#360 • Johnnie Walker Explorer’s Club – The Spice Road

Johnnie Walker The Spice Road

40% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

L’été dernier, chez Québec Whisky, on a eu droit à une dégustation sous le signe des grands explorateurs. Des whiskys qui auraient plu à Indiana Jones.

Johnnie Walker a mis en marché en 2015 une collection thématique exclusive aux grands voyageurs des boutique hors-taxes. La collection Explorer’s Club comprend quatre embouteillages, dont celui d’aujourd’hui, un hommage aux marchés d’épices sur les vieilles routes mercantiles traversant l’Inde et la Chine empruntées par les premiers ambassadeurs des whiskys de John Walker & Sons, le Johnnie Walker Explorer’s Club – The Spice Road.

Il est de mise ici de réciter la litanie contre la peur du Bene Gesserit:

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

Cannelle riche et dorée tel qu’on imagine le Mélange.

Nez:
Caramel, vanille et onctueux toffee. Dattes et raisins secs dévoilant une vérité ou deux sur son fût d’origine. Chêne et chocolat noir, un brin de fleur de sel.

Bouche:
Céréales juteuses à souhait. Toffee, orange et chocolat. Raisins, dattes et caramel épicé. Une exquise symphonie.

Finale:
Moyennement longue et chaude, sur des notes de muscade, de raisins et de chocolat noir. On reste sur le chêne, les pruneaux, les fruits secs et un peu de cannelle. Impression d’un gâteau Reine Elizabeth.

Équilibre:
Un Johnnie Walker d’une grande finesse, provenant de fûts d’une rare qualité. Kull Wahad!

Note:

#243 • Johnnie Walker Double Black

johnnie walker double black

40% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

Un autre shout-out à Pierre-Luc qui a ramené un beau produit trouvé en Floride, qui est depuis peu disponible en SAQ, le doublement sombre mais tout aussi appétissant Johnnie Walker Double Black.

Le Black Label original a été conçu en 1909 et est aujourd’hui selon Diageo le blend écossais le plus vendu au monde.

Inspiré de ce dernier, le Double Black tente d’intensifier les arômes et saveurs de tourbe et de fumée en utilisant entre autres une maturation en vieux fûts de chêne fortement carbonisés.

Comme le disaient si bien les deux frères fondateurs du groupe de hard rock AC/DC, Malcolm et Angus Young :

Aimez les choses à double sens, mais assurez-vous bien d’abord qu’elles ont un sens.

Ambre foncé +1 sur un JW Black régulier.

Nez:
Caramel et beurre salé, chêne brûlé. Traces de fleurs, de cuir et de charbon. Semble timide comparé à l’aspect sinistre de la bouteille. Le emo des Johnnie Walker?

Bouche:
Peu de corps, plutôt léger, voire même insipide. Oignons caramélisés et cassonade brûlée. Cendré mais à peine terreux et tourbé.

Finale:
Une fumée amère transporte des notes de pneu brûlé et d’écorce d’orange.

Équilibre:
Un bel effort ici encore une fois, mais je m’attendais à beaucoup plus. Dans mon livre à moi, le JW Black original est supérieur. Montez-moi ça à au moins 43% d’alcool et on va peut-être retourner à la table des négociations.

Note:

#152 • Johnnie Walker Green Label 15 ans

Johnnie Walker Green Label

43% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

La première des deux bouteilles que j’ai passées aux douanes lors de mon dernier périple aux states est un blend uniquement composé de single malts, le réputé et, si on en croit les rumeurs, en voie de disparition Johnnie Walker Green Label 15 ans.

Réputé, car contrairement à bien d’autres blends écossais, aucun whisky de grain n’entre dans la composition du Green Label. Selon Diageo, le propriétaire de la marque, seuls quatre single malts entrent dans la recette du Green Label; Un malt Talisker lui apporte sa puissance, un Linkwood sa finesse, un peu de Cragganmore pour le coeur, et son côté mystérieux serait représenté par un malt Caol Ila.

C’est pour cette raison que la compagnie ne l’affiche pas comme un blended scotch whisky, mais bien comme un blended single malt scotch whisky, ou un pure malt.

En voie de disparition car, selon certaines rumeurs, la production de ce blend aurait cessé en 2013, alors si vous pouvez mettre la main dessus, swipez-en donc une bouteille…

Comme le disait si bien l’universitaire, érudit et romancier italien Umberto Eco :

Il y a quatre types idéaux : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c’est le mélange équilibré entre les quatre.

Le verre montre une belle robe d’un cuivre riche près de la châtaigne ou du marron. Non Steve, pas la couleur. En fait oui je parle de la couleur, mais celle du whisky, pas du marron.

Nez:
Tout-de-go, impression surette avec un côté sec. Un air de citron, lime et pamplemousse à l’avant-plan, supporté par des effluves de feuilles de tabac et de terre humide. En-dessous de tout cela, on croit percevoir d’infinitésimales traces d’amande et de vanille.

Bouche:
Riche et onctueux. De jolies notes de citron s’effacent derrière un mur de crème glacée à la pistache. Le fait que cette expression titre à 43%, et non pas 40% comme bien d’autres blends, aide particulièrement à lui fournir un corps qu’elle n’aurait pas eu en d’autres circonstances.

Finale:
Retour de la vanille et du citron, enrobés d’une belle mais pas trop affirmée dose de fumée de tourbe.

Équilibre:
Éblouissante complexité pour un blend. Ses quinze ans lui vont à merveille. J’adorerais pouvoir trouver cette expression en sol québécois…

Note:

#130 • Cardhu 12 ans

Cardhu 12

40% alc./vol.
Distillerie Cardhu, Archiestown, Speyside, Écosse

Une mignonnette n’attendant pas l’autre, la prochaine sur la liste est l’expression de base de la distillerie Cardhu, un single malt de 12 ans.

La distillerie Cardhu, en gaélique « rocher noir », a été fondée en 1824 par un contrebandier du nom de John Cumming. À l’époque, la distillerie était aussi une ferme saisonnière, c’est-à-dire qu’elle produisait du whisky une fois la saison des récoltes terminée, avec le grain qui restait.

En 1885, elle fut déménagée et agrandie, avec de tout nouveaux alambics. Les vieux alambics furent vendus peu après à William Grant qui les utilisa pour démarrer la Glenfiddich. La production de Cardhu a ainsi triplé, l’excédent étant vendu à Johnnie Walker pour ses blends. En 1893 la distillerie elle-même fut vendue à Johnnie Walker. Le tout appartient aujourd’hui à Diageo.

Les deux seules expressions de Cardhu sont le single malt 12 ans et un blend maison. Tout le reste de leur production se retrouve dans votre verre de bon vieux JW.

Comme le disait si bien la journaliste américaine Helen Churchill Candee (1858-1949), survivante du naufrage du RMS Titanic:

Il y a tant d’égoïsme dans le coeur des hommes, tant d’intérêts personnels chez eux, que les belles initiatives viennent s’y briser comme les lames de la mer sur un rocher inébranlable.

Entre or pâle et ambre, avec une goutte de rosé. Plutôt clair pour son âge.

Nez:
Orge, pomme verte et vanille. Acétone, savon et menthe avec une pointe d’herbe.

Bouche:
Peu de corps. Le goût prend du temps à se présenter. Ça commence par les épices, pour ensuite passer par caramel, menthe, chêne, noix et sel en finissant par une forte impression métallique.

Finale:
Comme un poignée de monnaie dans la bouche.

Équilibre:
Incroyablement surestimé et surévalué. Chapeau à Johnnie Walker pour avoir trouvé un profil utilisable dans ce malt.

Note:

#107 • Johnnie Walker Red Label

JW Red Label

40% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

Plusieurs raisons m’ont poussé à y aller cette fois pour une critique du blend le plus vendu au monde, le cocktail mixer parfait, le Johnnie Walker Red Label.

Premièrement j’en ai pris deux verres la semaine dernière au mariage de mon collègue Harpy, que je félicite et que je salue d’ailleurs. Deuxièmement la mignonette est juste $3.40 en SAQ. Troisièmement je peux faire coïncider cette critique avec la critique communautaire virtuelle de r/scotch de cette semaine.

Bien que le Black Label est selon certains le whisky que préférait mon grand chummy Winston Churchill, beaucoup d’historiens se spécialisant dans ce singulier personnage affirment plutôt que mon bien-aimé Winston Spencer se faisait un beau cocktail à base de Red tous les matins, mix que sa fille appelait affectueusement le Papa Cocktail. Il s’agissait d’un fond de Red Label surplombé de beaucoup d’eau. Leonard tétait ce drink jusqu’à midi tout en dirigeant un empire britannique en guerre.

Et vu qu’il se retourne sûrement dans sa tombe en nous entendant parler de lui ainsi, il aurait dit en pareilles circonstances:

Le secret de ma vitalité ? Je n’ai dans le sang que des globules rouges : l’alcool a tué depuis belle lurette tous mes globules blancs…

Je lève mon verre au soleil devant le lac et j’admire sa couleur d’un cuivre sombre et profond, voire même bruni.

Nez:
Toffee sec et brûlé souligné par l’influence du grain. Notes de cuir fumé avec une touche de pomme. Ça m’évoque un peu de l’asphalte ou bien un parfum cheap.

Bouche:
Juteux à souhait. Sucré avec un côté vanille hyper présent. Les céréales sont toutefois au rendez-vous, mais le sucre est tellement épais que ça lui coûte quelques points.

Finale:
Trop courte avec une infime vague de fumée qui accompagne un aspect malté présent à l’arrière-plan depuis le tout début.

Équilibre:
C’est parfois bon de laisser une chance au coureur. Ce JW n’est pas bon que pour les cocktails.

Note:

#102 • Johnnie Walker Black Label 12 ans

JW Black Label

40% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

Aujourd’hui même marque le 40e anniversaire de décès du maître en arts martiaux Bruce Lee. Johnnie Walker a regroupé une fine équipe de spécialistes en animation par ordinateur et a décidé de l’honorer par une jolie pub, que je mets en lien plus bas (mettez les sous-titres anglais, il y a un message somme toute inspirant).

Ce qui est bien à propos pour ma critique d’aujourd’hui, celle du plébien et savoureux Johnnie Walker Black Label. C’est le second blend de Johnnie Walker le plus vendu au monde, juste derrière le Red Label. Il est composé d’au-dessus de 40 whiskys, le plus jeune d’entre eux étant vieilli 12 ans.

Il est aussi fort intéressant de noter qu’on y fait référence à plusieurs endroits dans la culture populaire, par exemple: Le Black Label est le scotch de prédilection du personnage d’Alec Baldwin dans la série 30 Rock, et c’est aussi le whisky que boit Harrison Ford dans le chef d’oeuvre de la sci-fi Blade Runner.

Mais la croyance la plus répandue est celle que le Johnnie Walker Black Label aurait été le breuvage de prédilection de mon grand ami Sir Winston Leonard Spencer-Churchill, qui aurait dit en pareilles circonstances:

Après la guerre, deux choix s’offraient à moi : finir ma vie comme député, ou la finir comme alcoolique. Je remercie Dieu d’avoir si bien guidé mon choix : je ne suis plus député !

Orange vif, ambre de feu. Beau blend.

Nez:
Un délicat côté médicinal sur le cuir frappe d’entrée de jeu. Par la suite le coeur est de tarte aux pommes et sucre d’orge, pour compléter avec une touche de fumée.

Bouche:
Moins fumé qu’au nez. Miel sucré et canne à sucre. Juteuses épices avec un fini de crème brûlée.

Finale:
Chaude et épicée. Pourrait durer d’avantage, surtout qu’on se délecte des subtils arômes sucrés qui reviennent à la fin.

Équilibre:
Un rapport qualité-prix d’une robustesse impressionnante. Churchill avait du goût. Mais ça on le savait déjà…

Note: