#433 • Glenlivet Cipher

Glenlivet Cipher

48% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

C’est un whisky plutôt cryptique auquel nous nous attardons aujourd’hui, le Glenlivet Cipher.

On a utilisé ici un assemblage de fûts jamais vu chez Glenlivet. Cette expression limitée comprend un mariage de fût de xérès et de fûts de chêne américain, tous deux de premier remplissage. Pas de coloration, pas de filtrage à froid, on embouteille à 48%, et voilà!

On l’appelle le cipher, qui veut dire en anglais chiffrer (le contraire de déchiffrer), pour le mystère qui l’entoure. Aujourd’hui ses notes de dégustation sont dévoilées, mais lors de son lancement on demandait aux fans ce qu’il y goûtaient. Le tout pouvait être entré sur le site web de la distillerie. Un jeu amusant quoi.

Comme le disait si bien Morpheus:

Je ne peux que te montrer la porte, c’est à toi qu’il appartient de la franchir…

Nez:
Plus discret que ce à quoi je m’attendais, sur de sublimes notes de miel, de bois et de gingembre. Orge, vanille et fleurs. Citron et caramel.

Bouche:
Belle texture huileuse qui ouvre la porte au miel crémeux, à la pomme Granny Smith, à la vanille, aux épices et au chêne.

Finale:
Sucrée, fruitée, longue et agréable, à peine fumée.

Équilibre:
Un autre NAS à succès de Glenlivet. Un beau produit avec une facture qui plaît à tous nos sens sauf à notre portefeuille.

Note:

#431 • Macallan 12 ans Double Cask

Macallan 12 Double Cask

40% alc./vol.
Distillerie Macallan, Craigellachie, Speyside, Écosse

Son passage aux No-Age Statement s’étant heurté à beaucoup de critiques de la part des amateurs de scotch, on assiste ici à un retour aux sources pour Macallan avec une nouvelle expression, le 12 ans Double Cask.

C’est un assemblage de fûts de chêne américain et espagnol, tous deux ayant contenu du xérès. La proportion de chêne américain est légèrement supérieure, mais soyez assurés que le tout a été soigneusement vieilli pendant au moins 12 ans.

Comme le disait si bien le célèbre astronome bavarois Johannes Kepler (1571-1630):

Un enfant prodige est un enfant dont les parents ont beaucoup d’imagination.

Doré assez léger rappelant le Macallan Gold.

Nez:
Orge, malt, miel, vanille et fleurs blanches. L’influence du xéres y est, mais bien plus discrète que dans les autres embouteillages agés de la distillerie. Une fois reposé, le caramel, les fruits secs et le toffee se révèlent.

Bouche:
Miel, vanille et sherry épicé, quoique légèrement timide. Assez frais mais pas jeune. Le vieillissement est bien contrôlé. Le bois et le caramel arrivent dès la seconde gorgée.

Finale:
Chaude et épicée, elle nous offre une longueur raisonnable. Notes de bois sec, de sherry et de vanille. Pointe de cacao.

Équilibre:
Le retour de l’enfant prodige. Bien que la distillerie revient enfin avec une mention d’âge sur la bouteille, Macallan reste Macallan, donc son prix est fixé en conséquence.

Note:

#421 • Aberfeldy 16 ans

40% alc./vol.
Distillerie Aberfeldy, Aberfeldy, Highlands, Écosse

Et voici un beau single malt auquel j’ai goûté lors d’une soirée embrumée du Festival des Spiritueux du Nouveau-Brunswick il y a deux ans, le Aberfeldy 16 ans!

La distillerie Aberfeldy n’embouteille du single malt sous son nom que depuis 1999, produisant auparavant exclusivement pour les blends de Dewar’s depuis sa fondation par John Dewar & Sons en 1896. Une vraie honte! Heureusement qu’on peut aujourd’hui profiter de ces single malts qui sont des plus mielleux de l’industrie.

Comme le disait si bien le physicien, géologue et naturaliste genevois Horace-Bénédict de Saussure, considéré comme l’un des fondateurs de l’alpinisme (1740-1799):

Ceux qui ont une foi excessive dans leurs idées ne sont pas bien armés pour faire des découvertes.

Nez:
Malt et vanille mielleuse, très proche de son petit frère de 12 ans, même la bouteille peut porter à confusion. Quelques fruits et fleurs.

Bouche:
Légèrement fade mais doux. Encore vanille et miel en puissance, mais son long sommeil et fût lui donne un petit punch épicé.

Finale:
D’une durée plutôt moyenne mais plaisante, portée sur le bois et les épices.

Équilibre:
Très bon, quoiqu’un peu surfait. Le 12 ans fait superbement la job, et pour juste $50 en plus!

Note:

#415 • Old Particular Craigellachie 18 ans

Old Particular Craigellachie 18 ans

48.4% alc./vol.
Distillerie Craigellachie, Craigellachie, Speyside, Écosse

La SAQ Signature a le don parfois de mettre la main sur des séries d’embouteillages vieux et particuliers. Dans les dernières années, on a eu droit entre autres à cette belle gamme de l’embouteilleur indépendant Douglas Laing, la série Old Particular.

Plus souvent qu’autrement assez chers pour nous faire hésiter un peu avant d’acheter, on peut toutefois dans les succursales SAQ Signature goûter certains de ces produits si on le demande gentiment. Ce que j’ai fait.

Ce malt est un Craigellachie 18 ans, distillé en novembre 1995, embouteillé en août 2014 depuis le fût de xérès #DL10419, pour un rendu final de seulement 252 bouteilles.

Comme le disait si bien le théologien français Pierre François Le Courayer, de l’expression « arrête de courayer » (1681-1776):

Dieu a dû chier le monde un jour pour se guérir d’une colique.

Beau doré alléchant.

Nez:
Douces effluves de xérès. Raisins, dattes et muscade. Pour ce nez très adouci et timide, on doit s’armer de patience.

Bouche:
Sucre d’orge, poivre, vanille et miel se transforment vite en raisins, pruneaux et poivre de cayenne. L’astringence du sherry fait surface.

Finale:
Fût de xérès en feu. Cannelle, muscade, gingembre, raisins, tabac à pipe.

Équilibre:
Je dirais normalement légèrement hors de prix, mais dans ce cas-ci, c’est un sherry bomb comme j’en ai rarement vu.

Note:

#414 • Gordon & MacPhail Mortlach 15 ans

G&M Mortlach 15 ans

46% alc./vol.
Distillerie Mortlach, Dufftown, Speyside, Écosse

La distillerie Mortlach destine la plus grande partie de sa production aux blends Johnnie Walker.

Quelques embouteillages single malt officiels sont disponibles, mais il ne faut pas passer sous silence certaines expressions d’embouteilleurs indépendants comme ce Gordon & MacPhail Mortlach 15 ans.

C’est un malt qui a vieilli en fûts de xérès de premier et de deuxième remplissage.

Comme le disait si bien mon chum de brosse Churchill (1874-1965):

Un fonctionnaire qui reconnaît son inutilité est un fonctionnaire qui mérite notre respect.

Ambre classique avec des jambes grasses et rapides.

Nez:
Xérès et orange sanguine nous sautent au nez, suivi d’épices, de pruneaux et de beau malt grillé. On ne peut plus alléchant.

Bouche:
Plutôt léger à l’atterissage, on s’attendrait à un poids et à une richesse supérieures pour un whisky vieilli 15 ans en fût de sherry. On apprécie tout de même sans grogner la vanille et les épices du chêne, des fruits séchés et une touche de gingembre.

Finale:
Épices astringentes du sherry nous accompagnent pour une douce déscente sur une planche de chêne vers une couverture réconfortante, douce et sucrée.

Équilibre:
Un très respectable sherry cask, provenant d’une distillerie qu’on ne voit, grâce à Diageo, malheureusement pas assez.

Note:

#410 • Signatory Vintage Imperial 19 ans 1995

Signatory Imperial 19 ans

54.6% alc./vol.
Distillerie Imperial, Carron, Moray, Speyside, Écosse

Je ne raterai jamais une occasion de remercier Québec Whisky pour les découvertes qu’on ne ferait jamais sans eux. Ici on goûte à un embouteillage indépendant d’une distillerie fermée depuis 1998, le Signatory Vintage Imperial 19 ans 1995. Ce n’est quand même pas quelque chose qui passe à tous les jours.

Ce lot a été distillé le 21 août 1995, embouteillé le 06 mars 2015 depuis le fût #50164, et nous avons en main la bouteille #163 de 273.

Située non loin du village d’Aberlour, la construction d’Imperial débuta en 1897, année du Jubilé de diamant de la reine Victoria, d’où le nom choisi pour la distillerie.

Comme bien des distilleries de son époque, Imperial fût victime de fermetures et de réouvertures répétées jusqu’à sa fermeture définitive en 1998. Elle appartient depuis 2005 au groupe Chivas Brothers. Aucune nouvelle quant à un possible réouverture mais bon, on ne sait jamais!

Comme le disait si bien le chanteur baryton russe, lauréat du Prix de l’Artiste du Peuple de la RSFSR, Éduard Anatolievitch Khil, ou Monsieur Trololo (1934-2012):

Yé yé yé yé yé, yé yé yé, yé yé yé, ha ha ha ha ha…

Ambre ultraléger, quoiqu’un peu fade.

Nez:
Orge et chêne au départ, suivi d’un peu de miel, de crème et de vanille. Caramel au beurre? Noix.

Bouche:
Encore crémeux et mielleux, bonbons au beurre, cannelle, vanille et bois de chêne. Délicieux. Jujubes?

Finale:
Longue et épicée, elle nous laisse avec une belle chaleur réconfortante. Un léger arrière-goût de pin amer vient cependant mettre une ombre au tableau. On revient ensuite rapidement sur des notes agréables de muscade, de cacao et d’amandes.

Équilibre:
Fort plaisant. Un remarquable exemple d’un embouteilleur qui fait une belle job. Quand même triste que la distillerie originale soit disparue.

Note: