#336 • Canadian Club Chairman’s Select 100% Rye

Canadian Club 100% Rye

40% alc./vol.
Hiram Walker & Sons Limited, Windsor, Ontario, Canada.

Canadian Club a longtemps été associé à des blends de whisky cheap, et sa réputation, quoiqu’un peu méjugée, a aussi longtemps donné au whisky canadien la poisse, voire même une malédiction.

Et bien dans un vaillant effort de redorer le blason de ce genre de whisky trop souvent sous-estimé, la gang d’Hiram Walker nous livre enfin un produit digne de mention, le Canadian Club Chairman’s Select 100% Rye.

Enfin, mis à part quelques produits d’Alberta Distillers, on nous offre un whisky canadien à 100% composé de seigle. Avec dit-on 7 ans de vieillissement en fûts de chêne carbonisés en plus!

Comme le disait si bien l’acteur, producteur, réalisateur et scénariste américain Steven Wright (1955-):

La conclusion, c’est l’endroit où l’on va quand on est fatigué de réfléchir…

Roux profond, à l’image de l’âme du canadian whisky.

Nez:
Seigle doux et suave, vanille et sucre. Impression raffinée moins rustre que la plupart des autres expressions de la distillerie. Sirop d’érable, colle à bois, zeste de citron et… cornichons à l’aneth! Surprenant!

Bouche:
Épices du seigle, chêne grillé, vanille, poivre léger avec quelques fruits. Le caramel s’étire en bouche alors qu’une belle texture huileuse enveloppe le tout.

Finale:
Plutôt courte, mais on aime bien ses notes encore une fois de pumpernickel, de bois grillé et de caramel. Elle ne brille peut-être pas très longtemps, mais on en savoure pleinement chaque instant.

Équilibre:
Encore une raison de plus pour s’attarder à découvrir les whiskys canadiens. Une belle découverte, surtout venant de la part d’un gros joueur dans cette catégorie. Un produit canadien de cette qualité et à ce prix, la SAQ commettrait un péché en passant à côté de cela.

Note:

#214 • Canadian Club Premium

CC Premium

40% alc./vol.
Hiram Walker & Sons Limited, Windsor, Ontario, Canada.

Ok, lendemain de la confédération, quel moment parfait pour se taper le whisky canadien de contrebande le plus populaire de la prohibition, j’ai nommé le bon vieux Canadian Club Premium!

En effet, la distillerie Hiram Walker étant située à Windsor en Ontario, juste l’autre côté de la frontière, c’était le whisky le plus facile à passer en douce à nos voisins du sud pendant les années 20. Bien qu’on raconte que le whisky favori d’Al Capone était le Templeton Rye, n’empêche que c’était sur des caisses et des caisses de Canadian Club que reposait son empire de contrebande.

Pour l’article d’aujourd’hui, ma source remonte à une de ces fins de semaine où la SAQ nous a gracié d’un rabais de 10% à l’achat de 100$ ou plus. Je m’étais fait venir de Montréal (d’une SAQ signature à l’autre) un succulent Glen Garioch Cask Strength 1995. Arrivé à la caisse, ma bouteille passe à 98$, alors on me propose d’acheter une autre bouteille pour économiser 10% de ma facture. Et bien sachez que je suis pas tombé dans le piège. Et vlan dans les dents, j’ajoute à ma facture une mignonnette de Canadian Club Premium à 2.80$ !!!

Je me dois d’ajouter au passage que la photo de cet article a encore une fois été piquée sur la toile.

Comme le disait si bien l’ancien archévêque de Canterbury, Thomas Cranmer (1489-1556) :

Ô Seigneur! ouvrez-moi les portes de la nuit, afin que je m’en aille et que je disparaisse…

Ambre foncé et orangé, un peu comme de tire-éponge.

Nez:
Vanille, seigle et fruits. Une fois la première vague d’alcool passée, la poussière sort, comme s’ils avaient utilisé des fûts qui avaient servi un millier de fois.

Bouche:
Sucré, doux et âpre à la fois. Épices du rye, vanille, citron, mais surtout plastique brûlé. Chêne et érable amer.

Finale:
Très courte et sèche, citron amer, chêne, et de nouveau du plastique cheap.

Équilibre:
Les gens l’aiment pour son prix, mais croyez-moi, ça tient de l’exploit de boire ça neat. Cocktail mixer, sans plus.

Note:

#144 • Canadian Club Small Batch Sherry Cask

Canadian Club Sherry Cask

41.3% alc./vol.
Hiram Walker & Sons Limited, Windsor, Ontario, Canada.

Cela faisait un bon petit bout de temps que cette critique reposait patiemment dans mon carnet de dégustation, mais aujourd’hui un bel alignement de coïncidences en font la journée parfaite pour y aller de l’avant avec le Canadian Club Small Batch Sherry Cask.

Comme sur la photographie plus bas, je me suis tapé un petit chocolat au CC que ma douce m’a trouvé plus tôt cet après-midi. Je me suis dit pourquoi pas accompagner cela d’un bon vieux Canadian Club Classic 12 ans, tout en écrivant cette critique du Small Batch Sherry Cask, l’échantillon visé m’ayant été fourni plus tôt cet été par mon partner de scotch Pierre-Luc, dont c’est l’anniversaire aujourd’hui. On le salue d’ailleurs.

Un bon petit mélange, chocolat et whisky, difficile de se tromper, malgré que j’ai eu l’impression que la pseudo-liqueur dans le chocolat était plus forte que le whisky lui-même. Par contre cela a eu pour effet positif de faire ressortir un plus grand éventail de saveurs dans le verre. Bon allez, je me suis assez étendu sur un whisky qui ne fait même pas l’objet du présent article…

Selon l’autorité en matière de whisky canadien Davin De Kergommeaux, auteur de Canadian Whisky : The Portable Expert, il est excessivement rare au Canada pour une distillerie de procéder à de la double maturation, en fûts de sherry de surcroît. C’est effectivement ce que nos amis de Walkerville font avec cette expression. Une fois notre bon vieux CC ayant atteint un âge de six ans, on le transfère dans un tonneau de xérès pour deux années supplémentaires afin de lui donner une profondeur et un caractère unique.

Ce qui me fait penser à ces paroles du grand Perceval, chevalier du pays de Galles :

Sans blague on pourrait pas fêter la mort des mecs que je connais pour une fois ? Comment ça ? C’est toujours la mort de vos potes à vous que l’on fête, moi dans quatre jours c’est l’anniversaire de la mort d’un oncle à moi, sans faire exprès il s’est tiré dessus avec un arc.

D’un degré acajou ou henné quasiment rubis, cette expression est plutôt bien assortie à son nom.

Nez:
Une avalanche de fruits évoquant un irlandais nous tombe immédiatement dans le nez. Les épices du rye emboîtent rapidement le pas avec une touche de vanille, le tout chapeauté par une solide présence de sherry.

Bouche:
Très doux et sucré, très fruité avec un brin de sucre d’orge et des notes de pin et de xérès.

Finale:
Douce et moyennement longue surfant sur une vague de tabac en feuilles et d’anis. Un beau duo seigle et sherry.

Équilibre:
Un bon rye avec un petit bonus. Une belle coche au-dessus du Canadian Club Classic 12 avec un rapport qualité-prix tout à fait canadien, dans le bon sens…

Note:

#093 • Canadian Club Classic 12 ans

Canadian Club 12 Classic

40% alc./vol.
Hiram Walker & Sons Limited, Windsor, Ontario, Canada

C’est le moment de s’attarder sur un petit whisky bien de chez nous, venu tout droit du bas de la pyramide, pour souligner la Journée de la Confédération. Tout le monde connaît bien le Canadian Club, ou CC dans certains cercles, mais bien peu de gens savent qu’en réalité, il n’est même pas tout à fait originaire du Canada.

C’est en 1858 que Hiram Walker fonda sa distillerie à Detroit, au Michigan. À l’époque, son whisky était vu comme révolutionnaire car il était vieilli un minimum de cinq ans, alors que les autres expressions américaines l’étaient moins d’un an. Il était alors tout simplement connu sous le nom de Club Whisky, car ce n’était que les membres de clubs de péteux qui le consommaient. C’est l’arrivée imminente de la Prohibition qui poussa Walker à déménager sa distillerie peu après pour s’établir finalement à Windsor en Ontario.

Vers la fin du 19e siècle les distilleries américaines, voulant freiner la popularité du Club Whisky, insistèrent pour que la bouteille porte la mention « Canada » pour le différencier de leurs propres whiskys. Cela n’a eu pour effet que de mousser sa popularité, le bon vieux Canadian Club étant maintenant un produit « exotique » aux yeux du consommateur américain moyen. Pendant les années de la Prohibition, on dit même que le bandit notoire Al Capone fut l’un des plus gros clients de Canadian Club, passant soi-disant des milliers de caisses sous le nez des douaniers américains.

L’expression de base du CC, appelée Premium, est la plus populaire de nos jours et est vendue dans plus de 150 pays. Elle sert souvent de blender pour les cocktails. Mais ce n’est pas celle sur laquelle nous nous arrêterons aujourd’hui. Dans un esprit d’ambition je vise une coche au-dessus et je vous présente le Canadian Club Classic 12 ans qui a baigné dans des barriques de chêne blanc neuves pendant, comme l’indique son nom, douze ans.

Comme le disait si souvent feu l’ex PM Pierre Elliot Trudeau:

Jamais je ne voudrais faire partie d’un club qui accepterait de m’avoir pour membre…

D’une couleur aussi cuivrée que feu la cenne noire fraîchement frappée, plongeons dans le vif de la dégustation.

Nez:
Sucré, vanillé, plutôt herbeux et fermé. Une touche de colle à bois essaie de percer. Aucun rye en vue.

Bouche:
Une sorte de magie insolite s’opère. À peine huileux, rayon de miel avec une bonne dose d’épices. Sirop d’érable dilué, mais différent du Sortilège.

Finale:
Très courte. un tout petit peu de vanille et de raisin qui se volatilisent en criant lapin.

Équilibre:
Tout se passe en bouche. Un bel effort mielleux. Prix justifié. Excellent choix quand on est pas assez sûr d’être remis d’un rhume pour boire des trucs plus ruineux.

Note: