#390 • Highland Park 21 ans

47.5% alc./vol.
Distillerie Highland Park, Kirkwall, Orkney, Écosse.

Nous avons ici une des plus vieilles expressions du portfolio régulier de la distillerie Highland Park, un superbe 21 ans d’âge.

C’est un embouteillage qui est considéré par beaucoup d’experts comme étant un whisky phare de cette distillerie. Personnellement j’ai de la misère à qualifier une bouteille à 400$ de whisky phare, mais bon…

Élaboré initialement pour les marchés hors-taxes, on peut être bien contents qu’il est finalement offert à tous les marchés. Il a après tout remporté le prix de Best Single Malt of the Year aux World Whisky Awards 2009.

Comme le disait si bien l’ingénieur en informatique Alekseï Leonidovitch Pajitnov, connu pour avoir créé le jeu de puzzle Tetris (1956-):

Les mots de passe sont comme les sous-vêtements. On ne devrait pas les laisser trainer là où des personnes pourraient les voir. On devrait les changer regulièrement. On ne devrait pas les prêter aux autres.

Ambré à souhait. Un vénérable Highland Park.

Nez:
Xérès, fruits, miel, bruyère, orge et chocolat. Très racé et approchable à la fois. Léger bois sec.

Bouche:
Douce symphonie de miel, d’épices, de bois, d’orge et de bruyère. Extrêmement goûteux et balancé.

Finale:
La douce fumée de bruyère nous transporte longuement sur des notes de cuir, de céréales, de gingembre et de bois. Orange, miel et eau de rose complètent le tableau.

Équilibre:
Raffiné, subtil et parfaitement balancé. Presque aussi céleste que le 18 ans.

Note:

#284 • SMWS 4.181 Highland Park 16 ans

SMWS 4.181

54.6% alc./vol.
Distillerie Highland Park, Kirkwall, Orkney, Écosse

« A muscle man from Orkney ».

Un autre embouteillage de la Scotch Malt Whisky Society s’offre à nous aujourd’hui.

La Scotch Malt Whisky Society, ou SMWS, est le plus grand club de whisky au monde, avec plus de 26 000 membres répartis dans 16 pays. Avec leurs racines au Royaume-Uni, ils sont tellement étendus qu’ils peuvent se permettre d’acheter des fûts de whisky et de les embouteiller afin de les vendre exclusivement à leurs membres.

Toujours des single casks, embouteillés cask strength, sans aucune mention de la distillerie, leurs expressions sont toujours très prisées et encensées. Bien que le pourcentage d’alcool et l’âge du whisky soient indiqués sur la mystérieuse bouteille, aucune mention de la distillerie d’origine ne s’y retrouve. Le seul indice de son origine est sous la forme d’un cryptique code impossible à déchiffrer à mois d’avoir accès à la légende appropriée.

Il s’agit ici d’un non-négligeable Highland Park de 16 ans d’âge qui est affublé du sobriquet « Un monsieur muscle des Orcades ». Avec tous ces indices, sommes-nous en droit de s’attendre à un autre Highland Park Thor?

Comme le disait si bien le peintre symboliste et expressionniste allemand Franz von Stuck (1863-1928):

Un homme est plus un homme par les choses qu’il tait que par celles qu’il dit.

Quand même foncé, oscillant entre un vrai marron et une table de salon acajou.

Nez:
Une grosse effluve de mélasse ouvre le bal et cache bien un caractère puissant et racé des xérès les plus foncés. Raisins, dattes, épices et tout le bataclan sont non seulement au rendez-vous, mais à la ligne de front en criant freedom!

Bouche:
Assez ample et chaud, agréable au début, mais les notes de sherry viennent prendre une place immense, trop même, pour ne laisser que le bois brûlé et le toffee échappé et oublié trop longtemps dans le grille-pain.

Finale:
Longue et violente avec des pointes trop acérées de raisin toasté et de bois carbonisé. Quand notre bonne vieille feuille de tabac du sherry cask devient un vieux mégot de cigarette.

Équilibre:
Une des pentes descendantes les plus abruptes que j’ai vu à date. Nez superbe, bouche trop déchaînée et finale lancinante. Le parfait exemple d’un malt qui aurait dû être dilué sous la barre des 50% d’alcool. Beaucoup trop chest-bras.

Note:

#269 • Highland Park 15 ans Freya

Highland Park Freya

51.2% alc./vol.
Distillerie Highland Park, Kirkwall, Orkney, Écosse.

On dit qu’il faut toujours terminer avec un moment fort, alors nous avons arrondi la dégustation Highland Park du 16 décembre au Club de Scotch Whisky de Québec avec deux embouteillages de 15 ans de la fameuse Valhalla Collection, le Highland Park Freya et le Highland Park Loki. Le Loki ayant déjà fait l’objet d’une évaluation plus tôt cette année, nous mettrons aujourd’hui la loupe au-dessus du Freya.

Après Thor et Loki, Freya est le troisième et avant-dernier opus de la Valhalla Collection. Il est nommé ainsi en hommage à la déesse de l’amour, qui serait aussi la femme d’Odin, bien que ce point soit encore débattu à ce jour parmi les historiens et experts en mythologie scandinave et norroise.

L’emballage du Freya est composé d’un écrin de bois évoquant la forme d’un drakkar viking comme ses prédécesseurs, et la bouteille elle-même est teintée de vert pour renforcer l’image iconique de l’aurore boréale, phénomène septentrional typique des Orcades, entre autres lieux.

On dit que ce whisky aurait été élaboré au départ pour servir pour des blends. De la tourbe du continent aurait servi à sécher l’orge, et la maturation eut lieu à Glasgow. Donc bien qu’il serait faux de dire que ce single malt ne serait techniquement pas orcadien, on dirait que HP s’est rendu compte qu’il était beaucoup trop bon pour finir dans un blend.

Comme le disait si bien l’astronome allemand Johannes Fabricius (1587-1617):

Une boussole, c’est un peu con. Ça indique le Nord alors que tout le monde préfère le Sud.

Très jaune pour un HP.

Nez:
Plutôt diffus dans son ensemble. On discerne tout de même des fleurs, du miel et de l’orge, ainsi que du thé, des agrumes, du caramel et du poivre. Peu ou pas de fumée.

Bouche:
Assez huileux et affirmé à l’entrée en bouche. Épices, toffee, céréales, herbe, miel, citron et sel. Vraiment pas ce à quoi on s’attend normalement de la distillerie.

Finale:
Amertume un peu métallique. La sensation s’étire avec des notes de fruits sûrs, de pamplemousse et de vanille.

Équilibre:
Qu’avez-vous donc fait à mon Highland Park? Déstabilisant est un mot faible. Un malt peu complexe qui se développe plutôt maladroitement. Une expérience qui semble s’éloigner de toutes les valeurs de la distillerie.

Note:

#268 • Highland Park Vintage Collection 1978

Highland Park 1978

47.8% alc./vol.
Distillerie Highland Park, Kirkwall, Orkney, Écosse.

On a poursuivi la dégustation Highland Park du 16 décembre dernier au Club de Scotch Whisky de Québec avec une des expressions les plus âgées de la distillerie qui ait passé par le club à date. Après avoir séjourné près de 33 ans en fût, voici le Highland Park Vintage Collection 1978.

Embouteillage en édition limitée exclusif au marché hors-taxes, le 1978 est offert dans un séduisant coffret en bois de péteux gravé avec une imagerie classique d’inspiration viking exhibant des drakkars, des oiseaux et des serpents de mer. Les autres expressions de la collection comprennent entre autres le 1998, le 1993, le 1990 et le 1973. Tous sont le résultat d’un vieillissement en proportions subtilement différentes de chêne américain et européen de premier et de second remplissage.

Avec en plus le choix judicieux du taux d’alcool, difficile de rater son coup.

Comme le disait si bien le cardinal Léger à sa servante:

Les mots sont comme les glands… Chacun d’eux ne donne pas un chêne, mais si vous en plantez un nombre suffisant, vous obtiendrez sûrement un chêne tôt ou tard.

Orange très foncé, comme une terre de sienne empreinte de caractère.

Nez:
Un faible sherry bien balancé par un duo de miel et d’orge s’offre à nous d’entrée de jeu. Un mélange d’épices et de sucre à la crème vient arrondir l’ensemble, aidé d’une pointe de fumée et d’orange quasi-imperceptible.

Bouche:
Orange, clémentine, pêche, miel, épices, dattes, cannelle, xérès, vraiment splendide. De belles notes de bruyère mielleux surplombent la fête.

Finale:
Ici les épices soutiennent le reste. Le xérès revient au galop et perdure sur une planche de chêne trempée dans le miel.

Équilibre:
Impossible de se tromper, on a affaire ici à un parfait exemple du savoir-faire impressionnant de Highland Park. Tout y est balancé de façon sublime. C’est malheureusement un malt que je ne risque pas de revoir de sitôt.

Note:

#267 • Highland Park Sigurd

Highland Park Sigurd

43% alc./vol.
Distillerie Highland Park, Kirkwall, Orkney, Écosse.

Après une courte pause, on entame la seconde moitié de la dégustation Highland Park du Club de Scotch Whisky de Québec avec un autre patibulaire troufion de la Warrior Series, le Highland Park Sigurd.

Sigurd était un des vikings les plus redoutables de l’Orkneyinga Saga. Son épée, dotée d’une réputation aussi légendaire que ce dernier, se nommait Gram, ce qui signifie « courroux » en vieux norrois. Cette lame adorne d’ailleurs la bouteille et son gracieux coffret de bois.

Une maturation à plus forte proportion de chêne européen ainsi qu’un taux d’alcool qui titre à 43% offrent au Sigurd des notes plus riches en complexité et en finesse, et en font une expression à la hauteur de son inspiration.

Comme l’a déjà dit autrefois l’héroïne française Jeanne d’Arc (1412-1431):

Le foie de mon ennemi est le fourreau de mon épée.

Doré et riche sur de légers reflets de rouille cuivrée.

Nez:
Toutes les justes notes d’un classique fût de sherry, raisins, dattes, feuilles de tabac, chêne, épices, le tout harmonieusement enlacé dans des pointes de bruyère mielleux typiques de Highland Park.

Bouche:
Un brin fumé, mais toujours doux, mielleux et herbeux, ponctué de pruneaux et de bois de chêne, de toffee brûlé et de raisins secs. Vanille.

Finale:
Longue, chaleureuse et juteuse. Chêne, xérès et une touche de fumée viennent compléter le portrait. Épices et tourbe.

Équilibre:
Un embouteillage très fin et apaisant. En vaut-il le prix? Peut-être, mais pour cela encore faudrait-il qu’il soit un peu plus disponible par ici.

Note:

#266 • Highland Park Dark Origins

Highland Park Dark Origins

46.8% alc./vol.
Distillerie Highland Park, Kirkwall, Orkney, Écosse.

C’est au quatrième scotch servi le 16 décembre dernier au Club de Scotch Whisky de Québec que les choses ont commencé à se corser. Lors de la dégustation spéciale Highland Park préparée par André, juste avant la pause nous avons eu droit au tout dernier rejeton de la distillerie, dans sa bouteille d’inspiration Assassin’s Creed, voici le lugubre Highland Park Dark Origins.

C’est un embouteillage qui rend hommage à Magnus Eunson, le fameux contrebandier de whisky qui a fondé Highland Park, dont j’ai relaté les exploits à une ou deux reprises sur ce blogue…

Bon tant qu’à partir dans les contes et légendes… On raconte qu’une nuit, alors qu’il ramenait dans un chariot tiré par ses chevaux des tonnelets de whisky à son village, Magnus serait tombé sur un percepteur d’impôts en patrouille qui lui demanda de payer son dû à la couronne. Magnus lui répondit qu’il le ferait avec plaisir une fois rendu au village, où il pourrait décompter la cargaison et payer les sommes dûes depuis son foyer. De plus, ça leur ferait l’un et l’autre de la compagnie pour la route…

Une fois Magnus et le fonctionnaire en route et bien engagés dans la conversation, une poignée d’hommes de main de Magnus approchèrent discrètement de l’arrière du chariot et le déchargèrent un par un de ses tonnelets de whisky illégal. Une fois arrivés à destination, quand le percepteur demanda de nouveau à Magnus de s’acquitter de ses droits sur son whisky, ce dernier n’eut qu’à répondre « mais quel whisky? »…

Le Dark Origins est assemblé avec une proportion de fûts de xérès espagnol deux fois plus grande que le 12 ans d’âge standard de la distillerie, ce qui lui donnerait une teinte et un goût plus riche et plus prononcé.

Comme le disait si bien l’écrivain, poète, traducteur et dissident soviétique Iouli Markovitch Daniel (1925-1988):

L’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. A lui de choisir entre le royaume et les ténèbres.

Or cuivré et brunâtre qui se veut à la hauteur de son nom. Caramel brûlé.

Nez:
Xérès en puissance bardé de sel de mer, marqué aussi d’un petit côté stagnant qui me rappelle certains Bruichladdich. Une belle base astringente pimentée par la richesse d’une juteuse salade de fruits. L’orge ressort en fin de nez.

Bouche:
Sa douceur n’a d’égal que sa texture riche et huileuse. Le malt grillé y est bien admirablement représenté, suivi de sel, de dattes et de raisins.

Finale:
Un air marin, différent de celui de Bowmore, et une vieille planche sèche de futaille de sherry. Impression poussiéreuse de craie qui ne fait surface habituellement que dans les vieux vieux sherry casks.

Équilibre:
Un excellent dram et une belle direction pour HP. Certains vont encore se plaindre que c’est un autre NAS (no age statement), mais il faut bien se faire à l’idée que c’est tranquillement le chemin qu’emprunte inexorablement l’industrie entière du scotch whisky.

Note: