#152 • Johnnie Walker Green Label 15 ans

Johnnie Walker Green Label

43% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

La première des deux bouteilles que j’ai passées aux douanes lors de mon dernier périple aux states est un blend uniquement composé de single malts, le réputé et, si on en croit les rumeurs, en voie de disparition Johnnie Walker Green Label 15 ans.

Réputé, car contrairement à bien d’autres blends écossais, aucun whisky de grain n’entre dans la composition du Green Label. Selon Diageo, le propriétaire de la marque, seuls quatre single malts entrent dans la recette du Green Label; Un malt Talisker lui apporte sa puissance, un Linkwood sa finesse, un peu de Cragganmore pour le coeur, et son côté mystérieux serait représenté par un malt Caol Ila.

C’est pour cette raison que la compagnie ne l’affiche pas comme un blended scotch whisky, mais bien comme un blended single malt scotch whisky, ou un pure malt.

En voie de disparition car, selon certaines rumeurs, la production de ce blend aurait cessé en 2013, alors si vous pouvez mettre la main dessus, swipez-en donc une bouteille…

Comme le disait si bien l’universitaire, érudit et romancier italien Umberto Eco :

Il y a quatre types idéaux : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c’est le mélange équilibré entre les quatre.

Le verre montre une belle robe d’un cuivre riche près de la châtaigne ou du marron. Non Steve, pas la couleur. En fait oui je parle de la couleur, mais celle du whisky, pas du marron.

Nez:
Tout-de-go, impression surette avec un côté sec. Un air de citron, lime et pamplemousse à l’avant-plan, supporté par des effluves de feuilles de tabac et de terre humide. En-dessous de tout cela, on croit percevoir d’infinitésimales traces d’amande et de vanille.

Bouche:
Riche et onctueux. De jolies notes de citron s’effacent derrière un mur de crème glacée à la pistache. Le fait que cette expression titre à 43%, et non pas 40% comme bien d’autres blends, aide particulièrement à lui fournir un corps qu’elle n’aurait pas eu en d’autres circonstances.

Finale:
Retour de la vanille et du citron, enrobés d’une belle mais pas trop affirmée dose de fumée de tourbe.

Équilibre:
Éblouissante complexité pour un blend. Ses quinze ans lui vont à merveille. J’adorerais pouvoir trouver cette expression en sol québécois…

Note:

#130 • Cardhu 12 ans

Cardhu 12

40% alc./vol.
Distillerie Cardhu, Archiestown, Speyside, Écosse

Une mignonnette n’attendant pas l’autre, la prochaine sur la liste est l’expression de base de la distillerie Cardhu, un single malt de 12 ans.

La distillerie Cardhu, en gaélique « rocher noir », a été fondée en 1824 par un contrebandier du nom de John Cumming. À l’époque, la distillerie était aussi une ferme saisonnière, c’est-à-dire qu’elle produisait du whisky une fois la saison des récoltes terminée, avec le grain qui restait.

En 1885, elle fut déménagée et agrandie, avec de tout nouveaux alambics. Les vieux alambics furent vendus peu après à William Grant qui les utilisa pour démarrer la Glenfiddich. La production de Cardhu a ainsi triplé, l’excédent étant vendu à Johnnie Walker pour ses blends. En 1893 la distillerie elle-même fut vendue à Johnnie Walker. Le tout appartient aujourd’hui à Diageo.

Les deux seules expressions de Cardhu sont le single malt 12 ans et un blend maison. Tout le reste de leur production se retrouve dans votre verre de bon vieux JW.

Comme le disait si bien la journaliste américaine Helen Churchill Candee (1858-1949), survivante du naufrage du RMS Titanic:

Il y a tant d’égoïsme dans le coeur des hommes, tant d’intérêts personnels chez eux, que les belles initiatives viennent s’y briser comme les lames de la mer sur un rocher inébranlable.

Entre or pâle et ambre, avec une goutte de rosé. Plutôt clair pour son âge.

Nez:
Orge, pomme verte et vanille. Acétone, savon et menthe avec une pointe d’herbe.

Bouche:
Peu de corps. Le goût prend du temps à se présenter. Ça commence par les épices, pour ensuite passer par caramel, menthe, chêne, noix et sel en finissant par une forte impression métallique.

Finale:
Comme un poignée de monnaie dans la bouche.

Équilibre:
Incroyablement surestimé et surévalué. Chapeau à Johnnie Walker pour avoir trouvé un profil utilisable dans ce malt.

Note: