#228 • SMWS G7.4 Girvan 28 ans

SMWS G7.4 Girvan

58.4% alc./vol.
Distillerie Girvan, Girvan, Lowlands, Écosse.

« Buttery waffles on polished wood. »

C’est le sobriquet que porte cet embouteillage de la Scotch Malt Whisky Society. La société de quoi?

La Scotch Malt Whisky Society, ou SMWS, est le plus grand club de whisky au monde, avec plus de 26 000 membres répartis dans 16 pays. Avec leurs racines au Royaume-Uni, ils sont tellement étendus qu’ils peuvent se permettre d’acheter des fûts de whisky et de les embouteiller afin de les vendre exclusivement à leurs membres.

Toujours des single casks, embouteillés cask strength, sans aucune mention de la distillerie, leurs expressions sont toujours très prisées et encensées. Bien que le pourcentage d’alcool et l’âge du whisky soient indiqués sur la mystérieuse bouteille, aucune mention de la distillerie d’origine ne s’y retrouve. Le seul indice de son origine est sous la forme d’un cryptique code impossible à déchiffrer à mois d’avoir accès à la légende appropriée.

La bouteille d’aujourd’hui est un whisky de grain, un Girvan de 28 ans d’âge.

Comme le disait si bien Josef Wenzel Ier (1696-1772), le prince souverain du Liechtenstein de 1712 à 1718 et de 1748 à 1772 :

Il faut croire que l’homme a voulu vivre en société, puisque la société existe, mais aussi, depuis qu’elle existe, l’homme emploie une bonne part de son énergie et de son astuce à lutter contre elle.

Légèrement ambré, paille foncée.

Nez:
Le fort taux d’alcool est pratiquement absent du nez, laissant place aux pommes, au caramel et aux épices. Céréales boisées, à peine, à peine, à peine florales. Un peu de toffee ferme le cercle.

Bouche:
Léger et huileux sur le palais. Sundae à la vanille avec un coulis de butterscotch. Extrêmement doux et raffiné pour un cask strength grain whisky. j’adore.

Finale:
S’étire doucement sur un genre de sucré-salé, qu’André a décrit à merveille avec son « beurre de pommes ». Pareil comme celui qui est servi avec le boudin noir du Pied Bleu.

Équilibre:
Mon whisky de grain favori à date. Je vois plus ou moins ici l’impact de ses 28 ans de maturation, mais l’important c’est que ça génère du bonheur dans la bouche.

Note:

#227 • SMWS G3.2 Caledonian 34 ans

SMWS G3.2 Caledonian

58.3% alc./vol.
Distillerie Caledonian, Édimbourg, Lowlands, Écosse.

« Walnut spelt bread with sunflower seeds. »

C’est le nom donné à cet embouteillage de la Scotch Malt Whisky Society. Mais que nous raconte t-il donc? Qu’est-ce donc que cette société secrète?

Originaire du Royaume-Uni, la Scotch Malt Whisky Society, ou SMWS, est, avec plus de 26 000 membres répartis dans 16 pays, le plus grand club de whisky au monde. Tellement grand qu’ils peuvent se permettre d’acheter des fûts de whisky et de les embouteiller afin de les vendre exclusivement à leurs membres.

Leurs embouteillages sont toujours très rarissimes et en nombre limité, provenant incontournablement de single casks et laissés à la force du fût. Bien que le pourcentage d’alcool et l’âge du whisky soient indiqués sur la mystérieuse bouteille, aucune mention de la distillerie d’origine ne s’y retrouve. Seul un énigmatique numéro, tel un code, représente son berceau. Pro-tip: voici une légende qui permet de décoder ces embouteillages cryptiques.

La bouteille d’aujourd’hui est un whisky de grain, un Caledonian de 34 ans d’âge.

Comme le disait si bien Calogrenant, chevalier de la Table Ronde et roi de Calédonie :

Quoi ? Vous voulez que j’humilie ma terre natale pour une connerie d’armure rouillée ?

Ambre riche et orange lourd.

Nez:
Blast d’alcool et de grain dès le coup de départ.Une fois accoutumé, on décèle un vent d’herbes et de pêches. Le choix du grain évoque un whisky plus « occidental », avec une douce vanille qui perce le rideau d’alcool à la fin. Caramel brûlé.

Bouche:
Juteux et huileux en bouche. Caramel salé et puissante vanille nous prennent d’assaut. Fruits des champs mélangés. Brioche sucrée de chez IKEA.

Finale:
Très concise. Rappelle un bourbon fort avec ses notes de grain effrontées et sa vanille omniprésente.

Équilibre:
Outre le respect pour son 34 ans, ceci reste un des plus grands whiskys de grain que j’aie goûté. Chaque goutte est vraiment à savourer avec doigté. Je serais curieux de blender ça…

Note:

#218 • Auchentoshan Valinch 2011

Auchentoshan Valinch 2011

57.5% alc./vol.
Distillerie Auchentoshan, Dalmuir, Lowlands, Écosse

Une autre mignonnette d’anniversaire a mordu la poussière pendant le temps des fêtes. Merci Pat, ça donne aujourd’hui jour à un article portant sur une autre expression cask strength, probablement la seule de cette distillerie des lowlands, le Auchentoshan Valinch 2011.

Ne portant pas non plus de mention d’âge, c’est une édition spéciale du Auchentoshan Classic (expression dont je vous parlerai une autre fois) avec comme pouvoir spécial le fait d’avoir été embouteillée à le force de fût, soit 57.5% d’alcool dans ce cas précis.

Le nom Valinch tire son origine bien sûr encore une fois du gaélique écossais. C’est le nom qu’on donnait à la pipette géante utilisée pour soutirer des échantillons de whisky à même le tonneau afin d’y goûter pour bien entendu déterminer s’il est prêt ou non.

Comme le disait si bien l’homme politique et joueur de polo français Mortimer Henri-Robert Fournier-Sarlovèze (1869-1937) :

Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations. Tenez, Judas, par exemple, il avait des amis irréprochables.

Or léger, entre un riesling et le Grand Condor.

Nez:
Surprenant par son entrée en matière composée de cerises et de mangues avec une touche de vernis à ongles. Herbe, fleurs et cassonade viennent compléter le portrait.

Bouche:
Encore de la mangue, avec cette fois-ci fleurs et caramel salé. On accélère avec orange, chêne et cannelle. Encore une fois, comme avec la plupart des expressions cask strength, il faut faire preuve de célérité avant que l’alcool nous rattrape. Gomme de sapin.

Finale:
Cerise, lime et poivre volent la vedette pour un temps, avant d’être remplacés par une longue traînée de muscade et de garam massala.

Équilibre:
Un vent de fraîcheur chez Auchentoshan. Plutôt rares sont les occasions où mettre en marché un embouteillage cask strength ne paie pas.

Note:

#178 • Auchentoshan 21 ans

Auchentoshan 21

43% alc./vol.
Distillerie Auchentoshan, Dalmuir, Lowlands, Écosse

Il semblerait que cette critique ait échappé au radar, mais le 3 février dernier, lors d’un accord bouffe-whisky au Bistro Taléa en compagnie de Iain McCallum et les joyeux lurons de Québec Whisky, le Auchentoshan 21 ans était le seul whisky de la soirée n’ayant pas passé sous ma loupe. Pourquoi une publication aussi tardive? Il semblerait qu’un simple et malheureux oubli ait été à l’origine de tout cela.

Avec 21 ans passés en fûts de sherry de second remplissage, cette expression est le fleuron de la gamme Auchentoshan.

Comme le disait si bien le joueur de cricket australien Charles George « Charlie » Macartney (1886-1958) :

Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices.

Sa teinte est d’un ambre riche et franc qui tire à fond sur le cuivre.

Nez:
Insolite. Extrêmement doux et mature à la fois. Un méli-mélo de raisins, de lozenge au citron, de feuille de tabac, de fleurs et de chocolat, le tout évoquant une douce barrique de xérès.

Bouche:
Corps sirupeux sur de belles notes de miel, de muscade, de cannelle et d’orange. Un beau couple de cassonade et de légère mélasse vient couronner le tout de manière on ne peut plus raffinée.

Finale:
Infime amertume et acidité agréable. Dattes et épices chaleureuses nous crient sherry.

Équilibre:
Personnellement, j’y trouve un tout petit manque de coeur au ventre, surtout à ce prix, mais dans son créneau il démontre une magnifique complexité. Le Highland Park 18 des Lowlands.

Note:

#138 • Dumbarton 46 ans (Vintage 1964)

Dumbarton 46 ans

47.3% alc./vol.
Distillerie Dumbarton, Dumbarton, Lowlands, Écosse

On débute l’énigmatique dégustation spéciale du Club de Scotch Whisky de Québec portant sur les distilleries disparues avec le doyen de la soirée, un embouteillage de Douglas Laing sous la marque Clan Denny, le Dumbarton 46 ans.

La distillerie Dumbarton fut construite en 1937 dans la ville du même nom et était à l’époque la plus grande en Écosse. Elle appartenait à George Ballantine & Son, une filiale de Hiram Walker, maîtres-à-penser derrière notre bon vieux Canadian Club, avant d’être démolie en 2002. Les dirigeants ont jugé que leur distillerie voisine Strathclyde, près de Glasgow, pouvait continuer à distiller le grain qui continue à servir pour le populaire blend Ballantine’s.

Comme le disait si bien autrefois la romancière brittanique J.K. Rowling:

Quarante-six ans ! Mots magiques. Sorte de graduation au seuil de la vie. Diplôme moral et physique qui doit ouvrir les routes de la réussite et du bonheur.

Couleur d’un ambre riche et doré rappelant certains whiskeys de maïs américains.

Nez:
Semble plutôt simple. Bourbon, chêne vanillé et petits fruits dans un sirop de maïs très sucré.

Bouche:
Vapeurs d’alcool assez fortes au départ, bien que le nez ne laissait rien présager de tel. Raisins blancs, touche de vanille. Cannelle et menthol avec des notes d’eau municipale non-filtrée vers la fin.

Finale:
Quand même chaude, à la hauteur de son taux d’alcool. De faibles vagues d’amande et de noisette sont rapidement étouffées par une avalanche désagréable de poussière de pierre. On croirait que le fût a été trop longtemps oublié au fond de l’entrepôt.

Équilibre:
Décevant pour un whisky de cet âge. Manque flagrant de complexité. Plutôt poche, surtout au prix demandé.

Note:

#050 • Auchentoshan Three Wood

Auchentoshan Three Wood

43% alc./vol.
Distillerie Auchentoshan, Dalmuir, Lowlands, Écosse

Scotch Whisky numéro deux de mardi dernier avec Iain McCallum et les joyeux lurons de Québec Whisky, le Auchentoshan Three Wood. Pourquoi trois bois? Non Steve, ce n’est pas un jeu de mots sur le golf, c’est une question de maturation.

Une belle grosse maturation juteuse de 12 ans répartie dans trois fûts différents: dix ans ex-bourbon américain, un an ex-sherry oloroso et une dernière année dans des tonneaux ayant contenu du sherry pedro ximénez. Au premier coup d’oeil ça peut paraître effrayant, chaotique même, mais restez assurés que ça ne fait qu’enrichir le caractère unique de cette expression.

Visuellement il est plus roux foncé que le 12 ans. C’est maintenant qu’on va vérifier si le dicton qui dit que les roux n’ont pas d’âme est fondé…

Nez:
Chocolat à l’orange, raisins, feuilles de tabac. Unique. Acidité plaisante.

Bouche:
Vanille et sherry surplombent des épices mordantes. Caractère hyper boisé. On hésite à l’avaler pour le garder en bouche encore un tout petit peu…

Finale:
Tous plein de petits fruits. Chaud et apaisant sur la pente douce. Du réconfort en liquide.

Équilibre:
Une très nette coche au-dessus de son homonyme de l’article précédent. En guise de conclusion, je vous rapporte ces paroles que m’a confiées Tiger Woods lors de ma dernière visite à son chalet manitobain:

Trois marmites, grande fête ; trois femmes, tempête.

Note finale: