#277 • Glenlivet Single Cask Tomnabat Hill 14 ans

Glenlivet Tomnabat Hill

59.5% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

Enfin arrive en SAQ une bouteille que j’ai eu l’honneur d’essayer avec l’ambassadeur Frank Biskupek à Whisky Live Toronto l’automne dernier, un Glenlivet single cask, le Tomnabat Hill 14 ans d’âge.

Tomnabat Hill est une des collines entourant la distillerie Glenlivet, arrière-scène pour bien des histoires de contrebande de whisky à la Magnus Eunson de Highland Park. Glenlivet se sert de cette imagerie pour accompagner une des seules expressions single cask de son histoire récente. Provenant du fût #32171, cette bouteille tape à pas moins de 59.5% d’alcool!

Bien que Glenlivet soit une distillerie qui est bien représentée à la SAQ, et que le reste du monde doit probablement avoir droit à des embouteillages différents, le Tomnabat Hill reste une exclusivité canadienne.

Comme le disait si bien le cardinal Léger à sa servante:

Pour le vieil homme, chaque colline est une montagne.

Putain, encore un bel ambre neutre qui ne laisse pas voir son jeu.

Nez:
Sherry doux et subtil. Fruits dans leur sirop. L’influence du chêne se fait bien sentir. De légères touches de vanille, fraise et cantaloup essaient de se faire voir.

Bouche:
Caramel et miel, touche de fumée épicée surfant sur le chêne, chocolat, orange, melon miel et cannelle Glenlivetienne.

Finale:
Longue, chaleureuse et épicée, forte de son héritage du fût de xérès.

Équilibre:
Un sherry cask surprenant, surtout venant d’une distillerie de laquelle on ne s’attend pas souvent à ce genre de truc. Cask strength et single cask en plus, cette expression ne lésine pas sur les moyens d’amasser des points.

Note:

#232 • Glenlivet 18 ans

Glenlivet 18

43% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

Mon second choix du Whiskies of the World Expo de San Jose s’arrêta sur une expression tout de même disponible par chez nous, le bon vieux Glenlivet 18 ans.

Certains me diront que j’aurais dû y aller pour des trucs plus exclusifs, mais l’expo étant plus petite qu’à San Francisco et le choix étant plus limité, je me suis dit que je prendrais des embouteillages à propos desquels je n’avais jamais écrit un mot.

En général, le malt Glenlivet est vieilli en fûts de bourbon, mais dans le cas présent entre 12 et 13% du volume provient d’une maturation en tonneaux de xérès. C’est de plus la première expression dans la lignée principale de la distillerie à dépasser les 40% d’alcool.

Un autre fait intéressant à noter au sujet de ce scotch reste que c’est aisément l’un des single malts les plus abordables ayant atteint la marque des 18 ans d’âge.

Comme le disait si éloquemment le politicien et poète espagnol Íñigo López de Mendoza y de la Vega, marquis de Santillane (1398-1458) :

Dans la vie, parfois, il est préférable d’avoir affaire à un médiocre disponible plutôt qu’à un génie occupé.

Doré, foncé, onctueux et gras.

Nez:
Malt à peine fumé, laissant place aux céréales. Citron, vanille et crème anglaise. On parvient à percevoir avec un peu d’effort le plus léger des cuirs.

Bouche:
Malt sucré. Très doux. Trop doux? Miel et très peu d’épices. Pommes et amandes. Quand même une belle texture, héritage de sa portion en fût de xérès.

Finale:
Infime fumée et épices qui se dépêchent à quitter après un malaise à table. Serait-il trop vieilli?

Équilibre:
Le 15 ans a plus de caractère. Serait-ce le fût de limousin? ou peut-être aurait-on pu juste l’embouteiller à 46% pour un peu plus de couilles?

Note:

#220 • Glenlivet 15 ans French Oak Reserve

Glenlivet 15

40% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

Pour un de mes whiskys de semaine californiens, je me suis tourné vers un classique peut-être disponible en SAQ, mais beaucoup moins cher au sud de la frontière. Dans certains commerces, on s’en tire même pour 42 dollars! Son expression de base étant un des malts les plus vendus au monde, voici avec un petit extra le Glenlivet 15 ans French Oak Reserve.

La distillerie appartient aujourd’hui au groupe Pernod-Ricard, ce qui est rigolo quand on regarde le vieillissement spécifique à cette édition.

Une bonne partie de l’assemblage de cette expression n’est qu’une version plus vieille de leur scotch phare, mais en revanche une autre portion a été soumise à une maturation en fûts de chêne français, plus précisément de chêne Limousin, une variété de baril ayant hébergé les plus grands cognacs.

Comme le disait si bien l’ex-premier ministre canadien, au pouvoir au total 21 ans, la plus longue période en tant que premier ministre dans l’histoire du Commonwealth, celui qui adorne nos billets de 50, William Lyon Mackenzie King (1874-1950) :

Ces Français sont formidables : ils font l’amour même quand ils ne sont pas saouls !

Un ambre doré orangé cuivré nous indique une maturation moyenne ou bien un baril particulier.

Nez:
Malt grillé et toffee, noisettes et amandes. Gingembre et quartiers de pomme caramélisés. On reconnaît la céréale Glenlivet, mais avec un petit je-ne-sais-quoi.

Bouche:
Plutôt gêné, pommes, cannelle et vanille. Léger et juteux, exposant amandes grillées et punch aux fruits.

Finale:
Le chêne limousin est faible et relégué à l’arrière-plan. La cannelle revient à la charge avec une bonne dose de poivre rose et de gingembre. Plutôt sèche et courte avec des notes de fruits et de noix.

Équilibre:
Vraiment pas mauvais comparé au 12 ans. Beaucoup plus doux et suave. Malgré les fûts de vin français, ça reste un autre bon whisky de semaine. Mais gardons en tête aussi que je ne paierais pas plus que son prix américain pour en avoir une bouteille non plus.

Note:

#047 • Glenlivet 12 ans

Glenlivet 12

40% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

Peu importe le domaine, il est toujours bon de prendre une pause et d’effectuer une introspection, voire même un retour aux sources, comme on dit. Parfois on le fait volontairement, et d’autres fois c’est la vie qui nous met devant le fait accompli.

Merci au toujours excellent Bouchon du Pied Bleu de se faire un point d’honneur de garder en tout temps au moins un scotch dans leur alignement convivial de digestifs. Cette semaine ce scotch était en l’occurrence mon tout premier scotch, parce qu’on se rappelle tous de sa première fois, le bon vieux Glenlivet 12 ans.

Ce n’est curieusement pas celui qui m’a séduit en premier et fait entrer dans l’univers du whisky. Celui-là on se le garde pour plus tard… Du coup j’ai étiré mon Glenlivet plus longtemps qu’il aurait fallu, et j’ai même fait sauter des champignons avec. Ça pourrait paraître blasphématoire ou mécréant aux yeux de certains péteux, mais disons qu’en tant que gars qui ajoute du Nectar d’Or à sa fondue au fromage, je pense avoir dépassé le stade de l’insurrection.

Et puis tant qu’à semer le trouble, j’y vais de surcroît avec une photo dénichée sur la toile (*Edit: Merci à Pierre Lahoud qui m’a fait cadeau d’une bouteille. Beaucoup de plaisir et en boni l’occasion de prendre mon propre cliché). Mais comme l’a si bien autrefois articulé le philosophe allemand Emmanuel Kant, dont c’était l’anniversaire hier:

Si on a commencé le bal, il faut s’attendre à ce que la danse continue…

Nez:
Orge et vanille dominés par le gazon jauni lors d’un été particulièrement sec.

Bouche:
En ordre décroissant: vanille, épices, agrumes. Me rappelle vaguement un Glenfiddich 12. Les saveurs sont là mais sans aucune évolution.

Finale:
De très timides épices déscendent tranquillement. Pourtant se marie bien avec les fromages.

Équilibre:
Avec un espoir de rédemption au nez qui se dégonfle rapidement en finale, je vais sans aucun scrupule voler cette ligne de Mike Ward et je vais dire que le Glenlivet 12 est un peu comme le Marcel Leboeuf des scotchs. Pas mauvais, mais pas extra non plus. Je le vois comme un excellent scotch de débutant, du genre « Je commence à commencer à m’intéresser au whisky ». Une chance qu’il ne goûte pas le Pur Noisetier en plus…

Note:

#003 • Glenlivet 16 ans Nàdurra • Batch 1111Q

Glenlivet Nadurra 16

54.2% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

On connaît tous le Glenlivet, notamment son expression de 12 ans d’âge, qui est le single malt écossais le plus vendu aux États-Unis. Mais voici carrément autre chose, celui que certains appellent le bad boy de Glenlivet, le Nàdurra 16 ans.

Nàdurra est un mot gaélique (encore) qui signifie “naturel”. Glenlivet entend par cela qu’ils ont distillé cette expression avec les bons vieux moyens du 19e siècle. Quelle différence ça fait? Aucune idée… Ce qui m’accroche par contre, c’est que c’est un Cask Strength. C’est-à-dire qu’il n’est pas dilué pour baisser son taux d’alcool entre le fût et la bouteille, ce qui le rend beaucoup plus goûteux.

J’avoue avoir eu de la difficulté à résister à l’achat, cette bouteille étant l’avant-dernière de ma succursale.

Nez:
Malt épais et vanille sautent tout de suite au nez. Ensuite cannelle, canne à sucre et soupçon de pomme. Doux pour un Cask Strength, on s’attendrait à se brûler les narines d’alcool plus que ça. Cerise?

Bouche:
Avant que l’alcool frappe on y discerne miel et cannelle. Son 54% d’alcool fait exploser la cannelle, et une légère fumée à la fin aide à faire déscendre le tout en douceur.

Finale:
Longue, longue, longue et douce… Fleurs et cannelle à perte de vue.

Équilibre:
Une courbe en forme de cloche. Doux et sucré au nez, presque sournois, et puis explosion en bouche. On garde ensuite une savoureuse impression de pomme-cannelle qui s’estompe tranquillement jusqu’à ce qu’on en redemande.

Note: