#028 • Chivas Regal 12 ans

Chivas Regal 12

40% alc./vol.
Chivas Brothers, Keith, Speyside, Écosse

Que d’émotions et de montagnes russes dans l’univers de la dégustation de whisky, après avoir goûté à une bouteille dans les quatre chiffres, je reviens à la base de la fameuse pyramide, avec le blended whisky le plus vendu au monde, le Chivas Regal 12 ans. Remarquez comme mon côté méfiant m’a fait acheter une mini-bouteille…

Les frères John et James Chivas ont commencé par fonder une épicerie au début des années 1800, et ont rapidement décidé de créer leur propre mélange de whisky pour répondre à la demande de leurs clients. Mélange car on parle bien d’un blend, c’est-à-dire qu’il est composé de plein de whiskys achetés de distilleries différentes et dosés avec minutie pour produire le résultat souhaité.

On dit même que le Chivas aurait été le whisky préféré de Frank Sinatra et de Tom Waits. Ont-ils du goût? C’est le moment de s’en assurer.

Nez:
La couleur d’un ambre léger le rend très alléchant. Au nez il est boisé, vanillé. Ça m’évoque la pomme de tire d’Expo Québec derrière un voile d’épices. Il finit par s’ouvrir sur une touche de décapant à saveur de mûres. Chaotique mais étrangement tentant.

Bouche:
Tout de suite lorsqu’il me tombe sur la langue il me remémore avec violence ces paroles de Lyne la pas fine:

C’est pas que c’est pas bon… C’est juste dénué de saveur. J’vais me faire un sandwich à la place.

Je le tourne et le retourne en bouche quelques secondes pour enfin trouver quelque chose. Petits fruits, chêne sucré et savonneux, rien de grandiose. Tombe un peu à plat, surtout comparé au nez.

Finale:
Menthe sucrée, chêne grillé. Excessivement succincte et je ne m’en plains pas.

Équilibre:
Chute vertigineuse. Le nez m’a fait oublier tout préjugé que j’aurais pu avoir, mais la dure réalité m’a giflé lors de l’arrivée en bouche. En plus avec sa brève finale, je comprends pourquoi ils en ont jeté 6000 gallons dans les égoûts la semaine dernière. Une chance qu’ils produisent d’autres expressions plus agées qui sont saluées par la critique, tout n’est pas perdu. Mais aujourd’hui pour 20$ de moins je recommande à la place un blend canadien de qualité supérieure au service de Sa Majesté, Crown Royal bien entendu.

Note:

#027 • Macallan 20 ans Masters of Photography édition Albert Watson

Macallan 20 Masters of Photography

43% alc./vol.
Distillerie Macallan, Craigellachie, Speyside, Écosse

En fin de soirée le 21 février dernier, une surprise nous était réservée… Un Macallan 20 ans Masters of Photography édition Albert Watson, une bouteille à 1000$. Je vois déjà Marc-André capoter avec la pyramide.

Un superbe emballage contenant aussi une série de sublimes prises de vue par le photographe Albert Watson. Plein de trucs que j’aurais bien volontiers fait encadrer. Plein de valeur ajoutée. Macallan voulait probablement faire un parallèle entre atteindre ce niveau de perfection artistique avec cette expression et avec la recherche photographique de Watson.

Le contenu est-il supérieur au contenant? Comme dirait Bruce Lee:

Let’s find out!

Essayons de ne pas nous laisser influencer par la valeur marchande de la bouteille…

Macallan Photos

Nez:
Cognac et raisin. Chêne chêne chêne, le tannin du fût est ultra-présent.

Bouche:
Énormément ample et chaleureux. Boisé et vanillé. Délicieux mais pas fait pour tout le monde.

Finale:
Plaisant, long et épicé à souhait.

Équilibre:
Excellent whisky, mais qui a une somme pareille à consacrer à une bouteille? J’y donne tout de même un 9 sur 10, mais est-ce une note influencée par le prix de la bouteille? Je vais citer le narrateur dans Conan le Barbare:

Mais ceci… est une autre histoire…

Note: