#208 • Compass Box the Peat Monster 10th Anniversary Edition

Peat Monster 10th

48.9% alc./vol.
Compass Box, Londres, Angleterre, Royaume-Uni

La dernière bouteille, et non la moindre, de la dégustation du 6 mai dernier au Club de Scotch Whisky de Québec, soirée montrant une bonne partie de la gamme des embouteillages de la compagnie anglaise Compass Box, est une édition spéciale pour le 10e anniversaire de ce blend adoré de tous les peat-lovers, j’ai nommé le Compass Box the Peat Monster 10th Anniversary Edition.

Au départ, les artisans de Compass Box avaient créé ce blend plus-que-tourbé, simplement sous le nom de Monster, exclusivement pour le renommé Park Avenue Liquor Shop à New York, mais la réponse a été si positive qu’ils ont décidé de le vendre ailleurs ensuite sous le nom de Peat Monster. C’est aujourd’hui le meilleur vendeur de la compagnie.

Pour célébrer le dixième anniversaire de ce blend, l’assemblage original a été bonifié d’un malt fumé des Highlands. Le rôle que Park Avenue Liquor Shop a joué dans la genèse du Peat Monster n’a pas été oublié ; ils ont été récompensés par l’exclusivité sur la version cask strength du Peat Monster 10th Anniversary Edition.

Vieillie dans un mélange de chêne américain neuf et usagé avec une finition en fût de chêne français, puis embouteillée en septembre 2013, l’édition que nous goûtons aujourd’hui est limitée à 5700 bouteilles.

Comme le disait si bien l’érudit et général de guerre chinois Wen Tianxiang (1236-1283) :

Il est bien peu de monstres qui méritent la peur que nous en avons.

Teint excessivement pâle, quasiment blanc. On dirait qu’il a vu le monstre sur la bouteille.

Nez:
Belle tourbe relativement douce dès le départ, tel qu’annoncé par la bête sur l’emballage. Une fois ce rideau levé, une cascade de beurre de pommes, de bacon fumé et de vanille est invitée à la boum. Un petit côté minéral vient boucler le tout.

Bouche:
Mielleux aussitôt arrivé en bouche, avec pommes et épices, poivre et vanille, le tout ficelé par une tourbe pas trop envahissante. Toffée croquant sur le pont vers la finale.

Finale:
Longue et agréable, entrelacée de tourbe et de chocolat épicé. Plus tourbé qu’en bouche.

Équilibre:
Une nette plus-value sur l’édition originale. Un vrai monstre de tourbe, mais plutôt doux et sournois. Un peated pour l’été, un apéro torqué pendant qu’on prépare un bon vieux barbecue aux briquettes.

Note:

#207 • Compass Box Flaming Heart

flaming heart 2012

48.9% alc./vol.
Compass Box, Londres, Angleterre, Royaume-Uni

Est arrivé en avant dernier mon favori de la dégustation du 6 mai dernier au Club de Scotch Whisky de Québec, dégustation portant sur les expressions de la compagnie anglaise Compass Box, embouteillée en août 2012 et limitée à seulement 9147 bouteilles, la quatrième édition du Compass Box Flaming Heart.

Le Flaming Heart est un whisky qui n’est pas nécessairement produit à tous les ans. En effet, les artisans de Compass Box attendent d’avoir la combinaison exacte de whiskys dont ils ont besoin pour en faire une édition, et ce dans les conditions les plus favorables. l’édition 2012 comprend des malts de partout en Écosse, mais plus particulièrement du sud de l’île d’Islay et du village de Brora. Elle est non-filtrée à froid et ne contient aucun colorant artificiel.

La combinaison des fûts est elle aussi plutôt excentrique, combinant du chêne américain ayant contenu du bourbon, du chêne français neuf et d’anciens fûts de xérès.

Comme le disait si bien George Frederick Ernest Albert, mieux connu sous le sobriquet George V, roi du Royaume-Uni et des dominions (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Irlande), et empereur des Indes (1865-1936) :

Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur.

Teinte pas tout-à-fait dorée mais qui devient plus pâle une fois versé.

Nez:
On commence sur une douce touche d’orge, trempée d’essence de vanille. On passe gentiment sur quelques raisins secs, quelques baies schtroumpfantes pour finir sur un ensorcelant soupçon de fumée de tourbe.

Bouche:
Tourbe juteuse et fruitée, vanille et cannelle. De belles notes de sherry cask émergent: feuille de tabac, dattes, zeste d’orange, épices, muscade. Ce n’est pas sans rappeler un délicieux Loch Gorm.

Finale:
Tout en élégance. S’estompe sur des notes de chocolat noir à l’orange, pour laisser les épices mourir à petit feu.

Équilibre:
Construction des plus efficaces, de surcroît avec des bases qui sont vraiment à mon goût en partant. Détente absolue. De quoi enflammer les coeurs.

Note:

#206 • Compass Box Great King Street Experimental Batch TR-06

Great King St TR-06

43% alc./vol.
Compass Box, Londres, Angleterre, Royaume-Uni

Lors de la dégustation du 6 mai dernier au Club de Scotch Whisky de Québec, ayant pour thème les produits de la compagnie anglaise Compass Box, on complète l’expérience 00-V4 avec son blend expérimental miroir, lui aussi offert en format de 500 ml, le Compass Box Great King Street Experimental Batch TR-06.

Après le lancement en 2011 du Artist’s Blend, le premier de sa gamme, Compass Box se mit en tête de continuer la série avec une nouvelle expression. Sans trop savoir où se lancer, ils ont laissé le choix entre deux lots aux consommateurs. Le lot le plus tourbé est celui qui est le nucléus de cet article, le TR-06. Sa belle étiquette bleue nous indique que c’est la 1875e bouteille sur un lot de 3805, embouteillée le 3 septembre 2013.

Ce qui me rappelle ces paroles si souvent répétées par Bruce Price (1845–1903), l’architecte américain qui a élaboré le design de notre bon vieux Château Frontenac :

L’éducation nous apprend les règles de la vie. L’expérience nous apprend les exceptions.

Teinte assez foncée pour une expression tourbée. Paille humide et foncée.

Nez:
Nez principalement composé, bien sûr de tourbe, mais aussi de tarte aux pommes, de citron et de popcorn au beurre. Assez intéressant. Son haut point.

Bouche:
Sel de mer, pommes et caramel salé. Légèrement plus fade que ce à quoi je m’attendais. C’est ici qu’encore une fois on a l’impression qu’on aurait mieux été servi à 46% d’alcool.

Finale:
Boisée et tourbée, bien que cette aura de tarte aux pommes nous colle à la peau.

Équilibre:
Quand même un dram fortement agréable, mais il ne faudrait pas toutefois le considérer tout-à-fait comme un peated des ligues majeures.

Note:

#205 • Compass Box Great King Street Experimental Batch 00-V4

Great King St 00-V4

43% alc./vol.
Compass Box, Londres, Angleterre, Royaume-Uni

On enjambe la première demie de la dégustation du 6 mai dernier au Club de Scotch Whisky de Québec, mettant sous les projecteurs les assemblages audacieux de la compagnie anglaise Compass Box, avec un sympathique blend expérimental sortant tout droit de sa chétive bouteille de 500 ml, le Compass Box Great King Street Experimental Batch 00-V4.

En 2011, la compagnie a mis en marché la première expression de sa gamme Great King Street, le Artist’s Blend, obtenant un remarquable succès. Plutôt indécis face au second embouteillage permanent de cette série, ils décidèrent de laisser une voix à leurs fidèles consommateurs. De leurs nombreuses expériences, deux lots se sont démarqués. Le lot nommé mystérieusement et simplement par son numéro, le 00-V4, est la version des deux qui penche plus sur le xérès. Arborant fièrement son étiquette orangée, seulement 3439 bouteilles ont été produites, dont voici la mille neuf cent trentième, embouteillée le 3 septembre 2013.

Alors comme le disait si bien le poète bosniaque Aleksa Šantić (1868–1924) :

L’expérience est un peigne que vous donne la vie quand vous êtes devenu chauve.

Un ambre doré profond nous fait presque deviner son vieillissement tirant du côté du sherry.

Nez:
Nez plutôt faiblard pour une expérience de sherry. Raisins, corn flakes et marmelade à l’orange ressortent mais sans faire trop de boucan.

Bouche:
Un peu plus juteux à l’arrivée, mais les saveurs tombent rapidement et tristement un peu à plat. Tout de même plus goûteux que ce que le nez annonçait. Petits fruits, raisins et prunes plus particulièrement.

Finale:
Moyennement étirée avec quelques épices qui soulignent des pointes de différentes céréales. Un peu comme quand on a pas mis assez de confitures sur sa rôtie.

Équilibre:
Je m’attendais à plus, c’est malheureusement pour moi un peu un pétard mouillé. Comme quoi il ne faut pas toujours se fier à l’étiquette de la bouteille. Vaut-il éviter parfois certaines expériences? Pas à ce point-là, ne vous en faites pas.

Note:

#204 • Compass Box the Spice Tree

spice tree

43% alc./vol.
Compass Box, Londres, Angleterre, Royaume-Uni

Le troisième whisky de la dégustation du 6 mai dernier au Club de Scotch Whisky de Québec, spéciale mettant en vedette les blends de la compagnie anglaise Compass Box, est un assemblage à l’histoire particulière, le Compass Box the Spice Tree.

Ce que le Spice Tree a de particulier, c’est qu’autrefois, pour multiplier l’intensité des saveurs et peut-être même accélérer le processus de vieillissement, Compass Box ajoutait dans les barriques de Spice Tree des lattes de chêne d’autres fûts, décuplant par le fait même la quantité de bois en contact avec le whisky. Lorsque la Scotch Whisky Association eut vent de cette pratique, ils ordonnèrent à Compass Box de cesser immédiatement cette « tricherie » sous peine de ne plus pouvoir appeler le Spice Tree un scotch whisky.

Ils obtempérèrent et aujourd’hui cette astuce ne sert plus à l’élaboration de ce blend. Si vous avez la chance de goûter à la mouture précédente (car ils ont eu le temps de faire quelques embouteillages), saisissez-la sans hésiter. Malheureusement l’expression que je vous présente ici est issue de la nouvelle façon de faire de la compagnie.

Comme le disait si bien le seigneur, fugitif et écrivain écossais Alexander Forbes, 4e Lord Forbes de Pitsligo (1678–1762) :

La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.

Beau coloris doré et neutre. Épice? Mélange gériatrique?

Nez:
Vanille florale, presque eau de rose. Épices, noisette et raisins secs. Un peu de cassonade avec une lointaine impression de sherry. Explosion de fleurs au 2e nez.

Bouche:
Vanille, butterscotch et épices prennent l’avant-scène. Très rond et juteux en bouche. Le épices mariées à son taux de 46% le font paraître plus fort qu’il ne l’est en réalité.

Finale:
Longue et chaude, elle passe par la cannelle et le gingembre pour finir sur la pâte d’amandes. Frangipane, même.

Équilibre:
Très satisfaisant. Bon blend de milieu de pyramide. Je n’irais pas jusqu’à en garder une à la maison, mais je ne refuserai certainement pas un verre si on me l’offre.

Note:

#203 • Compass Box Hedonism

Hedonism

43% alc./vol.
Compass Box, Londres, Angleterre, Royaume-Uni

Le second whisky de la dégustation du 6 mai dernier au Club de Scotch Whisky de Québec, portant sur les blends de la compagnie anglaise Compass Box, n’est pas single malt, mais bien un whisky de grain, le Compass Box Hedonism.

Les single grain, comme on dit, sont en général utilisés comme base pour marier des single malts. Ils sont souvent vus comme la « fondation » ou la « colle », si on veut, qui tient les blends ensemble. Rares sont ceux qui ont assez de mérite et d’intensité aromatique pour qu’on en fasse un embouteillage.

Hedonism est une de ces expressions. On lui conféra le titre de « Meilleur Grain Whisky au Monde » aux World Whisky Awards 2008.

Comme le disait si bien le théologien calviniste français Pierre Poiret Naudé (1646-1719) :

Le plaisir est le bonheur des fous, le bonheur est le plaisir des sages.

Assez clair, on s’attendrait même à un malt tourbé si on ne savait pas déjà qu’il s’agit d’un whisky de grain.

Nez:
Essence de vanille, fruits, fleurs et colle blanche. Poivre blanc, crème fouettée et tarte aux pommes. Assez décousu, quoi.

Bouche:
Assez poivré et épicé à l’atterissage. Forte présence du grain, enveloppé de vanille, d’amande, d’orange et de pamplemousse sûr.

Finale:
Moyennement longue sur des notes de chêne et de colle à bois. Bricolage avec bâtons de popscicle.

Équilibre:
Manque malheureusement de saveur et de complexité. Ne vous méprenez pas, ce n’est pas parce que c’est un whisky de grain, il en existe plein de bons. Le Hedonism en fait malheureusement plus ou moins partie. Peut-être me l’a t-on trop vanté…

Note: