#370 • Suntory Hibiki 12 ans

43% alc./vol.
Distilleries Yamazaki et Hakushu, Groupe Suntory, Japon

On s’attaque ici à un blend assez haut de gamme de Suntory. Assemblage des distilleries Yamazaki et Hakushu, c’est un embouteillage qui a été élaboré pour souligner le 110e anniversaire du groupe Suntory. Voici donc le Hibiki 12 ans.

Vieilli en fûts d’Umeshu, une liqueur de prune japonaise, et filtré à travers du charbon de bambou, le Hibiki 12 ans est aisément identifiable à sa magnifique bouteille avec ses 24 facettes faisant un clin d’oeil aux saisons du calendrier lunaire et aussi aux 24 heures d’une journée.

On a pu voir cette bouteille dans quelques scènes marquantes de Lost in Translation de Sofia Coppola. Le récent embouteillage Hibiki Japanese Harmony jouit aussi de ce design de bouteille.

Comme le disait justement si bien l’acteur, humoriste et réalisateur américain Bill Murray (1950- ):

Le gruyère râpé tient dans ses fils toute l’harmonie universelle. Un monde sans gruyère serait un bien triste monde.

Paille foncée tournant sur un orange ambré.

Nez:
Une fois un légger voile d’alcool soulevé, on roule dans l’orge, le miel, l’orange, les mûres et les épices. Sans grande prétention quoique assez agréable. Un peu herbeux et vanilllé.

Bouche:
Miel et caramel épicé à l’avant, soulignés par de forts tannins tirés du chêne. Impression de réglisse et de swedish berries.

Finale:
Sèche sur des accents de citron-lime sûrette et de gomme de sapin. Encore les baies suédoises.

Équilibre:
Solidement construit. Quand même plaisant, un bon départ qui place de hautes attentes pour ses grands frères de 17 et 21 ans.

Note:

#340 • Suntory Hibiki Japanese Harmony

Hibiki Harmony

43% alc./vol.
Distilleries Yamazaki, Hakushu et Chita, Groupe Suntory, Japon

Ça faisait un bon bout de temps que je n’avais pas eu l’occasion de visiter un malt d’une distillerie japonaise du groupe Suntory. Voici une belle nouveauté en SAQ (bravo) et un peu partout ailleurs dans le monde, le Hibiki Japanese Harmony.

L’harmonie japonaise. Cette expression a été nommée ainsi selon eux pour symboliser l’harmonie qui existe entre l’homme et la nature. C’est le résultat d’un assemblage d’au moins dix whiskys de grain et de malt, vieillis dans cinq types de fûts différents. Les distilleries de Yamazaki, Hakushu et Chita y ont contribué.

Comme le disait si bien le cinéaste, acteur, animateur de télévision, humoriste, artiste-peintre et plasticien, écrivain et poète, chanteur et designer de jeu vidéo japonais Takeshi Kitano (1947- ):

Etre bon, c’est être en harmonie avec soi-même. La discorde, c’est être forcé à être en harmonie avec les autres.

Léger rosé doré. Donne l’eau à la bouche comme jamais.

Nez:
Malt mielleux, plutôt doux et suave, définitivement nippon. Vanille respectueuse, crème et beurre fouetté.

Bouche:
Arrivée en bouche soyeuse et épicée à la fois. Miel, vanille et chêne. Touche de raisin et de framboise. Infime fumée. Je ne sais trop, mais ça goûte le « whisky » comme jamais.

Finale:
Moyenne, épicée et discrète. Un peu courte à mon goût.

Équilibre:
J’avais de grandes attentes. Malheureusement, sans être un mauvais malt, il est un peu surfait. Surtout à 100$ la bouteille sans énoncé d’âge. Au moins l’emballage est superbe. Et ça fait du bien de voir un vrai Suntory revenir en SAQ après près de 4 ans…

Note:

#280 • Nikka 17 ans Taketsuru Pure Malt

Nikka Taketsuru 17

43% alc./vol.
Distillerie Nikka, Yoichi, Hokkaidō,
et Aoba-ku, Sendai, Préfecture Miyagi, Japon

Je saute un peu du coq à l’âne ces temps-ci avec aujourd’hui un embouteillage que j’ai goûté en octobre dernier au WhiskyLive Toronto, un vénérable blend de la distillerie nippone Nikka, le Taketsuru Pure Malt 17 ans.

Comme les autres de la même série, cette expression a été nommée ainsi en l’honneur du pèlerin Masataka Taketsuru, fondateur de la distillerie. Il fonda Nikka en 1934 aidé de sa femme écossaise Rita. Après leur mort, leur fils adoptif Takeshi continua à faire prospérer l’entreprise familiale. L’ensemble appartient aujourd’hui au groupe brassicole Asahi, et Takeshi Taketsuru est resté à bord à titre de consultant jusqu’à son décès en décembre 2014, à l’âge de 90 ans.

Bien qu’il n’est plus coutume de nos jours d’utiliser cette appellation, du moins en Écosse, l’étiquette arbore la mention pure malt, ce qui signifie que ce blend est assemblé uniquement à partir de différents single malts, comme l’ancien terme écossais vatted malt. Les malts utilisés proviendraient des distilleries de Yoichi et de Miyagikyo.

Comme le disait si bien le peintre et sculpteur japonais Tarō Okamoto (1911-1996):

Les vieillards et les comètes ont été vénérés pour la même raison : leurs longues barbes et leurs prétentions à prédire les événements.

Chers lecteurs je vous dois des excuses car il est facile lors d’un whisky show de se ramasser rapidement en mode « cocktail-jet-set », ce qui a malheureusement tendance à écourter les critiques…

Beau roux mais moins foncé que ce à quoi je m’attends d’un sherry cask semblable.

Nez:
Xérès assez timide, fruits rouges, raisins, dattes, bois, mais juste pas assez.

Bouche:
Beau miel astringent, épices, chêne, vin de xérès juteux, retour des épices, raisins secs dorés.

Finale:
Belles épices chaudes du xérès, feuille de tabac à pipe aromatisé à la cerise noire.

Équilibre:
Un bon blend sherry cask, mais qui a peur on dirait de s’affirmer pleinement.

Note:

#270 • Suntory Yamazaki 18 ans

Yamazaki 18

43% alc./vol.
Distillerie Yamazaki, Shimamoto, préfecture d’Osaka, Japon

Avec un produit de cette distillerie déclaré meilleur whisky de 2014 par Jim Murray, il serait grand temps que je couche sur papier cette évaluation d’une bouteille que j’ai ramené de Californie il y a plus d’un an, et qui a d’ailleurs augmenté de près de 100$ aujourd’hui, le Suntory Yamazaki 18 ans.

Tiré à la base du savoir-faire écossais, le Yamazaki sous toutes ses formes a été peaufiné par les japonais pour établir un style de whisky bien propre au peuple nippon et unique au monde. La plupart des whiskys japonais y doivent un petit quelque chose, et aujourd’hui ils ont souvent leur propre classe à part parmi les plus grands experts de l’industrie.

Le Yamazaki 18 ans est l’expression régulière de la distillerie qui flirte le plus avec leurs éditions limitées encensées par la critique. Sa belle boîte embossée d’une texture de bois ainsi que sa sombre bouteille brune et son étiquette noire nous évoquent le plus profond des fûts de xérès.

Il serait approprié ici de citer ce célèbre proverbe japonais:

Ne suivez jamais les traces du malheur, il pourrait bien se retourner et faire volte-face.

Cuivre roux profond foncé merisier, mettez-en des adjectifs… Est visuellement au Yamazaki 12 ans ce que le Crown Royal Black est au Crown Royal régulier.

Nez:
Chêne, orge et noix de macadam sont nos amis ici. Léger cuir au fond, melon, racinette et puissant xérès. Beaucoup de zeste d’orange suivi d’une pointe de vanille.

Bouche:
Caramel épais, raisins, dattes et toffee sur les épices astringentes du sherry. C’est en bouche que son vrai caractère apparaît. Outre le chêne, on se laisse surprendre par des pêches et de la framboise.

Finale:
La main de fer du sherry dans le gant de velours de la douce fumée. Raisins secs Sunmaid.

Équilibre:
Un coup de maître. Un des tops malts nippons, mondiaux même. À ne pas manquer les rares fois où on peut mettre la main dessus.

Note:

#196 • Chichibu The First – Ichiro’s Malt

Chichibu The First

61.8% alc./vol.
Distillerie Chichibu, Chichibu Shi, Saitama, Japon

Une autre mini d’anniversaire qui mérite un merci à Pat est la suivante, le Chichibu The First – Ichiro’s Malt, distillé en 2008 et embouteillé en 2011 au nombre limité de 7400 bouteilles. Nous goûtons aujourd’hui à la 446e.

La distillerie Chichibu est la plus jeune distillerie du Japon, elle fut fondée par Ichiro Akuto en 2007 après la fermeture de la distillerie Hanyu, fondée par son grand-père en 1946 et fermée en 2000. C’était la première à voir le jour au pays depuis le milieu des années 70. Le fondateur fit bénir les terres avant la construction par un prêtre Shinto, et la production de whisky commença en 2008.

Le Chichibu The First est, comme l’indique son nom, la première édition des embouteillages officiels de la distillerie. Vieiilie en fûts de bourbon pendant trois ans, cette expression titre à un puissant 61.8% d’alcool.

Comme le disait si bien et si souvent « le Barbe-Bleue de Gambais », le célèbre tueur en série et criminel français Henri Désiré Landru (1869-1922) :

Adam n’a pas été seulement le premier homme. Il a été le premier cocu.

Reativement pâle, et vu qu’il n’est pas tourbé, on se dit soit il est jeune, soit il a vieilli en fûts de bourbon.

Nez:
Une fois que l’on parvient à passer au-delà d’un petit côté spiritueux, une céréale maltée se révèle, accompagnée de beurre, de mélasse « new make », de vanille, de caramel et même d’une touche de purée de pommes.

Bouche:
Voile de caramel salé, suivi de fleurs, d’herbe, de poivre et de malt.

Finale:
Longue, épicée et sucrée. On croirait finir sur une fleur de cerisier. Honnêtement je m’attendais à une sensation plus forte au niveau alcool.

Équilibre:
À siroter doucement en automne-hiver. Son taux d’alcool je dirais a tendance à « fesser en simonaque ». Très jeune, mais une expression avec tout qu’un potentiel. À surveiller.

Note:

#191 • Nikka Yoichi 10 ans

Nikka Yoichi

45% alc./vol.
Distillerie Nikka, Yoichi, Hokkaidō et Aoba-ku, Sendai, Préfecture Miyagi, Japon

Le chant du cygne de Nikka lors de la soirée japonaise du 25 février dernier au Club de Scotch Whisky de Québec ne pouvait être que le single malt le plus populaire de la distillerie, encensée de bien des critiques, le Nikka Yoichi 10 ans.

Ce malt très affirmé provient de l’âme de Nikka, sa première distillerie, Yoichi. Située sur l’île septentrionale d’Hokkaidō, Yoichi est le berceau de tout ce que représente Nikka, autant dans ses façons de faire traditionnelles que dans son produit qui n’a rien à envier aux grandes distilleries du Royaume-Uni, et qui ne cesse d’épater le reste du globe.

Comme disait si bien le designer japonais de jeux vidéo et père spirituel de Mario, Shigeru Miyamoto :

La maturité de l’homme, c’est d’avoir retrouvé le sérieux qu’on avait au jeu quand on était enfant.

Coloris orange ambré absolu. Selon la palette Sico, je dirais à mi-chemin entre Floraison de Beijing et Soleil du Désert.

Nez:
Son orge parfumée rappelle le Speyside. Un complexe assemblage s’offre ici à nos narines. Bonne base de vanille et de terre humide. Herbe et céréale à peine sucrée. Pin, voire même le crayon de bois fraîchement aiguisé, sans oublier la fleur que notre inconscient appellerait sakura, vu la provenance de cette expression.

Bouche:
La canne à sucre, le caramel, la vanille, l’herbe, le bois et les épices sont orchestrés solidement par une pointe de fumée.

Finale:
Les épices astringentes du sherry font leur entrée en scène enveloppées de fumée de bois. Belle construction.

Équilibre:
Presqu’un Yamazaki. Structure et complexité à se tirer dans les murs pour un japonais.

Note: