#350 • English Whisky Co. Chapter 11 Heavily Peated

English Whisky Chapter 11

59.7% alc./vol.
Distillerie St.George’s, Roudham, Norfolk, Angleterre

On a ici une autre belle opportunité de dégustation jadis procurée par mes potes de Québec Whisky, nous avons eu la chance de « popper » une bouteille de English Whisky Co. Chapter 11.

La English Whisky Co. est une des seules marques de whisky purement anglaises. La marque de commerce appartient à la distillerie St.Geroge’s.

Les créateurs de ce whisky ont voulu que les amateurs suivent son évolution au même rythme qu’eux. Le stade, ou « chapitre », d’évolution de cette expression est le 11e. Selon le libellé, on dit aussi qu’il est « lourdement tourbé ». Nous ne tarderons pas à le savoir…

Bon et bien sortez votre anglais car la citation d’aujourd’hui revient au guitariste Nigel Tufnel et son interviewer Marty DiBergi dans le documenteur Spinal Tap (1984):

Nigel Tufnel: The numbers all go to eleven. Look, right across the board, eleven, eleven, eleven and…
Marty DiBergi: Oh, I see. And most amps go up to ten?
Nigel Tufnel: Exactly.
Marty DiBergi: Does that mean it’s louder? Is it any louder?
Nigel Tufnel: Well, it’s one louder, isn’t it? It’s not ten. You see, most blokes, you know, will be playing at ten. You’re on ten here, all the way up, all the way up, all the way up, you’re on ten on your guitar. Where can you go from there? Where?
Marty DiBergi: I don’t know.
Nigel Tufnel: Nowhere. Exactly. What we do is, if we need that extra push over the cliff, you know what we do?
Marty DiBergi: Put it up to eleven.
Nigel Tufnel: Eleven. Exactly. One louder.
Marty DiBergi: Why don’t you just make ten louder and make ten be the top number and make that a little louder?
Nigel Tufnel: [pause] These go to eleven.

Un autre jeune malt, de par sa pâleur livide.

Nez:
Fumée tourbée plutôt affirmée et fieffée, qui ne laisse pas trop trop le reste des flaveurs s’exprimer.

Bouche:
Miel et sucre fruité et épicé plein la gueule. Beau feu roulant d’épices bien attendu de ce cask strength. La tourbe fumée prend ici le siège arrière.

Finale:
Un peu courte mais fort agréable, marquée par les épices et un retour de la fumée.

Équilibre:
Déjà un excellent whisky, mais qui risque fort d’être encore meilleur à boire par temps froid.

Note:

#342 • Amrut Peated

Amrut Peated

46% alc./vol.
Distillerie Amrut, Bangalore, Inde

Je vous ramène aujourd’hui en Inde, chez nos amis de chez Amrut, qui se sont pendant les dernières années bâti une solide réputation qui laisse la plupart des autres producteurs indiens de whisky dans la poussière.

Allons-y avec une expression tourbée de ce single malt, le justement nommé Amrut Peated.

Élaboré avec le même soin que le reste de la gamme de la distillerie, subissant les mêmes conditions climatiques de vieillissement et embouteillé à 46% d’alcool, il ne devrait laisser personne indifférent.

Comme le disait si bien l’épouse du seizième président américain Abraham Lincoln et première dame des États-Unis de 1861 à 1865, Mary Ann Todd Lincoln (1818-1882):

Il n’y a pas d’homme plus aveugle que celui qui a déjà fait son choix.

Bel ambré doré intense.

Nez:
Pas exceptionnellement tourbé si je le mesure à mes attentes. Chêne, caramel, malt grillé, miel et toffee salé. Vanille et pommes vertes fraîches.

Bouche:
Le caramel salé et la tourbe frappent bien ici. Feu de camp, bois de chêne brûlé. Poivre blanc. un superbe équilibre entre la tourbe et le sucre.

Finale:
Longue avec beaucoup de fumée résiduelle. Caramel, vanille et chocolat noir sont aussi de la partie.

Équilibre:
On s’attend en général à un peu plus venant de la part de quelque chose qui s’annonce aussi « peated ». C’est loin d’être un monstre de tourbe, mais c’est un sacré bon whisky.

Note:

#310 • Bastille 1789

Bastille 1789

40% alc./vol.
Bastille Whisky, Cognac, France.

Il y a bien longtemps, on m’a remis ce fond de bouteille à la blague, en me disant que je n’en tirerais pas grand plaisir. Après tout ce temps à procrastiner l’excécution et la parution de cette critique, voici le redouté Bastille 1789.

Le Bastille 1789 est un assemblage de whiskys français, produit dans la région de Cognac, à base d’orge maltée et de blé. Pour un style décidément plus écossais, ce whisky est distillé dans des alambics (pot stills) et est vieilli dans un amalgame de fûts de chêne limousin français, de merisier et d’acacia.

On le coterait 94/100 selon le Beverage Testing Institute! Mais avant de virer fou, arrêtons-nous et posons-nous la question à savoir c’est quoi ce BTI? En creusant un peu sur le net, il semblerait que ce soit un service de marketing plutôt qu’un panel impartial de juges…

Comme quoi il n’y a rien de mieux que de se faire sa propre opinion.

Comme le disait si bien mon grand chum le cardinal Léger:

Le whisky est une mauvaise chose, surtout le mauvais whisky.

Orange doré désaturé de façon inquiétante.

Nez:
Attaque d’alcool et de Crazy Glue, j’ai dû reculer soudainement le nez, chose que je ne fais jamais, mais le réflèxe a été plus fort que moi. Mélange plus que douteux de pâte à dents et de Crush à l’orange. Abjecte et repoussant.

Bouche:
Les fruits et les épices, entourés de solvant à peinture, prennent toute la place. Les céréales sont extrêmement difficiles à discerner, et plus je garde ce liquide en bouche, plus j’ai l’impression de nuire à ma santé, de maltraiter mon corps.

Finale:
Pas si pire au début comme finale, et on croit pouvoir la remercier d’être courte, mais elle nous dupe en nous laissant longuement en bouche un goût ranci de tuyau de cuivre oxydé et crotté.

Équilibre:
À l’aveugle j’aurais cru volontiers que ça aurait pu être autre chose qu’un whisky. Comme André, mon verre a fini dans l’évier. Je suis tellement bouleversé par cette expérience que je ne sais même pas quelle note je pourrais lui accorder. Allons-y pour un gros zéro étoiles, c’est juste bon pour l’évier. Définitivement le spiritueux le plus vil que j’aie goûté à date.

Note:

#265 • Kavalan Solist Sherry Cask Strength

Kavalan Solist Sherry Cask Strength

57.1% alc./vol.
Distillerie Kavalan, Yuanshan, comté de Yilan, Taïwan.

Je termine l’année avec mon meilleur World Whisky de 2014, le stellaire taïwanais Kavalan Solist Sherry Cask Strength.

La distillerie Kavalan date de 2005, et grâce au master blender de Penderyn, Jim Swan, ils produisaient leur premier lot de new make à peine un an plus tard. Dès 2009, la distillerie parvint à mettre en marché un éventail impressionnant d’embouteillages à finition spéciale, notamment de porto, xérès et bourbon, entre autres.

Comme il n’y a rien qui batte une bonne métaphore, afin d’illustrer l’harmonie naturelle qui doit faire part d’un bon whisky, la plupart des expressions de Kavalan font référence à des termes de musique classique. Le présent Solist ne fait pas exception à la règle et de plus, il a été vieilli en tonneaux de xérès et a été judicieusement embouteillé à la force du fût.

Comme le disait si mélodieusement l’auteur-compositeur-interprète, acteur, écrivain et diplomate français Chahnour Vaghinag Aznavourian, mieux connu pour nous sous le nom de Charles Aznavour :

La musique est le langage des passions, mais toutes les passions ne gagnent pas à être mises en musique.

Brun et roux profond d’un authentique sherry cask, ou même presque d’un rhum.

Nez:
Nez classique du fût de xérès, mais avec l’accent sur les fruits. On reconnait la distillerie à travers le tout grâce à ces mêmes fruits et aux céréales qui évoquent le Concertmaster.

Bouche:
Bouche fruitée et magique. Sucré-sale, orange, raisins, dattes, toffee et épices. L’ensemble garde tout de même encore le profil de la distillerie.

Finale:
Superbe finale sur le chêne, le chocolat noir et les grains d’espresso du Caffe Macs.

Équilibre:
Un chef d’oeuvre de complexité. De partout dans le monde, bien des distilleries devraient être jalouses.

Note:

#259 • Slyrs Bavarian Single Malt Whisky

slyrs

43% alc./vol.
Distillerie Slyrs, Schliersee, Bavière, Allemagne.

Encore un gros merci à Pierre-Luc, qui a trimbalé avec lui lors d’un souper une mini officielle d’une jeune distillerie du royaume de Bavière, le Slyrs Bavarian Single Malt Whisky.

La distillerie Slyrs a été fondée en 1999 par Florian Stettner, un ancien brasseur de bière. Le nom « Slyrs » est une variante de Schliers, le nom courant donné par les gens locaux à la ville de Schliersee. Outre le single malt phare dont cet article parle, ils produisent aussi un Sherry Cask et la rumeur veut qu’il ont un Cask Strength dans la mire.

J’ai pour l’occasion jugé bon de choisir ce proverbe allemand:

La jeunesse est une ivresse sans vin et la vieillesse un vin sans ivresse.

Hyper pâleur qui trahit son minimum de 3 ans d’âge requis pour conserver son appellation.

Nez:
Petite céréale, poire, fleurs et savon. Malt à peine grillé, Fort en alcool au nez, bien qu’il ne titre qu’à 43%.

Bouche:
Encore une impression florale, personnalité très peu agressive sur des notes de canne à sucre. Trop de légèreté, son peu de caractère disparait en un tournemain.

Finale:
Un peu insipide. Se termine sur les petits fruits. Céréale savonneuse, poussière et fleurs.

Équilibre:
Pas horrible, mais pas extra non plus. Amenez-nous une plus-value, comme un cask finish ou bien encore une hausse de la teneur en alcool. Sinon concentrez-vous sur la choucroute. Mais bon, laissons la chance au coureur, on dit qu’une version cask strength serait sur le point de voir le jour…

Note:

#254 • Amrut Single Malt • Batch 53

amrut single malt

46% alc./vol.
Distillerie Amrut, Bangalore, Inde

Encore une fois, cette mini provient de l’état à la plus grande variété de minis, la Californie. Amrut nous en met encore plein la gueule avec un emballage soigné, du tube de métal au sceau de papier du goulot, autant que si c’était une bouteille pleine grandeur. Celle que nous avons aujourd’hui est l’expression de base, disponible en SAQ, provenant du lot #53, distillé en janvier 2010 et embouteillé en mars 2013, voici le Amrut Single Malt.

La plupart du temps, Amrut sort ses whiskys dès qu’ils peuvent légalement en porter le nom, car ils ont cette lame à double tranchant qu’est leur climat indien. On dit que trois ans en fût sous les chaleurs humides de l’Inde équivaut à dix ans dans le climat écossais. Mais qui dit vieillissement rapide dit aussi qu’il faut être vigilant et embouteiller ce whisky avant que trop d’alcool ne se soit évaporé. On se rappelle qu’en bas de 40% ce n’est plus du whisky!

Amrut jongle plutôt bien avec ces défis, tellement qu’une édition spéciale vient d’être mise en marché, le Greedy Angels (les anges avares), qui après ses huit ans de maturation en Inde, a perdu entre 10% et 16% de son volume par année, contre environ 2% en Écosse!

Comme le disait si bien le militaire et administrateur français, nommé à deux reprises gouverneur de la Nouvelle-France par le roi de France Louis XIV, Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau (1622-1698):

L’avarice est comme le feu, plus on y met de bois, plus il brûle.

D’un beau jaune doré et éclatant, signe de jeunesse ou bien, connaissant Amrut, de belles promesses.

Nez:
Orge séchée, foin poussiéreux. Vanille et malt, surtout malt, bien juteux, grillé et sucré. Légères notes de fruits au sirop.

Bouche:
Arrivée en bouche mielleuse et légère, très égayante et sympathique. Vanille et chêne en force, épices crémeuses avec une subtile goutte d’amertume.

Finale:
Courte et chaleureuse. Cuir délicat sur une pointe de tarte au poires. Seul un petit, tout petit arrière-goût métallique vient lui coûter ici quelques points.

Équilibre:
Somme toute plus qu’un excellent malt d’entrée de gamme, et abordable en plus. Un choix très sensé d’embouteiller à 46%. Un bon tremplin pour vous diriger vers d’autres expressions de la distillerie qui vous feront vraiment tomber en bas de votre chaise.

Note: