vous croiserez, car la distillerie Glenmorangie appartient à, tenez-vous bien, Louis Vuitton! N’en parlons plus jamais… Bon, où en étais-je?

Je pourrais vous parler de la légende derrière Glenmorangie et ses seize artisans de Tain, mais je vais faire ma grosse agace et garder ça pour une autre expression. Aujourd’hui on parle du réputé Quinta Ruban. Un Quinta en portugais, c’est un domaine vinicole, plus particulièrement ceux qui produisent du porto Ruby. Et puis « rubis » en gaélique se dit ruban.

Aussi bien que deux et deux font quatre, on doit en conclure que, vu le penchant maladif de Glenmorangie pour l’affinage dans des fûts de toutes sortes, et l’étymologie du Quinta Ruban, c’est un scotch qui a été affiné dans des fûts de… porto!

Cela explique aisément sa couleur particulière, un ambre rosé presque étranger au whisky en général. Bon, on se la pète, Sláinte!

Nez:
Agrumes, noix, miel, fleurs. Très doux malgré son taux presque cask strength. Au second nez, le whisky s’ouvre sur chêne et épices. Il est moins doux cette fois-ci. Une troisième dimension finit par s’ouvrir, vanille boisée. On cherche le porto de par son nom, mais il se fait plutôt timide.

Bouche:
Une bonne claque sur la gueule! Fruité, boisé, épicé. À partir de la deuxième gorgée, on garde tout ce qui a été goûté précédemment, mais c’est là que le porto monte sur la scène…

Finale:
C’est vraiment ici, une fois sur scène, que le porto brille. Ce n’est que rendu au sommet qu’on déscend doucement dans une vague de chocolat noir à l’orange. L’image qui me reste en tête est celle de l’orange en chcolat Terry qu’on aplatit sur le comptoir.

Équilibre:
C’est un whisky qui se prend trop bien. En le goûtant de nouveau, je ne regrette pas avoir parlé du Quinta Ruban, car le timing ne pouvait pas être meilleur. C’est un whisky très… disons sensuel. Conseil de la semaine: un verre de Quinta avec deux ou trois boules en chocolat Lindt et vous allez scorer à la Saint-Valentin…

Note: