#454 • Glenlivet Single Cask 19 ans Delnabo

Glenlivet Delnabo 19

51.3% alc./vol.
Distillerie Glenlivet, Ballindalloch, Speyside, Écosse

Glenlivet a l’agréable habitude de nous sortir un bon Single Cask édition spéciale exclusif au Canada environ à tous les ans.

On goûte ici l’édition 2015, appelée « Delnabo » en l’honneur d’une vieille distillerie du même nom. Elle a été fondée en 1830 pour être rachetée peu après par George Smith. Il l’a fermée et transformée en ferme quand la construction de sa distillerie Glenlivet fut achevée en 1858.

Ce Single Cask, âgé de 19 ans, provient du fût #125995 et a été embouteillé le 06/07/2015.

Comme le disait si bien le cardinal Léger à sa servante:

Le luxe est une habitude qui se contracte facilement.

Jaune teinté d’un sépia un peu trouble.

Nez:
Miel et poires, gouttes de rosée et fruits des champs. Caramel et vanille. L’orge typique de Glenlivet se fait plus discrète au profit des autres éléments. L’alcool se fait presque invisible à cette étape.

Bouche:
Avalanche de fruits frais dans un sirop épais. Chêne, pommes et poires, épices endiablées. Pointe de cuir à la fin.

Finale:
Les épices et le taux d’alcool nous transportent longtemps sur une planche de chêne sèche.

Équilibre:
Un autre bon coup de Glenlivet dans cette nouvelle ère des whiskies trop chers pour leur absence de mention d’âge. Bon, il n’est pas donné lui non plus, mais même une coche en-dessous du Tomnabat Hill, c’est un embouteillage crissement solide.

Note:

#453 • SMWS 29.165 Laphroaig 20 ans

SMWS 29.165 Laphroaig 29 ans

57.4% alc./vol.
Distillerie Laphroaig, Port Ellen, Islay, Écosse

« Cigar-smoking, perfumed nurse ».

Un autre embouteillage de la SMWS nous est présenté ici avec cet excellent Laphroaig de 20 ans d’âge, portant la mention « Une infirmière parfumée qui fume le cigare »…

Il a été distillé le 4 avril 1995 et vieilli en ex-fûts de bourbon, pour un rendu de 214 bouteilles.

Si vous ne connaissez pas la SMWS vous pouvez continuer à lire. Si vous désirez immédiatement passer à la consommation de la critique de cette bouteille, veuillez sauter les deux prochains paragraphes.

La Scotch Malt Whisky Society, ou SMWS, est le plus grand club de whisky au monde, avec plus de 26 000 membres répartis dans 16 pays. Avec leurs racines au Royaume-Uni, ils sont tellement étendus qu’ils peuvent se permettre d’acheter des fûts de whisky et de les embouteiller afin de les vendre exclusivement à leurs membres.

Toujours des single casks, embouteillés cask strength, sans aucune mention de la distillerie, leurs expressions sont toujours très prisées et encensées. Bien que le pourcentage d’alcool et l’âge du whisky soient indiqués sur la mystérieuse bouteille, aucune mention de la distillerie d’origine ne s’y retrouve. Le seul indice de son origine est sous la forme d’un cryptique code impossible à déchiffrer à mois d’avoir accès à la légende appropriée.

Comme le disait si bien l’homme politique américain William Shippen, sr (1712-1801):

Certes, l’argent n’achète pas la santé, mais vous pouvez au moins vous offrir de jolies infirmières pour la faire revenir.

Le chardonnay des fûts de bourbon.

Nez:
Tourbe fruitée, agrumes et vanille, citron, herbe et terre humide. Pansements et cendre. Saisissant.

Bouche:
Tourbe, sel et citron. Chêne et épices chaudes. Des agrumes continuent le party avec vanille, fumée et retour du sel.

Finale:
Curieusement douce pour un peated à ce degré d’alcool. La tourbe se fait un peu moins voir pour laisser place au sel et au citron.

Équilibre:
Un dram tout en beauté, un Laphroaig qu’on pourrait même qualifier d’épique. Je vais ramener Patrick à l’ordre et mettre cet embouteillage dans la catégorie « Rhapsody », parce que, pour bien des raisons que nous n’énumèrerons pas ici, S&M est malheureusement un exemple maladroit de métal symphonique.

Note:

#452 • W. Premiers Special Reserve

W Premiers Special Reserve

40% alc./vol.
W.Premiers, Barcelone, ​​Espagne

On visite ici un p’tit dram un peu fucké. On sait que ça vient d’Espagne, ça se dit un Blended Whisky d’exception, mais la rumeur dit que ça serait un mélange de 70% de blended scotch douteux et de 30% de whisky canadien probablement tout aussi douteux.

Pis tant qu’à être dans le douteux, les seules informations que j’ai pu glaner sur le web au sujet de cet embouteillage proviennent de sites louches tchèques ou hongrois, qui nécessitent l’usage de Google pour voir que leur prix à la bouteille de 208 couronnes tchèques équivaut à 12 dollars canadiens.

Merci à Pat qui a déniché je ne sais trop dans quel dépanneur de voyage cet échantillon.

Comme le disait si bien le réalisateur, photographe, scénariste et producteur américain Stanley Kubrick (1928-1999):

Des fois on croit qu’on tourne une merde et c’est un chef-d’oeuvre. Des fois on croit qu’on tourne une merde, et c’est une merde.

Malt ambré très général.

Nez:
Vague d’alcool devant un souffle de café latte et de chocolat blanc. Quand même bien. Un peu de vanille et de caramel, rien pour chier par terre.

Bouche:
Texture très insipide et unidimensionnelle. Noix, vanille et caramel. Choco-noisette. Me rappelle curieurement les genres d’imitations marbrées de Nutella européennes.

Finale:
Assez courte, peu d’épices, peu de céréales, beaucoup trop de sucre.

Équilibre:
Je ne sais pas trop comment ils en sont arrivés à ce résultat insolite, mais on dirait presque que ce n’est pas vraiment un whisky, un peu comme le After Dark indien.

Note:

#451 • Glen Garioch Virgin Oak

Glen Garioch Virgin Oak

48% alc./vol.
Distillerie Glen Garioch, Oldmeldrum, Highlands, Écosse

Un p’tit Glen Geery pour continuer la lancée? En tout cas, c’est comme ça qu’il faut prononcer le highlander Glen Garioch.

Dans ce cas-ci, Glen Garioch a utilisé pour la maturation des barils de chêne blanc américain qui n’ont jamais au grand jamais servi, d’où l’appellation « virgin » oak. C’est un peu la mode ces temps-ci d’utiliser de tels tonneaux, dans l’espoir d’impartir une saveur plus robuste à ces malts. Malheureusement ça ne se prête pas à toutes les expressions…

Comme le disait si bien le journaliste pacifiste italien et patriote de l’Unité, lauréat du Prix Nobel de la paix en 1907, Ernesto Teodoro Moneta (1833-1918):

Si un homme change de femme, c’est afin de trouver chez la nouvelle une oreille vierge pour ses histoires.

Ambre presque brun orné de délicates jambes. Bon taux d’alcool malgré que l’influence du fût soit difficilement discernable à l’oeil nu.

Nez:
Somme toute pas déplaisant. Céréales, pommes, chêne sec, épices, avec une pointe de vanille pour bien représenter l’origine de son baril.

Bouche:
Miel sucré, fruits au sirop, un peu de caramel salé, malt grillé. Définitivement une belle surprise après un nez qui ne promettait pas les étoiles.

Finale:
D’une belle longueur, elle nous laisse sur un mélange de doux chocolat noir à l’orange et de Cheerios au miel et aux noix.

Équilibre:
On est peut-être loin des autres Glen Garioch, mais ça reste tout de même un petit single malt ui se défend bien. Mieux en tout cas que sa cousine Auchentoshan dans de pareilles conditions.

Note:

#450 • Poit Dhubh 12 ans

Poit Dhubh 12 ans

43% alc./vol.
Pràban na Linne, Eilean Iarmain, Île de Skye, Écosse.

Aujourd’hui un p’tit blend provenant de la même gang qui nous fournit un des tops de la qualité/prix en SAQ (Té Bheag), le tout aussi imprononçable Poit Dhubh 12 ans.

En fait on le prononce « Potch Goo »…

Poit Dhubh en gaélique signifie « Black Pot », un nom qui était donné aux alambics illégaux à l’époque. En Écosse, les alambics illicites seraient traditionnellement perçus comme étant la source de quelques-uns des whiskys les plus encensés au monde. Ce 12 ans est un blend vieilli en fûts de xérès, question de contrebalancer un peu la légère tourbe qui s’y retrouve.

Comme le disait si bien mon bon chummy le cardinal Léger (1904-1991) à sa servante:

Les ouvrières portant des pulls trop larges doivent faire attention aux machines ; celles qui portent des pulls très collants doivent faire attention aux machinistes.

Un brin plus foncé que le 8 ans, mais semble moins trouble.

Nez:
Doux, sucré et fruité. Ce nuage de quasi-sherry cache bien un petit côté tourbé très timide et chétif. Les céréales sont en retrait et offrent une ambiance moins festive.

Bouche:
Texture plus sirupeuse et douce mais aussi moins goûteuse. Fruits confits, miel, épices et bois. Peu ou pas de fumée.

Finale:
Une mince boucane laisse la scène aux épices boisées. Le peu de tourbe semblait inquiétant mais en fin de compte il ne nous manque pas. Un peu plus de complexité ne serait pas de trop par contre.

Équilibre:
Meilleur que le 8 ans, mais encore une fois son prix n’en vaut pas la chandelle. Il y a trop de single malts exceptionnels sous la barre des 100$ sur le marché pour porter trop attention à ce blend.

Note:

#449 • Singleton of Dufftown Reserve Collection Unité

Singleton of Dufftown Unité

40% alc./vol.
Dufftown Whisky Distillery, Dufftown, Banffshire, Écosse.

L’embouteillage d’aujourd’hui provient d’un petit village du Speyside qui abrite non moins de six (6) distilleries de scotch, Dufftown. Outre Balvenie, Glenfiddich, Kininvie, Glendulan et Mortlach, on y retrouve l’homonyme distillerie Dufftown.

Cette dernière, en plus de produire pour les blends Bell’s, embouteille une gamme de single malts comprenant entre autres un 12, un 15 et un 18 ans, sous l’appellation Singleton of Dufftown.

Comme le disait si bien le mathématicien français Adrien-Marie Legendre (1752-1833):

Le bonheur fait quelquefois comme le beau monde, il arrive sur le tard.

Texture visuellement grasse avec une généreuse teinte ambrée.

Nez:
Herbe et fruits dilués dans un fond de verre d’eau de rose. Vanille et poire avec un peu d’orge séchée.

Bouche:
Texture fade et transparente en bouche. Goût dilué de salade de fruits, de melon et de caramel au beurre. De bonnes saveurs dans l’ensemble, mais qui auraient pu être plus franches.

Finale:
Courte et fade sur des notes de bois, de cerise et d’épices.

Équilibre:
Pas méchant, mais beaucoup trop gêné. Peut-être que les saveurs auraient percé un peu plus à un taux d’alcool supérieur.

Note: