#387 • Schenley Golden Wedding

Schenley Golden Wedding

40% alc./vol.
Distillerie Schenley, Valleyfield, Québec, Canada

En ce jour de Fête Nationale, j’ai choisi de pondre une petite critique d’un whisky canadien autrefois fait dans ce qui a déjà été la dernière distillerie québécoise, le Schenley Golden Wedding.

Bien que la distillerie de Valleyfield ne serve aujourd’hui qu’à produire des whiskies destinés à l’assemblage, il fut une époque où elle produisait entre autres l’expression d’aujourd’hui.

Le Golden Wedding existe depuis 1856, mais bien peu d’âmes savent qu’il s’agissait à l’époque d’un whiskey américain! En 1920, un mec du nom de Lewis Rosenstiel fit l’acquisition d’une distillerie qui contenait par hasard quelques barriques de Golden Wedding destinées à la vente médicinale. La production fut déménagée en 1948 à Valleyfield et son appellation devint officiellement whisky canadien. De nos jours, bien que beaucoup de gens (dont moi) considèrent que c’est un whisky de bas-étage, il jouit d’un engouement insoupçonné à Terre Neuve, où il est difficile de trouver un bar qui ne le sert pas. Aïe aïe aïe, les newfies…

Comme le disait si bien justement le philanthrope et fondateur de Schenley, Lewis Solon Rosenstiel (1891-1976):

Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes.

Teinte à la hauteur de son nom.

Nez:
Peu surprenant, touche bien la plupart des notes attendues d’un whisky canadien d’entrée de gamme. Vanille, bois, alcool, léger rye, à peine quelques fruits rouges.

Bouche:
Fruits et rye épicé qui veulent racheter le nez, suivis d’un duo vanille-caramel qui se noie malheureusement dans une mer de térébenthine.

Finale:
Courte et sèche, sans être trop désagréable, mais sans être trop mémorable non plus. Fortes notes de toffee et d’épices.

Équilibre:
Pas trop cher pour ce que c’est, malgré que 40oz c’est long à passer en maudit. Morale de l’histoire, si vous vous cherchez un whisky pour cuisiner, c’est un choix plus que judicieux.

Note:

#136 • Black Velvet 3 ans

Black Velvet 3 ans

40% alc./vol.
Distillerie Schenley, Valleyfield, Québec, Canada

Belle coïncidence que ma dernière mignonnette avant de revenir à la maison vienne de la distillerie la plus près de chez nous, j’ai nommé le Black Velvet, concocté ici-même à Valleyfield, chez Schenley.

Et au prix ridicule de 99¢, comment refuser? J’avais effleuré le sujet lors de ma critique du Schenley Order of Merit 1966 le mois dernier, mais rappelons-nous qu’on en trouve des bouteilles de 1.14 litres pour 12 dollars aux États-Unis, et ce en pharmacie!

Il doit tenir une place au chaud dans le coeur des américains, car l’expression du Black Velvet de l’époque était le whisky fourni à leurs commandants de sous-marins à Midway pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les officiers l’appelaient le « Schenley’s Black Death« .

Aujourd’hui, le Black Velvet est reconnu pour être le second whisky canadien le plus vendu aux États-Unis, tout juste derrière le Crown Royal. Sa gamme comprend quatre expressions, le Black Velvet 3 ans, dont nous parlons aujourd’hui, le Black Velvet Reserve (8 ans), Le Black Velvet Toasted Caramel et tout dernièrement le Black Velvet Cinnamon Rush. Les deux dernières ont évidemment un peu de saveur rajoutée, ce qui serait scandaleux si ce n’était pas un produit canadien, la règlementation sur les whiskies canadiens permettant l’ajout d’ingrédients divers pour altérer la saveur jusqu’à concurrence de 9.09%.

Comme le disait si bien le comédien écossais Sir Sean Connery quand il a décroché son rôle dans The Hunt for Red October:

Les sous-marins atomiques ne font surface que tous les deux ans. Et uniquement pour que les marins puissent se réengager.

Couleur or cuivré à la frontière de l’orangé.

Nez:
Fruits séchés, raisins et dattes. Le rye épicé nous rentre dans le nez. Barbe à papa et caramel avec un léger caoutchouc sous-jacent.

Bouche:
Un peu de bois. Raisins, dattes et seigle. Me rappelle un Crown Royal, mais en un peu plus fade. Très fruité et sucré pour son âge.

Finale:
Peu présente, peu affirmée. Mûres et caramel. Épices. On se quitte sur une certaine amertume.

Équilibre:
Je suis agréablement étonné. Je m’attendais à la pire des merdes.

Note: