#126 • Compass Box the Peat Monster

Peat Monster

46% alc./vol.
Compass Box, Londres, Angleterre

Fondée en 2000 par John Glaser, un ancien de chez Johnnie Walker, Compass Box n’est pas une distillerie en tant que tel, mais plutôt un embouteilleur indépendant. Ils achètent des malts et des whiskys de grain un peu partout en écosse, en produisent des blends qu’ils font souvent ensuite vieillir un peu plus avant de les embouteiller et de les vendre.

Le Peat Monster est une de leurs expressions les plus tourbées. Son étiquette arbore un espèce de monstre, on dirait un étrange croisement entre Cthulhu, un Beholder et le Flying Spaghetti Monster. Compass Box demeure toutefois très discret quant à la provenance des whiskys qui composent ce blend. Tout ce qu’ils ont bien voulu dire, c’est qu’il contient du Ardmore et deux whiskys de l’Islay; l’un de quelque part autour de Port Askaig et l’autre de la côte sud de l’ile. Le tout vieilli dans un mélange de fûts de chêne américain et d’ex-barriques de bourbon.

Comme le disait de derrière sa grosse moustache le philosophe allemand Friedrich Nietzsche:

Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l’abysse, l’abysse le scrute à son tour.

D’une couleur plus pâle que de la paille, on jurerait pratiquement un vin blanc.

Nez:
Vanille, fruits et bacon. Pommes, beurre, amandes fumées et chardonnay. Quand on s’y attarde, une touche d’iode tente un échappé.

Bouche:
Bon malt. Pommes, miel et épices. Vanille, poivre et sel avec un tout petit peu de tourbe.

Finale:
Belle fumée de tourbe et de copeaux de chêne. Menthe et raisins complètent le tout sur un fond de cacao.

Équilibre:
Vraiment intriguant. Mais de là à l’appeler « monstre », on repassera. C’est tout de même bon et ça se déguste bien, mais je crie au scandale pour fausse représentation…

Note:

#107 • Johnnie Walker Red Label

JW Red Label

40% alc./vol.
Groupe Diageo, Kilmarnock, Ayrshire, Écosse

Plusieurs raisons m’ont poussé à y aller cette fois pour une critique du blend le plus vendu au monde, le cocktail mixer parfait, le Johnnie Walker Red Label.

Premièrement j’en ai pris deux verres la semaine dernière au mariage de mon collègue Harpy, que je félicite et que je salue d’ailleurs. Deuxièmement la mignonette est juste $3.40 en SAQ. Troisièmement je peux faire coïncider cette critique avec la critique communautaire virtuelle de r/scotch de cette semaine.

Bien que le Black Label est selon certains le whisky que préférait mon grand chummy Winston Churchill, beaucoup d’historiens se spécialisant dans ce singulier personnage affirment plutôt que mon bien-aimé Winston Spencer se faisait un beau cocktail à base de Red tous les matins, mix que sa fille appelait affectueusement le Papa Cocktail. Il s’agissait d’un fond de Red Label surplombé de beaucoup d’eau. Leonard tétait ce drink jusqu’à midi tout en dirigeant un empire britannique en guerre.

Et vu qu’il se retourne sûrement dans sa tombe en nous entendant parler de lui ainsi, il aurait dit en pareilles circonstances:

Le secret de ma vitalité ? Je n’ai dans le sang que des globules rouges : l’alcool a tué depuis belle lurette tous mes globules blancs…

Je lève mon verre au soleil devant le lac et j’admire sa couleur d’un cuivre sombre et profond, voire même bruni.

Nez:
Toffee sec et brûlé souligné par l’influence du grain. Notes de cuir fumé avec une touche de pomme. Ça m’évoque un peu de l’asphalte ou bien un parfum cheap.

Bouche:
Juteux à souhait. Sucré avec un côté vanille hyper présent. Les céréales sont toutefois au rendez-vous, mais le sucre est tellement épais que ça lui coûte quelques points.

Finale:
Trop courte avec une infime vague de fumée qui accompagne un aspect malté présent à l’arrière-plan depuis le tout début.

Équilibre:
C’est parfois bon de laisser une chance au coureur. Ce JW n’est pas bon que pour les cocktails.

Note: