#399 • Teacher’s Highland Cream

Teacher Highland Cream

40% alc./vol.
Produit à Glasgow, Écosse, par Beam Suntory.

Aujourd’hui on craque une bouteille d’un blend bien connu mondialement, ayant scoré 90 dans la Jim Murray Whisky Bible (on sait ce que ça vaut), le Teacher’s Highland Cream.

Teacher’s Highland Cream est une marque de blended Scotch produite à Glasgow par Beam Suntory, qui en tour appartient aux japonais de Suntory Holdings, Osaka, Japon. C’est une marque qui fut déposée en 1884, bien que la bouteille mentionne « est. 1830 ». C’est parce que 1830 représente l’année que les fondateurs de Teacher’s se sont lancés dans la production de whisky plutôt que la date de la création de la marque.

Il est affirmé que le Teacher’s utilise du malt tourbé provenant de la distillerie Ardmore, ainsi que plus de 30 single malts différents, dans diverses proportions. On dit même que la majorité de la production d’Ardmore est destinée à la marque Teacher’s.

Comme le disait si bien l’alpiniste polonais Artur Hajzer (1962-2013):

Si tu ne réussis jamais rien du premier coup, n’essaie pas le saut en parachute.

Teinte dorée un peu dénaturée.

Nez:
Un léger voile d’alcool pas trop agressant révèle une timide céréale au beurre. Les arômes sont tellement fins (ou fades?) qu’il est très difficile de tout déceler. Miel & noix?

Bouche:
Très doux et sucré. Crème au beurre, léger miel, herbe et fleurs. Pastille rouge et blanche, menthe poivrée de Noël.

Finale:
Une traînée de crème et de miel reste sur une planche de chêne trempée dans de l’alcool à friction. La plus voilée des fumées tente une sortie à la tombée du rideau.

Équilibre:
Quand même honnête, surtout pour son prix. Malgré qu’après y avoir goûté, d’appeler ça la « crème des Highlands » c’est pousser un peu le bouchon…

Note:

#383 • Douglas Laing Scallywag

Douglas Laing Scallywag

46% alc./vol.
Douglas Laing, Glasgow, Lowlands, Écosse.

Un p’tit blend pour continuer la semaine?

Établi en 1948, Douglas Laing & Co est un embouteilleur indépendant avec ses racines à Glasgow qui a produit des séries reconnues telles que Provenance, Old Particular, Clan Denny et Big Peat.

La bouteille à laquelle on s’intéresse aujourd’hui est le Scallywag, un assemblage à haute teneur en fûts de xérès provenant entre autres de grandes distilleries comme Glenrothes, Mortlach et Macallan. Couplé à un degré d’alcool de 46%, on est en droit de s’attendre à une recette gagnante.

Comme le disait si bien le marin écossais William McMaster Murdoch, premier officier du Titanic (1873-1912):

Le chien aime passionnément les odeurs fétides. Si le chien est fidèle à l’homme, ça doit être parce que l’homme pue.

Extrêmement vif sur la robe, or étincelant un peu trouble.

Nez:
Belle influence du fût de sherry. Raisins, pruneaux, dattes, chêne et feuille de tabac. Au second nez, la vanille florale et le miel du bourbon cask nous fait agréablement sursauter.

Bouche:
Crème brûlée, vanille, miel, bois, épices, touche de boucane de cuir. Beau poids du xérès sur la langue.

Finale:
Sucre fumé, la céréale fait surface ici, sur une planche de chêne un peu délavée.

Équilibre:
Un blend sacrément bien construit, dans lequel personne ne vole la vedette. Superbe amalgame du bourbon et du xérès.

Note:

#381 • Tweedale 12 ans Batch 3

Tweedale 12

46% alc./vol.
R&B Distillers, Édimbourg, Lowlands, Écosse.

Il est parfois bon de s’attarder à des produits moins connus, on fait à l’occasion de belles découvertes. Cette fois-ci c’est sur le blend Tweedale que nous sommes tombés.

C’est une nouvelle édition d’un blend qui était disparu depuis de nombreuses années, tout en se basant sur la recette ancestrale de l’arrière-grand-père d’Alasdair Day, un des fondateurs de R&B Distillers.

Dans cet assemblage de 50% de whiskys de malt et 50% de whiskys de grain, le plus jeune des whiskys inclus est un 12 ans d’âge, bien que les producteurs nous assurent qu’il y en a des bien plus vieux que ça…

Comme le disait si bien l’acteur anglais Thomas Stewart « Tom » Baker, mieux connu pour son interprétation du quatrième docteur, de 1974 à 1981, dans la série Doctor Who (1934-):

Il n’y a aucun intérêt à être adulte si on ne peut pas se comporter comme un enfant de temps en temps.

Pinot grigio en puissance à l’oeil.

Nez:
Un tranchant d’alcool nous assaille au début, rapidement remplacé par le malt et les poires, accentués de citronnelle et de gingembre moulu. On revient en fin de nez sur des gros grains d’orge bien juteux. Doux, approchable et complexe à la fois.

Bouche:
Miel et purée de pommes. Raisins, planche de chêne, épices et chocolat noir. Fortes caractéristiques du fût de xérès. Un pur délice.

Finale:
Plutôt courte, mais crémeuse à souhait. Notes fantômatiques de raisins secs, de chocolat et de malt grillé.

Équilibre:
Un excellent blend aussi bien qu’un remarquable exemple à suivre pour bien des blenders.

Note:

#360 • Johnnie Walker Explorer’s Club – The Spice Road

Johnnie Walker The Spice Road

40% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

L’été dernier, chez Québec Whisky, on a eu droit à une dégustation sous le signe des grands explorateurs. Des whiskys qui auraient plu à Indiana Jones.

Johnnie Walker a mis en marché en 2015 une collection thématique exclusive aux grands voyageurs des boutique hors-taxes. La collection Explorer’s Club comprend quatre embouteillages, dont celui d’aujourd’hui, un hommage aux marchés d’épices sur les vieilles routes mercantiles traversant l’Inde et la Chine empruntées par les premiers ambassadeurs des whiskys de John Walker & Sons, le Johnnie Walker Explorer’s Club – The Spice Road.

Il est de mise ici de réciter la litanie contre la peur du Bene Gesserit:

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

Cannelle riche et dorée tel qu’on imagine le Mélange.

Nez:
Caramel, vanille et onctueux toffee. Dattes et raisins secs dévoilant une vérité ou deux sur son fût d’origine. Chêne et chocolat noir, un brin de fleur de sel.

Bouche:
Céréales juteuses à souhait. Toffee, orange et chocolat. Raisins, dattes et caramel épicé. Une exquise symphonie.

Finale:
Moyennement longue et chaude, sur des notes de muscade, de raisins et de chocolat noir. On reste sur le chêne, les pruneaux, les fruits secs et un peu de cannelle. Impression d’un gâteau Reine Elizabeth.

Équilibre:
Un Johnnie Walker d’une grande finesse, provenant de fûts d’une rare qualité. Kull Wahad!

Note:

#352 • Arran Robert Burns Blended Scotch Whisky

40% alc./vol.
Distillerie Arran, Lochranza, Île d’Arran, Écosse

On continue à rattraper notre retard de dégustation avec cet échantillon d’une dégustation de Québec Whisky de l’an dernier, le Arran Robert Burns Blended Scotch Whisky.

Arran a élaboré ce blend en l’honneur du poète écossais Robert Burns, le « fils préféré de l’Écosse », et est même endossé par la World Burns Federation.

Comme le disait si bien ce dernier:

Il suffit d’un gramme de merde pour gâcher un kilo de caviar, alors qu’un gramme de caviar n’améliore en rien un kilo de merde.

Relativement jaune-vert, sur des jeunes tons entre citrouille et moutarde.

Nez:
Belle fougue et fraîcheur au nez, sur des accents marqués de malt et de poire, de citron avec un brin de fines herbes et de gingembre. Au deuxième nez l’orge grillée l’emporte haut la main.

Bouche:
Miel et citron sur épices et malt sucré. D’une grande mais maladroite légèreté, on reste tout de même sur de fortes notes de pommes vertes.

Finale:
Moyennement longue avec un certain manque de caractère. La complexité se fait vraiment remarquer par son absence.

Équilibre:
Un bon choix pour débuter la soirée, bien des néophytes vont tomber en amour avec, mais il faut avoir la persévérance d’aller un peu plus de l’avant.

Note:

#337 • Grand Old Parr 12 ans

Grand Old Parr 12 ans

40% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

L’expression d’aujourd’hui est un blend produit par Diageo, mais qui n’est plus distribué au Royaume-Uni depuis les années 80. De nos jours on le retrouve plutôt dans les marchés d’exportation, en particulier le Japon, le Mexique et la Colombie.

C’est de ce dernier pays que mon collègue Pacho, que je remercie au passage, m’a ramené une bouteille du blend qui détient 52% du marché du scotch local, le Grand Old Parr 12 ans.

Introduit en 1909, on l’appelle ainsi en l’honneur de Old Tom Parr, réputé à l’époque pour être l’homme le plus vieux de Bretagne. On dit même qu’il aurait vécu jusqu’à 152 ans! Avec un nom comme celui-là, personne ne pouvait douter de la maturité de ce scotch. On dit que le malt de Cragganmore serait un de ses principaux ingrédients.

Comme le disait justement Old Tom Parr, de son vrai nom Thomas Parr (1483-1635):

Brûlez de vieux bois, buvez de vieux whiskys, lisez de vieux livres, ayez de vieux amis.

Coucher de soleil ambré.

Nez:
Vanille, caramel écossais, crème anglaise et miel. Orge et cuir viennent compléter le tableau. Un assemblage fortement réussi.

Bouche:
Cuir et miel, orge et crème, citron et vanille, meringue et chêne. Très complexe et bien construit.

Finale:
Vanille et épices. Une douce chaleur reste avec nous sur de timides notes de cuir fumé. Les touches du whisky de grain ressortent ici.

Équilibre:
Un brillant exemple d’un blend réussi. Pas arrogant, ni présomptueux. Comme j’ai toujours dit, quand un blender passe autant de temps et d’effort sur un assemblage, ça doit bien valoir quelque chose.

Note: