#456 • Isle of Jura Boutique Barrels 1995 Sauternes Finish Cask #8

jura boutique barrels 1995

58.9% alc./vol.
Distillerie Jura, Île de Jura, Écosse

Un autre embouteillage spécial, venant cette fois-ci de la distillerie de l’île de Jura, un single malt tiré d’un fût unique, donc évidemment à la force du fût, et affiné dans des fûts de sauternes, le Isle of Jura Boutique Barrels 1995 Sauternes Finish Cask #8.

C’est une édition limitée à 270 bouteilles, dont voici la 86e…

Comme le disait si bien le comte de Bucquoy, Charles-Bonaventure de Longueval (1571-1621):

Un cerveau vide est la boutique du diable.

Ambre orangé généreux.

Nez:
Sucre brun épicé, sauternes bien sûr, avec miel, menthe poivrée et fruits. De la bombe.

Bouche:
Caramel, fruits bien rouges, gingembre et chêne. Se marierait à merveille avec bien des chocolats.

Finale:
On sent la force de l’alcool, mais au lieu de nous combattre elle nous embrasse complètement. Le bois du fût et les épices nous font aisément tomber sous leur charme.

Équilibre:
Un beau coup de filet pour le KWM. La tragédie des meilleurs whiskies c’est que souvent on ne les reverra jamais.

Note:

#455 • J.P. Wiser’s Legacy

wiser legacy

45% alc./vol.
Hiram Walker & Sons Limited, Windsor, Ontario, Canada

Élaboré en 1857, J.P. Wiser’s est le plus vieux whisky canadien produit en continu. Bien que leur expression de base soit un des whiskys canadiens avec un des rapports qualité/prix les plus agressifs, on remarque tranquillement que ce précepte semble s’appliquer aussi au reste de la gamme.

Le « Legacy » est un hommage à J.P. Wiser lui-même, blend basé sur une des dernières recettes originales du fondateur. On parle d’une combinaison de seigle, de seigle malté et d’orge malté. On dit même que le Lot 40 aurait fait partie des ingrédients…

Comme le disait si bien le roi du Wessex et de tous les Anglo-Saxons, Alfred le Grand (848-899):

Si on te lave le dos, frotte-toi le ventre…

Belles grandes jambes langoureuses sur une toile de fond d’ambre généreux.

Nez:
Explosion de rye mentholé au départ. On poursuit avec un faible mais équilibré caramel, avec chêne, érable et pommes rouges. On fait volte-face ensuite sur un raz-de-marée de seigle.

Bouche:
Très crémeux au niveau de sa texture. Épices du rye, poivre blanc, pommes et chêne grillé. Vanille et clou de girofle. Tout-à-fait impressionnant.

Finale:
Relativement longue et bien poivrée de vanille, de bois et de pommes.

Équilibre:
Une grande réussite de Wiser’s, et un beau « statement » de qualité pour le whisky canadien. On espère que ce n’est pas un accident, car il vient se hisser tout près des meilleurs whiskys artisanaux. Profitez-en si vous en voyez, car il est maintenant remplacé par la gamme actuelle des Wisers, qui n’est pas piquée des vers non plus!

Note:

#454 • Glenlivet Single Cask 19 ans Delnabo

Glenlivet Delnabo 19

51.3% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

Glenlivet a l’agréable habitude de nous sortir un bon Single Cask édition spéciale exclusif au Canada environ à tous les ans.

On goûte ici l’édition 2015, appelée « Delnabo » en l’honneur d’une vieille distillerie du même nom. Elle a été fondée en 1830 pour être rachetée peu après par George Smith. Il l’a fermée et transformée en ferme quand la construction de sa distillerie Glenlivet fut achevée en 1858.

Ce Single Cask, âgé de 19 ans, provient du fût #125995 et a été embouteillé le 06/07/2015.

Comme le disait si bien le cardinal Léger à sa servante:

Le luxe est une habitude qui se contracte facilement.

Jaune teinté d’un sépia un peu trouble.

Nez:
Miel et poires, gouttes de rosée et fruits des champs. Caramel et vanille. L’orge typique de Glenlivet se fait plus discrète au profit des autres éléments. L’alcool se fait presque invisible à cette étape.

Bouche:
Avalanche de fruits frais dans un sirop épais. Chêne, pommes et poires, épices endiablées. Pointe de cuir à la fin.

Finale:
Les épices et le taux d’alcool nous transportent longtemps sur une planche de chêne sèche.

Équilibre:
Un autre bon coup de Glenlivet dans cette nouvelle ère des whiskies trop chers pour leur absence de mention d’âge. Bon, il n’est pas donné lui non plus, mais même une coche en-dessous du Tomnabat Hill, c’est un embouteillage crissement solide.

Note:

#453 • SMWS 29.165 Laphroaig 20 ans

SMWS 29.165 Laphroaig 29 ans

57.4% alc./vol.
Distillerie Laphroaig, Port Ellen, Islay, Écosse

« Cigar-smoking, perfumed nurse ».

Un autre embouteillage de la SMWS nous est présenté ici avec cet excellent Laphroaig de 20 ans d’âge, portant la mention « Une infirmière parfumée qui fume le cigare »…

Il a été distillé le 4 avril 1995 et vieilli en ex-fûts de bourbon, pour un rendu de 214 bouteilles.

Si vous ne connaissez pas la SMWS vous pouvez continuer à lire. Si vous désirez immédiatement passer à la consommation de la critique de cette bouteille, veuillez sauter les deux prochains paragraphes.

La Scotch Malt Whisky Society, ou SMWS, est le plus grand club de whisky au monde, avec plus de 26 000 membres répartis dans 16 pays. Avec leurs racines au Royaume-Uni, ils sont tellement étendus qu’ils peuvent se permettre d’acheter des fûts de whisky et de les embouteiller afin de les vendre exclusivement à leurs membres.

Toujours des single casks, embouteillés cask strength, sans aucune mention de la distillerie, leurs expressions sont toujours très prisées et encensées. Bien que le pourcentage d’alcool et l’âge du whisky soient indiqués sur la mystérieuse bouteille, aucune mention de la distillerie d’origine ne s’y retrouve. Le seul indice de son origine est sous la forme d’un cryptique code impossible à déchiffrer à mois d’avoir accès à la légende appropriée.

Comme le disait si bien l’homme politique américain William Shippen, sr (1712-1801):

Certes, l’argent n’achète pas la santé, mais vous pouvez au moins vous offrir de jolies infirmières pour la faire revenir.

Le chardonnay des fûts de bourbon.

Nez:
Tourbe fruitée, agrumes et vanille, citron, herbe et terre humide. Pansements et cendre. Saisissant.

Bouche:
Tourbe, sel et citron. Chêne et épices chaudes. Des agrumes continuent le party avec vanille, fumée et retour du sel.

Finale:
Curieusement douce pour un peated à ce degré d’alcool. La tourbe se fait un peu moins voir pour laisser place au sel et au citron.

Équilibre:
Un dram tout en beauté, un Laphroaig qu’on pourrait même qualifier d’épique. Je vais ramener Patrick à l’ordre et mettre cet embouteillage dans la catégorie « Rhapsody », parce que, pour bien des raisons que nous n’énumèrerons pas ici, S&M est malheureusement un exemple maladroit de métal symphonique.

Note:

#452 • W. Premiers Special Reserve

W Premiers Special Reserve

40% alc./vol.
W.Premiers, Barcelone, ​​Espagne

On visite ici un p’tit dram un peu fucké. On sait que ça vient d’Espagne, ça se dit un Blended Whisky d’exception, mais la rumeur dit que ça serait un mélange de 70% de blended scotch douteux et de 30% de whisky canadien probablement tout aussi douteux.

Pis tant qu’à être dans le douteux, les seules informations que j’ai pu glaner sur le web au sujet de cet embouteillage proviennent de sites louches tchèques ou hongrois, qui nécessitent l’usage de Google pour voir que leur prix à la bouteille de 208 couronnes tchèques équivaut à 12 dollars canadiens.

Merci à Pat qui a déniché je ne sais trop dans quel dépanneur de voyage cet échantillon.

Comme le disait si bien le réalisateur, photographe, scénariste et producteur américain Stanley Kubrick (1928-1999):

Des fois on croit qu’on tourne une merde et c’est un chef-d’oeuvre. Des fois on croit qu’on tourne une merde, et c’est une merde.

Malt ambré très général.

Nez:
Vague d’alcool devant un souffle de café latte et de chocolat blanc. Quand même bien. Un peu de vanille et de caramel, rien pour chier par terre.

Bouche:
Texture très insipide et unidimensionnelle. Noix, vanille et caramel. Choco-noisette. Me rappelle curieurement les genres d’imitations marbrées de Nutella européennes.

Finale:
Assez courte, peu d’épices, peu de céréales, beaucoup trop de sucre.

Équilibre:
Je ne sais pas trop comment ils en sont arrivés à ce résultat insolite, mais on dirait presque que ce n’est pas vraiment un whisky, un peu comme le After Dark indien.

Note:

#451 • Glen Garioch Virgin Oak

Glen Garioch Virgin Oak

48% alc./vol.
Distillerie Glen Garioch, Oldmeldrum, Highlands, Écosse

Un p’tit Glen Geery pour continuer la lancée? En tout cas, c’est comme ça qu’il faut prononcer le highlander Glen Garioch.

Dans ce cas-ci, Glen Garioch a utilisé pour la maturation des barils de chêne blanc américain qui n’ont jamais au grand jamais servi, d’où l’appellation « virgin » oak. C’est un peu la mode ces temps-ci d’utiliser de tels tonneaux, dans l’espoir d’impartir une saveur plus robuste à ces malts. Malheureusement ça ne se prête pas à toutes les expressions…

Comme le disait si bien le journaliste pacifiste italien et patriote de l’Unité, lauréat du Prix Nobel de la paix en 1907, Ernesto Teodoro Moneta (1833-1918):

Si un homme change de femme, c’est afin de trouver chez la nouvelle une oreille vierge pour ses histoires.

Ambre presque brun orné de délicates jambes. Bon taux d’alcool malgré que l’influence du fût soit difficilement discernable à l’oeil nu.

Nez:
Somme toute pas déplaisant. Céréales, pommes, chêne sec, épices, avec une pointe de vanille pour bien représenter l’origine de son baril.

Bouche:
Miel sucré, fruits au sirop, un peu de caramel salé, malt grillé. Définitivement une belle surprise après un nez qui ne promettait pas les étoiles.

Finale:
D’une belle longueur, elle nous laisse sur un mélange de doux chocolat noir à l’orange et de Cheerios au miel et aux noix.

Équilibre:
On est peut-être loin des autres Glen Garioch, mais ça reste tout de même un petit single malt ui se défend bien. Mieux en tout cas que sa cousine Auchentoshan dans de pareilles conditions.

Note: